Nouveaux raids meurtriers en Syrie avant des négociations de paix

  • La ville de Deir Ezzor en Syrie, le 4 janvier 2014
    La ville de Deir Ezzor en Syrie, le 4 janvier 2014 AHMAD ABOUD/AFP/Archives - AHMAD ABOUD
  • Un bombardier Sukhoi Su-34 de l'armée russe atterrit sur la basse russe de Hmeimim, au nord-ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015
    Un bombardier Sukhoi Su-34 de l'armée russe atterrit sur la basse russe de Hmeimim, au nord-ouest de la Syrie, le 16 décembre 2015 AFP/Archives - Paul GYPTEAU
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Des raids aériens ont tué plus de 70 civils en deux jours dans l'est de la Syrie, pays où les Etats-Unis semblent aménager une base aérienne pour renforcer la lutte antijihadiste alors que le début de négociations de paix à Genève approche.

Ces discussions indirectes entre régime syrien et opposition, sous l'égide des Nations unies, doivent théoriquement commencer lundi mais la composition de la délégation de l'opposition semble toujours faire débat.

Le coup d'envoi de ces négociations devrait toutefois être reporté de quelques jours, selon l'ONU.

Au lendemain d'un raid aérien qui a tué au moins 44 civils près de la ville de Deir Ezzor, ce secteur de l'est syrien a de nouveau été touché samedi par des raids meurtriers selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au moins 30 civils ont péri dans le village de Khasham dans des frappes probablement menées par l'aviation russe, d'après cette organisation qui s'appuie sur un vaste réseau de sources à travers la Syrie.

Khasham se trouve à 20 km de la ville de Deir Ezzor où le groupe jihadiste Etat islamique (EI) a lancé il y a une semaine un assaut contre les derniers secteurs tenus par le régime, soit un peu moins de la moitié de cette ville de 200.000 habitants -chef-lieu d'une province riche en pétrole- et son aéroport.

Depuis, les combats entre jihadistes et forces prorégime, les raids de l'aviation syrienne ou russe et les exécutions de civils et de combattants prorégime par l'EI ont coûté la vie à près de 500 personnes. Le groupe jihadiste retient en outre prisonniers 130 civils de Deir Ezzor.

L’OSDH affirmait mercredi que plus d'un millier de civils avaient péri dans les raids russes depuis le début de l'intervention de Moscou contre les zones rebelles en Syrie fin septembre.

- Base militaire -

Plus au nord de ce pays, dans un secteur sous contrôle des forces kurdes, des forces américaines aménagent une base militaire aérienne dans le cadre de leur lutte contre l'EI, selon des sources militaire et sécuritaire syriennes.

Washington a démenti toute prise de contrôle d'une base aérienne en Syrie, tout en affirmant chercher les moyens d'améliorer le soutien logistique à ses forces engagées dans le pays.

Des forces spéciales américaines sont entrées en Syrie en novembre pour entraîner et assister les combattants kurdes luttant contre l'EI, le premier déploiement officiel américain du genre dans ce pays.

"Depuis plus de trois mois, les Américains préparent l'installation d'une base militaire" à Rmeilane dans la province de Hassaké (nord-est), a indiqué à l'AFP une source militaire syrienne, précisant que des dizaines d'experts américains et des membres des forces kurdes participent à ce projet

Selon l'OSDH, cet aéroport n'a pas encore été utilisé par la coalition antijihadistes conduite par Washington pour mener des frappes en Syrie.

- 'Bonne volonté' -

Le conflit en Syrie a par ailleurs été l'objet samedi d'une discussion téléphonique entre les chefs russe et américain de la diplomatie, Sergueï Lavrov et John Kerry. Selon Moscou, "une attention particulière a été portée à la nécessité de former une délégation véritablement représentative de l'opposition".

La Russie ne voit pas d'un bon oeil la récente nomination à la tête de la délégation de l'opposition syrienne de Mohamed Allouche, le chef du groupe rebelle islamiste prosaoudien Jaïch al-Islam, qualifié de "terroriste" par M. Lavrov.

John Kerry a également parlé des prochaines négociations de paix intersyriennes en Arabie saoudite, allié traditionnel des Etats-Unis, où il effectuait samedi une visite. A Ryad, le ministre américain s'est ainsi entretenu avec le coordinateur général de la coalition de l'opposition syrienne, Riyad Hijab.

"Nous sommes confiants qu'avec de la bonne volonté dans les prochains jours, ces discussions (à Genève) vont pouvoir commencer", a dit M. Kerry.

Il a par ailleurs annoncé que le groupe international de soutien à la Syrie composé de 17 pays -dont les Etats-Unis et la Russie, selon le processus dit de Vienne- se réunirait "immédiatement après la conclusion du premier cycle" de discussions "indirectes" à Genève entre régime syrien et opposition.

Plusieurs tentatives de règlement du conflit syrien, qui a fait plus de 260.000 morts et forcé des millions de personnes à quitter leur foyer depuis 2011, ont déjà échoué.

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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