Annie Cluzel : « Mettre le sport féminin en lumière »

  • « Plus les gens verront du sport féminin, plus ils auront envie d’en voir », lance Annie Cluzel, présidente de l’association du Raf, ici en compagnie de Jean-michel Aulas, président de l’OL.
    « Plus les gens verront du sport féminin, plus ils auront envie d’en voir », lance Annie Cluzel, présidente de l’association du Raf, ici en compagnie de Jean-michel Aulas, président de l’OL. Guillaume Verdu / Centre Presse
Publié le , mis à jour

Football. Pour la présidente de l’association du Rodez Aveyron football, le sport féminin souffre d’un déficit de notoriété. Elle voit d’un bon œil l’initiative du CSA et du gouvernement qui consiste à mettre en avant les épreuves féminines dans les médias, afin de lutter contre les préjugés et d’attirer plus de monde dans les stades.

Ce week-end, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et le gouvernement mettent en place une opération destinée à promouvoir la diffusion de rencontres de sport féminin (ci-dessous). Avec notamment le match Albi - Rodez (17h, Eurosport 2). Pensez-vous qu’il y a besoin de cette mise en avant?

Oui, c’est nécessaire. Le sport féminin souffre d’un déficit d’intérêt. Même si l’on sent qu’il y a de plus en plus de suivi médiatique, il y a besoin d’un coup de projecteur de temps en temps.

Ce genre d’opération est-il suffisant pour faire évoluer les choses? Cela peut laisser l’impression de mettre en avant le sport féminin pendant un week-end, puis de le reléguer ensuite aux oubliettes...

C’est pour cela que les Quatre Saisons du sport féminin ont été lancées, afin d’avoir quatre moments forts par an autour des compétitions féminines. Mais c’est vrai que c’est un peu comme la journée de la femme, il ne faudrait pas y penser que ces week-ends-là. Cette saison, au Rodez Aveyron football, nous avons pour la première fois fait une campagne d’abonnement commune entre l’équipe de CFA et les filles de D1. Des spectateurs sont venus pour la première fois voir des matches féminin. Ils ont été agréablement surpris et ils reviennent. Cela montre qu’il y a une envie de découvrir. Il faut sortir des préjugés autour du sport féminin, qui existent toujours.

Tout de même, on constate que les affluences lors des compétitions de sport féminin sont inférieures à celle du sport masculin...

Certes, mais je suis convaincue que plus gens verront du sport féminin, plus ils auront envie d’en voir. Il y a encore une méconnaissance des disciplines féminines, qui ont besoin d’être mises en lumière. À notre échelle, nous avons essayé de donner un coup de projecteur sur l’équipe féminine, lorsque nous avons reçu le PSG, en décembre. Nous avions invité toutes les équipes de sport féminin de Rodez, cela avait plutôt bien fonctionné.

Au sein du Raf, avez-vous l’impression que l’équipe féminine est à la marge?

Non, pas du tout. Au contraire, on sent une véritable unité. Les filles sont soutenues. On voit souvent des joueurs des équipes de garçon venir au stade. On sent qu’il y a un soutien de tout le club derrière les filles, et en tant que présidente de l’association, cela me tient à cœur.

Quel regard portez-vous sur la saison des Rafettes, actuellement cinquièmes de D1 avant de se déplacer à Albi, cet après-midi, et sur le travail de Sébastien Joseph, qui effectue sa première saison en tant qu’entraîneur de l’équipe?

Les joueuses nous font vraiment plaisir cette saison. Concernant Sébastien, il a apporté son savoir faire et il a la confiance des joueuses et des dirigeants. Quand on voit jouer les filles, on ressent une véritable osmose sur le terrain. Entre cette cinquième place, ou plutôt la première de notre championnat puisque les quatre premières équipes sont inaccessibles, et le parcours en coupe qui continue (elles sont qualifiées pour les 8es de finale, NDLR), je suis très fière de ce qu’accomplissent les joueuses. Et je suis également fière de leur super état d’esprit, dont découlent les bons résultats.

Conserver la cinquième place est-il désormais l’objectif de fin de saison de l’équipe?

Au début, on s’était fixé le maintien. Maintenant que cela semble acquis, les joueuses ont envie de plus. Je suis convaincue qu’elles peuvent finir cinquième. Ce qui est sûr, c’est qu’elles ne vont rien lâcher. Après, on verra ce qui arrivera...

Guillaume Verdu
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