Le préfet en visite sur les terres du rat taupier

  • Après un premier échange constructif sur l’exploitation d’Aulos, le préfet s’est rendu dans un champ qui a subi les méfaits du rongeur.
    Après un premier échange constructif sur l’exploitation d’Aulos, le préfet s’est rendu dans un champ qui a subi les méfaits du rongeur. XB
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Le représentant de l’État était mardi  à Saint-Chély, sur une exploitation touchée comme tant d’autres en Nord-Aveyron par les rats taupiers. Trop tard, selon les agriculteurs.

Le préfet arrive après la bagarre, la population de rats taupiers est en déclin actuellement sur le Nord-Aveyron. C’est néanmoins une bonne nouvelle, parce qu’on sait qu’on va repasser à la casserole dans deux ou trois ans».

Mardi matin, ils étaient une trentaine à attendre la visite de Louis Laugier sur l’exploitation de la famille Théron, à Aulos, commune de Saint-Chély. L’an passé, l’exploitation de 215 hectares a perdu près de 50% de ses récoltes à cause des rats taupiers, a expliqué M. Théron. Pour la saison 2016, l’exploitant s’attend à une perte de 20 à 30%.

«Phénomène cyclique»

Devant cette assemblée composée majoritairement de membre du collectif «Rat le bol, vivre et travailler dans le massif central», Dominique Fayel, président de la FDSEA, a expliqué la problématique de cet animal fortement nuisible, connu aussi sous le nom de campagnol terrestre : «Les moyens de lutte actuels ne permettent pas d’éradiquer le rat quand il est en pleine offensive. Il y a certes actuellement une phase de déclin, mais c’est un phénomène cyclique, on ne peut pas en rester là».

Pour les membres du collectif, deux dossiers doivent être réglés prioritairement: celui des indemnisations et, autre enjeu vital, la découverte de nouveaux moyens de lutte... «qui fonctionnent». Si les dégâts causés par l’envahisseur sont assez peu visibles aujourd’hui, le préfet avait pu constater par le passé l’ampleur du désastre : «Des endroits ont été ravagés, c’est très clair. Par ailleurs certains types de traitement comportent des risques de dommages collatéraux», a-t-il affirmé. Sous l’appellation «boîte à outils», un panel de solutions a été mis à disposition des éleveurs (appâts, produits chimiques et charrue pour détruire les galeries)... «Pas adapté» au sud massif central, selon les agriculteurs. 

«Nous maintiendrons la pression»

«Le problème est connu depuis 1988. Les agriculteurs en ont ras la casquette. Les rats taupiers poussent certaines personnes à stopper leur activité, il faut trouver des moyens de lutte efficace», affirme le président de la FDSEA. Avant de participer à une réunion de travail sur cette thématique, le préfet a rappelé les vertus de ce «contact essentiel avec la population agricole. Des aides existent, nous allons voir dans quelles conditions elle seront utilisées».

La réunion n’aura en définitive apporté aucun «résultats immédiat», comme l’expliquait Dominique Fayel. «Des décisions ont été prises pour enclencher un accès des éleveurs au FMSE (Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental), dédié aux problèmes sanitaires en matière générale. Il faut pour cela un arrêté préfectoral, le préfet s’est engagé à le faire».

Des crédits ont par ailleurs été lancés pour financer des moyens de recherche. Autre démarche évoquée: transformer l’Aubrac en territoire expérimental de lutte contre le rat taupier, pour y tester, pourquoi pas, la solution de la neige carbonique contre les rats... «Il faut mettre à profit ce temps de décrue pour se préparer. Notre message va être remonté à Paris, mais nous maintiendrons la pression sur le cabinet», conclut le syndicaliste. 

Xavier Buisson
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