Cyclisme

Triathlon : Aurélien Lescure, fort comme un Turc

  • Avec sa compagne Laurie Belkadi, Aurélien Lescure s’est alignée en relais sur le triathlon format XS, samedi à Villefranche-de-Panat. Comme attendu, le couple a remporté haut la main l’épreuve.
    Avec sa compagne Laurie Belkadi, Aurélien Lescure s’est alignée en relais sur le triathlon format XS, samedi à Villefranche-de-Panat. Comme attendu, le couple a remporté haut la main l’épreuve. Jean-Louis Bories / Jean-Louis Bories
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Ce 18 août 2016, sous la chaleur de Rio, il aurait pu en être. Il aurait du même. Après des podiums en coupe du monde, d’Europe et autres, il ne lui manquait que le plus beau, l’olympique. Comme avec son impressionnant coup de chaud lors d’un triathlon au Mexique il y a quelques mois, le «buzz» était tout trouvé. Car voir ce Villefranchois sous la bannière turque, tentant de chanter l’hymne, avouez que cela aurait eu de la gueule! Malheureusement, ce fameux 18 août 2016, Aurélien Lescure était sur son canapé.

«J’ai regardé la course mais c’était vraiment bizarre... J’ai eu du mal à l’avaler», avoue-t-il aujourd’hui alors que les Jeux de Tokyo en 2020 paraissent encore à des années lumière. Car à trente ans, il avait mis toutes ses chances de son côté pour Rio. Tout d’abord, en tournant le dos à sa Fédération il y a deux ans. À l’image de ces nombreux athlètes changeant de nationalité pour le sport, Aurélien Lescure a choisi la Turquie.

«Pourquoi ce choix? J’ai assez balancé sur la Fédé française de triathlon et je ne vais pas en rajouter. Je n’ai jamais eu les mêmes chances que les autres car, à une époque, j’ai privilégié mes études (il est ingénieur, NDLR) au sport de haut niveau. Les dirigeants français ne l’ont jamais accepté et m’ont mis de côté. Un jour, un ami m’a appris que la Turquie cherchait un triathlète pour participer aux Jeux, j’ai donc franchi le pas. Et je ne regrette pas du tout», souffle-t-il dans sa douceur caractéristique.

5 km de natation, 60 de vélo et 12 bornes à pieds quotidiens

Après un stage et plusieurs rencontres, Aurélien Lescure obtient la nationalité sans problème. Qu’importe si dans son arbre généalogique, il n’y aucune trace de la patrie d’Ataturk... L’objectif est clair: la Turquie finance tout avec Rio en ligne de mire. Aurélien Lescure n’a donc plus qu’à entrer dans les 55 meilleurs mondiaux pour vivre ses premières olympiades. Une formalité pour l’Aveyronnais, cador du circuit.

Mais, dès sa naturalisation obtenue en 2015, il souhaite passer la vitesse supérieure. Avec 5 kilomètres de natation, 60 de vélo et 12 bornes à pieds tous les jours, l’athlète est à son pic de forme. Mais son tendon d’Achille craque. Une rupture partielle d’abord puis des douleurs depuis des années. Sans jamais parvenir à véritablement les soigner. 2015 est donc une année blanche.

Lescure refuse l’opération car, «ce n’est pas une valeur sûre». Il se ménage, se soigne avec les dernières pratiques pour un seul objectif, encore: repartir de plus belle en 2016 et décrocher le nombre de points suffisants pour voir les anneaux olympiques. Qu’importe alors les petites douleurs, il s’aligne de nouveau sur les manches de coupe du monde. Un podium en Égypte, un top 20 en Chine et une victoire en Équateur... Plus que jamais, l’Aveyronnais touche son rêve du doigt!

«Tokyo, c’est trop tôt pour dire que c’est un objectif»

Ne reste plus qu’un dernier effort à réaliser, une dernière course folle... Elle ne viendra jamais. La faute à une fracture de fatigue au pied. Il tente tout de même de s’élancer au Mexique mais il abandonne. Les douleurs sont trop fortes, la course à pied est insoutenable. Encore une fois, le repos est inévitable. Problème, le train pour Rio n’attend pas. Le rêve s’envole. Comme en 2012. La Turquie et son sélectionneur italien perdent une sérieuse chance de médaille.

Mais ils ne lâchent pas pour autant leur tête d’affiche d’un sport encore trop peu développé sur les rives du Bosphore. « Le Turc», comme le surnomment ses potes, est de nouveau sur pieds. Les douleurs ne l’ont pas lâché. Elles l’ont encore empêché de prendre part à la course à pied ce week-end sur le Lévezou. Mais l’ingénieur ne lâche rien. Et il a déjà en tête la saison prochaine. Le rêve olympique, lui, a quelque peu disparu.

«Tokyo, c’est encore très loin, j’aurais 34 ans! C’est trop tôt pour dire que c’est un objectif. Avant tout, je dois ménager mon tendon, aménager mon entraînement par rapport à cette blessure. Je vais vivre la saison prochaine en mode plus “cool” et on verra les résultats. S’ils sont bons, je viserai peut-être Tokyo».

L’image serait si belle, tout comme la leçon de vie... Plus que jamais, Aurélien Lescure sera fort comme un Turc.

Mathieu Roualdés
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