Agriculture : «Les industriels ne doivent pas céder sur les prix»

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Laurent Saint-Affre, secrétaire départemental et régional au sein du syndicat national des agriculteurs, revient sur la mobilisation des agriculteurs en Midi-Pyrénées. 

La FRSEA manifeste toujours à Montauban ?

Jusqu’à jeudi soir, les agriculteurs de la FRSEA étaient mobilisés et bloquaient la plateforme d’achats du groupe Intermarché. L’objectif est de dénoncer les pratiques des centrales d’achats qui essaient d’arracher le meilleur prix aux industriels. Et à ce jeu-là, ce sont les agriculteurs qui payent en devenant les variables d’ajustement.

Mais ce n’est pas nouveau. Pourquoi manifester maintenant ?

Parce que se déroulent actuellement les négociations commerciales obligatoires entre GMS et industriels, sur le lait, la viande, les légumes, etc. C’est donc une période stratégique, durant laquelle nous souhaitons nous aussi mettre la pression. En parallèle, un blocage a eu lieu devant les laiteries Lactalis et Sodiaal. Une manière pour nous de dire aux industriels qu’ils ne doivent pas céder sur les prix.

Vous semblez déterminés ?

En tout cas, c’est ce que j’ai ressenti de la part des agriculteurs quand je me suis rendu sur place mercredi. À vrai dire, on était un peu sceptique au début de notre mouvement, et finalement on se rend compte que cela prend une tournure positive. Il y a des agriculteurs qui perdent aujourd’hui de l’argent en travaillant, et ça ne peut pas durer bien longtemps. Il est en tout cas prévu que des mobilisations de la sorte soient organisées jusqu’au prochain salon de l’agriculture.

Mais pensez-vous que les consommateurs comprennent bien votre démarche ?

Quand on prend le temps de leur expliquer, ils comprennent. Quand vous leur dites que l’industriel vous achète le litre de lait entier entre 23 et 26 centimes et qu’il retrouve le litre de demi-écrémé à 70 ou 80 centimes dans les rayons, ils comprennent que quelque chose ne va pas. Nos produits sont vendus au même prix qu’il y a cinquante ans. Il est inadmissible que l’alimentaire soit devenu un prix d’appel pour les grandes surfaces.

Des rendez-vous sont-ils programmés prochainement avec le gouvernement ?

Rien pour l’instant. Mais je crois que pour le gouvernement et le ministre de l’Agriculture, il est temps de se poser les bonnes questions. L’agriculture est-elle la cinquième roue du carrosse ou un moteur de l’économie en France ? En revanche, dans les prochains jours, en Midi-Pyrénées, il pourrait y avoir une rencontre avec Michel-Edouard Leclerc. Cela se négocie actuellement. Mais j’espère que la situation va évoluer. J’ai en tout cas du mal à imaginer le climat du Salon de l’agriculture si rien ne bouge d’ici là.

Philippe Routhe
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