Meurtre de Patrick Hans : «C’est moi le seul responsable de sa mort»

  • Régis Cayrol préside la cour d’assises de l’Aveyron.
    Régis Cayrol préside la cour d’assises de l’Aveyron. José A. Torres
Publié le , mis à jour

Cour d'assises. Au deuxième jour d'audience, le principal accusé Expertises psy et auditions ont animé hier le deuxième jour du procès qui s’est ouvert mardi à Rodez.

C’était une soirée plutôt arrosée. Un moment je me suis allongé pour me reposer et j’ai reçu un verre sur l’arcade. Je me suis levé et on s’est battu. Après on a mis Patrick Hans dans l’escalier. Je ne sais pas quoi dire d’autre». Comme la veille, lors du premier jour de son procès d’assises, Laurent Lopez, le principal accusé du meurtre de Patrick Hans, roué de coups et laissé pour mort, deux ans plus tôt, dans les escaliers du 27 rue Saint-Cyrice, répète qu’il «ne sait pas quoi dire». Des explications qui ont le don d’agacer le président Cayrol.

 «Je me suis levé et on s’est battu»

Finalement, à force de questions, Laurent Lopez, s’ouvre davantage. «On a commencé à boire vers 14 heures. Puis les femmes sont parties et il n’y avait plus que Patrick Hans, Jean-Luc Estebenet (mis en cause pour non-assistance à personne en danger) et moi. On a bu deux cubis de rosé et une dizaine de grandes bières chacun. Un moment je me suis allongé. J’ai entendu vaguement que Jean-Luc et Patrick s’engueulaient. J’ai reçu le verre lancé par Patrick. Je me suis levé et on s’est battu. J’ai visé le visage et j’ai tapé de toutes mes forces», raconte Laurent Lopez.«Puis il tombe, vous aviez le dessus, mais vous continuez à le frapper ?» demande le président. «Oui, j’ai continué.»

«C’est moi le responsable»

Au fil des questions, le principal accusé reconnaîtra même «s’être acharné sur la victime, durant 15 minutes au moins.» D’abord à coups de poings. Puis à grands coups de pieds, au visage et sur tout le corps. La victime est au sol le visage éclaté, elle gémit. «Qu’avez vous fait ensuite?»«On l’a porté dans l’escalier.» «Vous n’avez pas pensé à appeler les secours, Non. Et puis je pensais qu’il allait rentrer chez lui», marmonne

Laurent Lopez. Ce dernier, après avoir vainement tenté d’appeler plusieurs fois sa compagne, fini par joindre, Jennifer, la troisième personne impliquée dans cette affaire. Elle arrive peu après minuit, enjambe le corps de Patrick Hans toujours immobile dans l’escalier.

«Vous avez bien vu à ce moment-là qu’il n’était pas rentré chez lui, poursuit le juge Cayrol. Mais cela ne vous a pas empêché d’aller dormir sur le clic-clac.»Le lendemain matin à 8 heures les trois amis se réveillent. Laurent Lopez essaie de nettoyer le sang qui macule le petit appartement, avant de se raviser et sortir avec Jean-Luc Estebenet, pour aller boire une bière. C’est en sortant qu’ils voient la voisine penchée sur la victime.

«Vous avez raison d’arrêter de vous cacher derrière vos mensonges»

«Vous faites mine de prendre son pouls et lui dite: Ça va, avant de vous éloigner sans une pensée pour la victime.» La voisine alerte quand même les secours qui constatent le décès de Patrick Hans. «Selon vous qu’est ce qui a bien pu le tuer», demande le président.

«Les coups, concède Laurent Lopez avant d’ajouter, oui, c’est moi seul qui suis responsable de sa mort.» «On a fait plus aujourd’hui qu’en 2 ans d’instruction, constate l’avocat général Antoine Wolff. On avance. Vous avez raison d’arrêter de vous cacher derrière vos mensonges.» De réelles avancées qui devraient se poursuivre encore aujourd’hui avec l’audition des témoins. 

RB
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