Zoran Zivkovic, dur à fuir

  • Les bancs de touche, les terrains, qu’ils soient serbes ou français, «Zivko» les côtoient depuis son plus jeune âge. Joueur, entraîneur, les deux à la fois, en coupe d’Europe, en D2 ou en promotion ligue, Zoran Zivkovic c’est une vie de foot.
    Les bancs de touche, les terrains, qu’ils soient serbes ou français, «Zivko» les côtoient depuis son plus jeune âge. Joueur, entraîneur, les deux à la fois, en coupe d’Europe, en D2 ou en promotion ligue, Zoran Zivkovic c’est une vie de foot. Jean-Louis Bories
  • Les bancs de touche, les terrains, qu’ils soient serbes ou français, «Zivko» les côtoient depuis son plus jeune âge. Joueur, entraîneur, les deux à la fois, en coupe d’Europe, en D2 ou en promotion ligue, Zoran Zivkovic c’est une vie de foot.
    Les bancs de touche, les terrains, qu’ils soient serbes ou français, «Zivko» les côtoient depuis son plus jeune âge. Joueur, entraîneur, les deux à la fois, en coupe d’Europe, en D2 ou en promotion ligue, Zoran Zivkovic c’est une vie de foot. Jean-Louis Bories
Publié le , mis à jour

Portrait. À 47 ans, le technicien de la JSBA, passé par Millau, fait partie du paysage footballistique du département. Mais peu connaissent sa véritable histoire. De sa banlieue pauvre de Belgrade à la Coupe des coupes jusqu’à Quimper, «Banana», son surnom serbe, se raconte.

Zz». Comme Zinédine Zidane, Zoran Zivkovic pourrait signer d’un double Z. Comme le nouveau boss du Real Madrid, il a longtemps joué n°10 avant d’embrasser la carrière de coach. À 47 ans, et quand il n’entraîne pas l’équipe fanion, il arrive aussi au magasinier de l’hôpital de Decazeville de rechausser les crampons, le week-end, avec la réserve de la JS Bassin Aveyron. En promotion de 1re division, bien loin des lumières d’une carrière désormais derrière lui, l’homme aux tempes à peine grisonnantes promène son caractère bien trempé, sa conduite de balle et cette frappe qui lui a valu ses premières lettres de gloire. 

Taper la balle au pied de son immeuble de «Beograd»

Par amour du foot, toujours. Mais au commencement de «Banana», pour ce tir bombé et inné, il n’y a pas eu de Castellane ou de Vieux-Port mais un «là-bas», comme dit le bonhomme, tantôt attachant tantôt cassant, avec le recul de ces cumulards de vies. Là-bas, c’est la Serbie, berceau de «Zivko» qui trimbale en bandoulière l’image d’Épinal d’une Yougoslavie dont il revendique haut et fort «la nostalgie».

Né en 1969 dans l’État du Maréchal Tito, le petit Zoran a rapidement été plongé dans la passion inconsidérée des Balkans pour le ballon rond. Son père, Milorad, est «fou de l’Étoile Rouge de Belgrade» et de son stade surnommé le «Marakana». Lui commence à taper la balle, au pied de son immeuble de la banlieue pauvre de «Beograd». «Celle où tous les bandits de l’époque naissaient», ajoute-t-il, joignant toujours le geste à la parole, dans une exubérance toute italienne. Mais cette rue, et ces parties de foot interminables, l’ont «éduqué», sourit-il. 

Deux sacs de billets en guise de première paye, à 16 ans

Première licence et première paire de crampons payées par l’État, à 6ans et demi, le petit Zoran, enfant unique, grille rapidement les étapes au sein de son club de quartier, l’OFK Zarkovo. Constamment surclassé, il y découvre l’équipe première senior, en 3e division, à seulement 15 ans.

Les prémices d’une ascension. Au début des années 1980, Zivkovic est présélectionné avec les moins de 20ans yougoslaves. À ses côtés, les futurs champions du monde 1987 de la catégorie : Zvonimir Boban, plus tard meneur du grand Milan AC, Robert Prosinecki (Real Madrid, Barcelone) ou Davor Suker, meilleur buteur du Mondial-98. Lui n’ira pas plus loin que ce stage.

«Mais 3 jours plus tard, je signe mon premier contrat professionnel à l’OFK Belgrade», balaie-t-il. Le troisième club de la ville mais, surtout, le premier salaire. À 16 ans et 3 mois. «Pour ma première paye, j’ai reçu deux sacs plastiques pleins de billets. Quand je suis arrivé chez moi, mon père m’a mis une baffe. Il croyait que je l’avais volé ! Puis il a compris et j’ai acheté 2 Golf et 3 ou 4 Zastava (voiture yougoslave, comparable à la Trabant est-allemande, NDLR)».

