Intercommunalité en Aveyron : la révolte des «oubliés»

  • Lundi, ce collectif de maires tenait une conférence de presse.
    Lundi, ce collectif de maires tenait une conférence de presse. Christophe Cathala / Centre Presse
Publié le , mis à jour

Les élus d’une trentaine de communes du département se regroupent pour laisser éclater leur colère. Ils reprochent à leurs représentants à la CDCI de ne pas prendre en compte leurs souhaits dans la nouvelle partition départementale qu’impose la réforme territoriale.

Tout y passe : «Manque de transparence des décisions de la CDCI», «manœuvres personnelles des élus qui y siègent», «déni de démocratie»... Les maires d’une trentaine de communes du département, du Villeneuvois au Sévéragais, en passant par la haute vallée du Lot et le Carladez ont laissé éclater leur colère, lundi à Rodez.

Un regroupement sur la place de la Cité, né de nombreux échanges téléphoniques vendredi dernier, et guidé par une même volonté: se faire entendre de la population et des autres élus. En particulier ceux qui portent leur voix au sein de la Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) : 42 élus, comme eux, qui ne représenteraient pas, à leurs yeux, toute la diversité des territoires aveyronnais.

«Ce sont toujours les mêmes que l’on retrouve partout», râle Christian Naudan, maire de Sainte-Eulalie-d’Olt, président de la communauté de communes Pays d’Olt et Aubrac. «Nous étions d’accord sur le schéma proposé par le préfet, sur une intercommunalité à quatre communautés de communes, dont la nôtre. L’une de ces communautés ne l’a pas souhaité, son amendement a été validé et notre volonté, avec celle des deux autres communautés de communes, n’a pas été prise en compte. Non seulement, on n’a pas pu faire entendre nos arguments, mais c’est le schéma en lui-même qui n’est même plus respecté par la CDCI, c’est un comble ! On a beaucoup travaillé en amont avec les services de l’État, si c’est pour en arriver là...», résume M. Naudan.

Bulletin secret

«Nous, on est contre la carte imposée par le schéma, mais nous avons le droit de présenter des amendements. Personne n’en a tenu compte», tempête Francine Lafon, maire de Saint-Hippolyte. Laquelle souhaitait rester avec ses voisins du Carladez-Viadène-Argence- Aubrac quand elle se retrouve dans une entité Espalion-Bozouls. Même approche pour Entraygues où le maire Bernard Boursinhac relève : «Nous avons proposé des amendements qui n’ont pas été présentés à la CDCI».

Le maire de Lacroix-Barrez, Louis Boyer, rappelle que ces amendements «n’avaient d’autres buts que de ne pas séparer les bassins de vie». Manu Destruel, maire de Foissac, s’emporterait presque : «Ce schéma, on n’en voulait pas, on voulait rester comme on est, une communauté à douze ou treize communes. On fait partie de Villeneuvois Diège et Lot. Eh bien, on est prié de fusionner maintenant avec Villefranchois et Najacois. On n’en veut pas, on a le droit de rester à 5000 habitants. On avait fait un amendement pour l’exprimer, mais à la dernière CDCI, lors du vote à bulletin secret, c’est la fusion qui l’a emportée»

Volonté démocratique

En fait, ces maires en colère reprochent à leurs collègues siégeant à la CDCI présidée par le préfet, d’avoir ignoré leurs doléances. «Et ce, alors que nos conseils municipaux s’étaient exprimés. C’est un déni de démocratie, que le vote à bulletin secret le 12 février dernier, n’a fait qu’amplifier», lance un maire révolté. «Nous sommes catastrophés par l’Association départementale des maires qui ne défend pas nos volontés. On appelle tous les maires à ne plus cotiser à l’ADM !», ajoute Christian Naudan. Pour l’heure, le petit groupe, fort de sa solidarité, envisage «de porter l’affaire au niveau national». La prochaine réunion de la CDCI, vendredi, risque une fois encore d’être sous pression... 

Christophe Cathala
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