Crise du lait. La Conf’ porte plainte pour «vol organisé en réunion»

  • Les dossiers de la rentrée sont nombreux pour les membres de la Confédération paysanne.
    Les dossiers de la rentrée sont nombreux pour les membres de la Confédération paysanne. PH
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Crise du lait, problématique du loup. À l’occasion de son comité départemental, la Confédération paysanne a fait le point. 

À l’occasion de son comité départemental, la Confédération paysanne a fait le point sur plusieurs sujets d’actualités qui ont alimenté la chronique ces derniers mois. À commencer par la crise du lait. Francis Sabrié, co porte-parole du syndicat, estime que l’accord trouvé entre l’industriel Lactalis, n°1 mondial sur le marché des produits laitiers, et les producteurs de lait est «très loin d’être suffisant». «La coopérative Sodiaal paie tout aussi mal les producteurs, affirme-t-il. Ce ne sont pas la moitié des paysans aveyronnais en difficulté, mais tous.»

400€ les 1000 litres

«Cet accord entre les industriels et la FNSEA trahit toute la profession agricole», rajoute-t-il. Car, le prix payé aux producteurs est «encore loin de ce qu’il faudrait aux paysans pour vivre décemment». Leur rémunération nécessiterait un prix de 400€ les 1000 litres, selon la Confédération paysanne. C’est d’ailleurs l’objet de leur plainte pour «vol en réunion», déposée auprès du tribunal de Rodez, contre l’entreprise Lactalis, la FNSEA et l’État français.

Ils estiment que le prix payé par l’industriel «ne permet pas aux 3000 producteurs du département de vivre décemment de leur travail (...) ce vol organisé est qualifié “en réunion “car y sont associés la FNSEA, chef d’orchestre de la disparition des paysans au profit de quelques usines à lait, et les pouvoirs publics, complices par leur passivité et leur refus d’imposer la maîtrise des productions.» 

«Préparer la prochaine crise»

Les responsables syndicaux seront entendus à propos de cette plainte par la police dans les jours à venir. Pour la Confédération paysanne, il est «urgent d’instaurer de nouvelles règles de régulation de la production laitière au niveau européen». De plus, Francis Sabrié estime que «les mesures d’accompagnement de baisse de production ne font que préparer la prochaine crise». Ces mesures «doivent être obligatoires, et pas destinées qu’aux volontaires». «Nous devons responsabiliser les surproducteurs, car ces mesures prendront fin d’en six mois à peine, rajoute Laurent Reversat. De plus, nous proposons qu’au-delà des 100 000 litres de lait produit par an, on oblige à réduire la production.» 

Loup : «Situation intenable»

La question du loup agite également la Confédération paysanne. Et Laurent Reversat de prendre l’exemple du département de la Lozère «où la situation devient intenable». «Nous appelons à mettre en place de façon durableune solution pour traiter le problème du loup, et notamment faciliter les prélèvements.» Enfin, l’accord commercial transatlantique, celui entre le Canada et l’Europe (Ceta) qui doit être ratifié à l’automne, inquiète la Confédération paysanne. «Les AOC ne sont pas reconnues au Canada, on estime que seulement 28 appellations seront conservées en France. Dont le Laguiole et le Bleu des Causses», glisse Francis Sabrié.

PH
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