Rêve d'Italie

Clin d’œil gourmand, «Banana» dispute son premier match de D1 à Split (Croatie). Dans les tribunes, la future implosion de la Yougoslavie se dessine. «C’était des insultes racistes venues des supporters mais nous, les joueurs, nous ne comprenions pas. Puis des amis ont commencé à partir au front», se souvient Zivkovic qui, pendant ce temps-là, découvre à 17 ans la coupe des coupes des clubs champions face au CSKA Moscou, Grasshoppers Zurich et Steaua Bucarest. L’embrasement, il le vivra de France. Un peu par hasard, lui qui «rêvait d’Italie», pays dont il a hérité la passion et la langue d’un grand-père monténégrin installé tout près de Trieste. 

À peine 20 ans et tout juste marié à Zorica, Zivkovic tape ainsi dans l’œil du directeur sportif de Quimper (D2), venu chercher un joueur du Partisan trop gourmand. Aidé par son «parrain de mariage», traducteur de l’envoyé spécial du club breton, il part pour l’Hexagone contre un transfert à 150000$. Il découvre la France et la Division 2, les derbies face au Stade brestois de Lama et Ginola. Et malgré le dépôt de bilan de son club, tout jeune papa de la première de ses deux filles, Ana, il ne repartira plus. Bergerac (National) et Aurillac (CFA) l’accueilleront.

Les bancs de touche, les terrains, qu’ils soient serbes ou français, «Zivko» les côtoient depuis son plus jeune âge. Joueur, entraîneur, les deux à la fois, en coupe d’Europe, en D2 ou en promotion ligue, Zoran Zivkovic c’est une vie de foot.
Les bancs de touche, les terrains, qu’ils soient serbes ou français, «Zivko» les côtoient depuis son plus jeune âge. Joueur, entraîneur, les deux à la fois, en coupe d’Europe, en D2 ou en promotion ligue, Zoran Zivkovic c’est une vie de foot. Jean-Louis Bories

De Sagna et les «tocards» de Sens à la méthode «Zivko»

Avant Sens (CFA), près d’Auxerre, pour un virage un peu contraint et forcé : en Bourgogne, «Zivko» accepte d’entraîner. «On me dit : “Tiens, tu n’as qu’à prendre cette équipe de jeunes. Personne n’en veut, ce sont des tocards!”» Parmi les «tocards», Bacary Sagna, aujourd’hui à Manchester City, ou Mamadou Bagayoko, buteur passé par le FC Nantes et l’OGC Nice notamment. L’aventure ne dure qu’une saison. Mais plus de 150 buts et une accession au championnat national plus tard, ponctuée d’un nouveau dépôt de bilan, Zivkovic s’est trouvé une nouvelle voie.

«La France va mal»

Un peu par hasard, encore, il la poursuivra au début du millénaire à Millau. Attiré par le climat et les montagnes, «qui m’ont immédiatement fait penser au Monténégro», appâté lors d’un gala du Variétés Club de France dans la cité du gant, l’entraîneur-joueur amènera le Som jusqu’à un 32e de finale perdu mais historique face à l’AC Ajaccio de Rolland Courbis et Grégory Ursule (1-0). La méthode Zivkovic a pris forme. Une alliance d’un peu de doux et de beaucoup de dur qui lui ressemble et dont il ne se départira plus, que ce soit lors de son séjour à la JS Bassin Aveyron, qui dure depuis 2001, ou lors d’une parenthèse de deux ans à Sébazac.

Loin d’un «milieu du foot pourri, tordu» dont il ne voulait plus dépendre. «Ça ne me dérange pas qu’on dise que je suis dur, répond-il, dans son salon de Saint-Christophe, avec une assurance qui lui est parfois reprochée. La France va mal parce qu’il n’y a plus d’autorité. Regardez Aurier... Moi, c’est mon éducation. J’aime la vérité, le travail, dire les choses en face. J’aide aussi mes joueurs parce que je les aime. Il faut être un papa, un psy tout en étant dur.» Dur à cuire, attachant, «Zivko», c’est tout ça à la fois. Un condensé de passion, souvent excessive, pour un foot qu’il ne peut plus fuir. Un «ZZ» à sa façon. 

Maxime Raynaud
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