Jean-Claude Luche

Transport scolaire en Aveyron : les vertus de la proximité

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    Transport scolaire en Aveyron : les vertus de la proximité archives José A. Torres / Centre Presse Aveyron / archives José A. Torres / Centre Presse Aveyron
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Le conseil départemental plaide pour conserver sa compétence promise à la Région l’an prochain.

Autocars et mini-bus ont repris eux aussi le chemin des écoliers pour véhiculer chaque jour quelque 11000 élèves. Une énorme machine que ces transports scolaires qui maillent le territoire, cinquième plus vaste de France, et que gère pour l’essentiel le conseil départemental. Lequel aimerait bien pouvoir garder la main sur ce dispositif qui célèbre les vertus de la proximité, à travers une règle aussi singulière que contraignante : "Un transport scolaire est mis en œuvre dès que deux élèves ont besoin d’accomplir trois kilomètres", précise Jean-François Galliard, vice-président du Département, en charge du dossier avec sa collègue Magali Bessaou, également vice-présidente.

Aux mains de la Région en septembre 2017?

Ce sont ainsi 530 circuits, impliquant 110 transporteurs (autocaristes, mais aussi particuliers agréés) qui composent ce réseau bien rodé. Qu’en serait-il demain si la Région récupère cette compétence, comme cela est prévu au 1er septembre 2017? Les élus ne cachent pas leur inquiétude. "Tous les départements n’affichent pas le même tarif, quand le transport scolaire n’est pas carrément gratuit, expliquent Jean-François Galliard et Magali Bessaou. Il serait normal que tous les enfants d’Occitanie soient logés à la même enseigne. Que fera la Région sur ce point? Que fera-t-elle de certaines particularités? En Aveyron, on fait appel à de nombreux particuliers qui assurent le transport de quelques élèves sur près de 350 circuits. Ils sont rémunérés pour cela et s’inquiètent du devenir de ce complément de revenus..."

Garder la vision des réalités du terrain

Moins anecdotiques qu’il n’y paraît : les conditions de circulation liées aux chutes de neige. "L’Aveyron dispose de moyens d’intervention bien dimensionnés, nous faisons aussi obligation aux transporteurs d’équiper leurs véhicules en conséquence, et nous savons quels sont les secteurs susceptibles d’être les plus impactés", poursuit Jean-François Galliard. "Dès lors, le transporteur prévient les parents d’élèves par SMS s’il ne peut assurer la liaison. Quand le transport scolaire sera géré depuis Toulouse ou Montpellier, nul n’aura vraiment une bonne vision des réalités. Et par principe de précaution, ces transports seront suspendus la plupart du temps en cas de neige... On peut en tout cas le supposer". Les élus plaident ainsi pour conserver un maximum de proximité dans cette gestion du transport scolaire.

"Le conseil régional peut nous accorder la délégation, comme il s’apprête à le faire par convention pour les lignes régulières “Mobi12” dès le 1er janvier 2017. Mais il faut que l’on puisse garder la main sur cette compétence déléguée", prévient Jean-François Galliard. Même s’il faut continuer à inscrire chaque année au budget 12 M€, soit les 66% du coût total du transport scolaire dont s’acquitte le conseil départemental.

16M€ de budget et des tarifs inchangés

Le transport scolaire a un coût, y compris pour les familles. Ces dernières, pour autant, ont bénéficié de la gratuité durant plusieurs années avant que le Département, contraint dans ses choix budgétaires, ne leur impose une tarification, dégressive selon le nombre d’enfants (130€, 100€, 50€ et gratuité pour le quatrième enfant). Des tarifs inchangés par rapport à l’an passé. La participation des familles ne couvre que 12% du coût. Les communes contribuent au prorata du nombre d’élèves sur leur territoire à hauteur de 22%. Le solde, soit 66%, est pris en charge par le Département qui règle 12 M€ sur les 16 M€ du budget total. Les inscriptions pour obtenir la carte d’abonnement sont ouvertes en ligne depuis juin (transports.aveyron.fr). Au 31 août, 7000 cartes avaient été envoyées sur 11000 élèves concernés.

Christophe Cathala
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