Gus, le tatouage dans la peau

  • Gus a quitté Bourran pour s’installer au 4, rue Saint-Amans à Rodez.
    Gus a quitté Bourran pour s’installer au 4, rue Saint-Amans à Rodez. José A. Torres
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Depuis 20 ans, Stéphane Guiral, alias Gus, pratique l’art du tatouage à Rodez. Il s'installe aujourd'hui au 4 de la rue Saint-Amans. 

Cela fait 20 ans que Gus est tatoueur à Rodez. Cela fait de lui le plus ancien sur la place, alors que le phénomène du tatouage ne cesse de prendre de l’ampleur (y compris auprès des femmes et dans des milieux sociaux jusqu’à ce jour exempts de cette mode).

C’est en 1992 qu’il a commencé à tatouer, d’abord ses copains. En 1994, le jeune homme part à Paris pour se former. «Il n’y avait pas d’écoles, pas de formation. Il fallait trouver par soi-même quelqu’un qui voulait bien le faire. J’ai été formé par Marcel Vallot, aujourd’hui décédé», se rappelle Gus, de son vrai nom Stéphane Guiral

Ce garçon aveyronnais revient rapidement dans son pays natal pour exercer sa passion de toujours, alors qu’entre-temps il avait suivi une formation en ébénisterie qui n’a jamais vraiment abouti. En réalité, le jeune homme voulait faire les beaux-arts, mais «le prix de la formation a dissuadé mes parents», dit-il encore désabusé.

Peu après, il s’installe comme tatoueur professionnel à Rodez. «À l’époque, j’étais tout seul, dans les environs. J’ai d’abord ouvert une boutique rue de l’Embergue, ensuite rue de Bonald, pour revenir rue de l’Embergue, avant d’aller m’installer à Bourran et, aujourd’hui, de venir au 4, rue Saint-Amans», annonce-t-il en montrant de beaux locaux remis à neuf.

Un phénomène en pleine expansion

Entre-temps, les professionnels du tatouage sont devenus plus nombreux. À Rodez, ils sont cinq. Idem dans le département où chaque bassin de vie a son tatoueur. Quel est son style ? Le professionnel répond sans aucune hésitation : «Tatoueur. Je n’ai pas de style, je suis d’abord tatoueur». Son corps témoigne de ces différents aspects esthétiques qu’il a découverts et maîtrisés au fil du temps.

Des aplats noirs et gris, des visages, des formes graphiques rouges, du japonais, du réalisme, du tribal... Et même un dessin d’enfant, dessiné par sa fille qui a voulu «m’offrir une maison avec piscine», dit-il fièrement. Sa longévité dans ce domaine professionnel vient de son talent bien sûr, mais également de son combat pour faire reconnaître le métier, comme une profession artistique.

Reconnaître les tatoueurs comme des artistes, c’est aussi le combat du syndicat national des artistes tatoueurs (Snat). Pour donner l’exemple, Gus a investi dans un laboratoire où l’hygiène est draconienne. «Le manque d’hygiène dans la pratique de tatouage peut entraîner une hépatite», souligne l’artiste qui ne plaisante pas avec la réglementation. 

Salima Ouirni
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