La vie consacrée, un quotidien de prière et de service qui attire encore

  • Le pape François salue des religieuses lors d'une réunion pour la clôture de de l'année de la vie cosacrée au Vatican le 1er février 2016
    Le pape François salue des religieuses lors d'une réunion pour la clôture de de l'année de la vie cosacrée au Vatican le 1er février 2016 AFP - FILIPPO MONTEFORTE / AFP - FILIPPO MONTEFORTE
  • L'Eglise compte à travers le monde 693.000 religieuses et 55.000 religieux ayant fait vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance
    L'Eglise compte à travers le monde 693.000 religieuses et 55.000 religieux ayant fait vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance AFP/Archives - EITAN ABRAMOVICH / AFP/Archives - EITAN ABRAMOVICH
  • Des religieuses avec une figurine représentant l'enfant Jésus lors d'une bénédiction place Saint Pierre au Vatican le 20 décembre 2015
    Des religieuses avec une figurine représentant l'enfant Jésus lors d'une bénédiction place Saint Pierre au Vatican le 20 décembre 2015 AFP/Archives - TIZIANA FABI / AFP/Archives - TIZIANA FABI
  • Des religieuses attendent le pape Benoît XVI au Monastère de El Escorial à San Lorenzo del Escorial en Espagne le 19 août 2011
    Des religieuses attendent le pape Benoît XVI au Monastère de El Escorial à San Lorenzo del Escorial en Espagne le 19 août 2011 AFP/Archives - CESAR MANSO / AFP/Archives - CESAR MANSO
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Le pape François clôture mardi une "année de la vie consacrée" qui a permis de mettre en lumière son armée de religieux, qu'ils soient cloîtrés dans des communautés vieillissantes ou engagés auprès des plus démunis à travers le monde.

Même si les vocations sont en forte baisse dans les pays industriels, l'Eglise compte encore à travers le monde 693.000 religieuses et 55.000 religieux ayant fait vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, chacun à leur manière.

Sœur Sabine, 75 ans, s'occupe en permanence d'une ancienne supérieure atteinte d'Alzheimer dans un couvent en Allemagne. Frère Jean-Marie, 48 ans, travaille avec des malades psychiatriques en République démocratique du Congo. Petite sœur Clémence, 33 ans, campe avec des Roms roumains en Italie. Et sœur Cristina, 27 ans, triomphe à Rome dans la comédie musicale "Sister Act".

Question: Pourquoi avoir choisi la vie religieuse, qui semble si incongrue à la majeure partie des gens ?

Fr Jean-Marie - La vie religieuse, c'est d'abord Dieu qui appelle. C'est aussi une sensibilité envers les plus démunis, les sans-valeur de la société. Moi, je l'ai ressenti chez les sœurs de mère Teresa, en voyant leur travail.

Pt sr Clémence - Je rêvais de fonder une famille, et puis je me suis rendue compte que l'attention au monde qui m'entoure était plus importante. Cela m'a étonnée moi-même, mais je sens que je suis à ma place.

Sr Cristina - Cela a été une surprise dans ma vie. Le Seigneur s'est manifesté d'une manière si forte, je n'ai pas pu lui dire non. Je me suis sentie aimée comme personne ne m'avait aimée.

Sr Sabine - Je voulais apprendre à prier. C'est ce qu'on peut faire de mieux sur cette terre, et je ne pouvais pas le faire seule, j'avais besoin d'une communauté. On ne prie pas seulement avec des mots, mais avec toute une vie.

Q - A quoi ressemblent vos journées ?

Pt sr Clémence - Je prie avec mes sœurs, le matin et le soir, et aussi seule, une heure dans la journée. Pour gagner notre vie, nous vendons notre artisanat comme les Roms sur les marchés ou au porte-à-porte. Enfin et surtout, nous prenons le temps de l'amitié avec ceux qui nous accueillent.

Sr Sabine - Les offices ponctuent la journée, depuis le réveil jusqu'au coucher. Entre-temps, on travaille, on mange et on dort. Moi, je fabrique de la liqueur à l'atelier et j'essaie de la vendre. Avec le vieillissement, on vit plus sérieusement qu'il y a 20 ou 30 ans. Celles qui n'étaient pas vraiment très très motivées, elles sont parties.

Fr Jean-Marie - Avec mes quatre frères, nous alternons temps de prière, travail et détente. Nous vivons en harmonie mais nous sommes des êtres humains et il y a toujours des imperfections. Quand il y a un problème, on se parle et on se pardonne.

Sr Cristina - Nous nous levons à 6h30 pour les prières et la messe, puis chacune a son engagement. Moi, je chante, je prends des cours, je fais des spectacles... Même si cela semble être deux mondes différents, c'est le don que m'a donné le Seigneur et c'est en chantant que je témoigne de ma foi.

Q - Pauvreté, chasteté, obéissance, lequel des trois vœux est le plus difficile ?

Fr Jean-Marie - Ils se complètent! L'obéissance est un vœu compliqué. Et rester célibataire, en Afrique surtout, ce n'est pas facile...

Pt sr Clémence - Ces vœux sont un mouvement de dépouillement de moi-même, les difficultés varient selon les jours. Mais voilà que moi qui ai renoncé à fonder une famille, je me retrouve entourée d'enfants du matin au soir.

Sr Cristina - Je dirais l'obéissance. S'annuler complètement pour suivre la volonté de Dieu, exprimée par les supérieures...

Sr Sabine - Tout est compris dans l'obéissance. Je ne suis pas pauvre, nous sommes bien nourries, bien chauffées, bien soignées, mais je n'ai rien à moi. Donc si j'ai besoin de quelque chose, je dois le demander, et je n'ai pas toujours eu ce dont j'avais envie. C'est arrivé à chacune de mes sœurs, sauf celles qui se sont servies quand même, parce qu'on n'est pas meilleures que les autres".

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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