Visite surprise à l’abattoir de Saint-Affrique

  • Les deux députés vont visiter tous les abattoirs de leurs circonscriptions respectives.
    Les deux députés vont visiter tous les abattoirs de leurs circonscriptions respectives. Illustration -
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Il ne s’agissait pas d’une embuscade. Mais ce ne fut pas une visite de courtoisie non plus. Jeudi matin comme le relève Midi Libre, il était à peine 7h30, lorsqu’accompagné de son confrère lozérien Pierre Morel-A-L’Huissier, le député (LR) de la 3e circonscription de l’Aveyron Arnaud Viala pénétrait dans l’enceinte de l’abattoir de Saint-Affrique. Une visite surprise destinée à en vérifier les opérations. Les responsables du lieu avaient tout de même été prévenus la veille. «On appelle le soir avant, se défend le député aveyronnais. C’est la règle qu’on s’est fixée au sein de la commission d’enquête sur les conditions d’abattage en France.» Une commission créée à la suite des nombreuses vidéos scandales tournées dans les abattoirs français. Sa mission? Observer toutes les étapes que parcourt l’animal, de son arrivée jusqu’à sa «sortie», afin de relever d’éventuels problèmes liés à la maltraitance, l’hygiène ou encore les équipements utilisés. Ce contrôle, l’abattoir saint-affricain l’a passé avec succès.

Vidéosurveillance

«L’établissement est le premier, parmi ceux visités, à avoir déjà installé des caméras dans les zones où se fait la mise à mort»,confie, satisfait, Arnaud Viala. Un grand pas en avant. Car la vidéosurveillance pourrait bien devenir une obligation. «Ça fait partie des trois axes de réflexion de la commission, explique le député aveyronnais. Les deux autres sont la formation du personnel et les conditions d’abattage rituel.» C’est-à-dire le fait de tuer l’animal «à vif», sans étourdissement préalable. Une pratique nécessaire pour obtenir l’appellation halal et casher, qui concerne pleinement l’établissement saint-affricain. Ici, la nette majorité des animaux sont mis à mort à travers l’abattage rituel. Et, comme l’explique Pierre Morel A-L’Huissier, l’impact visuel de telles pratiques peut choquer le spectateur non averti.

Prévenir les scandales 

«Les vidéos comme celles tournées par l’association L214 à Alès, concernent des abattages rituels, précise le député lozérien. Après l’acte de “trancher” l’animal, celui-ci peut encore bouger. Mais est-ce qu’on peut en déduire qu’il est conscient ou qu’il souffre? Des techniques pour vérifier la réaction de l’animal sont utilisées dans les établissements, mais elles ne sont pas forcément montrées dans ces vidéos.» Le sujet épineux de l’abattage rituel est néanmoins sur la table de la commission. Celle-ci présentera son rapport le 18 septembre. Le résultat d’un mini «tour de viande» qui a porté les deux députés à visiter tous les abattoirs de leurs circonscriptions respectives. «Nous sommes les seuls à avoir fait ça», se réjouit Arnaud Viala. Un pèlerinage qui permettra peut-être à l’Aveyron et à la Lozère d’éviter les scandales qui ont marqué les départements voisins. 

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