Maternité de Decazeville : un drame et des questions

  • Au centre hospitalier, c’est le temps de l’émotion et du deuil. La famille de la maman décédée a été longuement reçue par la direction et l’équipe qui a tout tenté pour sauver et la maman et le bébé.
    Au centre hospitalier, c’est le temps de l’émotion et du deuil. La famille de la maman décédée a été longuement reçue par la direction et l’équipe qui a tout tenté pour sauver et la maman et le bébé. PB
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Suite au décès d’une maman et de son bébé lors de l’accouchement, la maternité fait l’objet d’une suspension d’exercer partielle de trois mois. Une autopsie sera pratiquée lundi. Deux enquêtes sont en cours.

Alors qu’elle attendait un heureux événement, une jeune femme de trente-six ans, déjà mère de deux enfants, est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi à la maternité de l’hôpital decazevillois. Émotion dans les services « C’est terrible, commentait hier à chaud Jean-Pierre Pavone, qui assure l’intérim à la direction de l’hôpital. Nous sommes, l’ensemble des services, très affectés par ce déplorable drame, d’autant plus affectés que le compagnon de la maman décédée est aide-soignant dans notre établissement. Pour l’heure, nous sommes dans le recueillement et par respect pour la famille et les enquêtes en cours, vous comprendrez aisément que je ne peux et ne veux en dire plus. »

Sans présumer des causes du décès qui nous sont inconnues et qui sont -rappelons-le, couvertes par le secret médical- l’accident survenu serait de ceux qui sont connus et redoutés par toutes les équipes. Il serait « imparable » et ce, quelles que soient les équipes ou les plateaux médicaux en place ; aussi bien donc ici que dans un CHU.

Une équipe de professionnels aguerris

À ceux qui en douteraient, (et parce qu’il convient de tordre le cou à toutes les rumeurs qui commencent à courir), Jean-Pierre Pavone, affirme toutefois que l’équipe médicale et paramédicale était au complet et que malgré sa grande expérience et son grand professionnalisme elle n’a pu sauver ni le bébé ni la maman. L’équipe comportait notamment trois médecins dont certains ont plus de 30 ans d’activité et « qui connaissent l’établissement comme leur poche ».

Une autopsie lundi et enquêtes

On devrait en savoir plus dans les prochains jours puisqu’une autopsie a été demandée par le parquet. Elle devrait être réalisée lundi. L’établissement fait l’objet de deux enquêtes ; l’une administrative, diligentée par des inspecteurs de l’Agence régionale de Santé. Hier déjà trois d’entre eux étaient présents à Decazeville. La seconde enquête est d’ordre judiciaire.

« Il s’agit d’une procédure normale en cas de décès », confiait Jean-Pierre Pavone, l’ARS saisit le parquet. Suspension administrative En attendant le résultat de ces enquêtes, l’ARS a, par arrêté, parvenu hier matin à l’hôpital, suspendu de façon partielle l’activité de la maternité. Le service ne peut plus pratiquer d’accouchement par les voies naturelles, ni de césarienne en urgence ou programmée pendant un délai de trois mois. Pendant ce laps de temps, les parturientes seront dirigées à leur choix vers Rodez, Villefranche ou Aurillac.

« L’hôpital va adresser à chacune d’elles un courrier individuel, afin de leur expliquer que la mesure prise est d’ordre provisoire. On se doit de répondre à leurs légitimes interrogations », précisait encore Jean-Pierre Pavone. Le service est en revanche autorisé à pratiquer toutes les activités prénatales comme les soins postpérinataux. Dans l’intervalle, les personnels dont la charge de travail sera toutefois moindre pourront « se former, ou solder des jours de repos en retard », complète encore le directeur de l’établissement.

Réactions diverses

Chef de service, le Dr Hélou qui ne travaillait ce jour-là, trouve cet événement « abominable » et confie qu’un tel drame est « rarissime ». Président du conseil de surveillance de l’établissement, le maire François Marty se dit « effaré par le drame et affligé pour la famille ». Il tient également à « apporter son entier soutien aux personnels de l’hôpital ». Le syndicat CGT de l’établissement a indiqué de son côté que « l’heure est à la décence, au respect du deuil de la famille et de notre collègue ainsi qu’au soutien de l’ensemble des personnels qui ont vécu ce drame ». Nul doute que l’on en saura plus dans les jours et les semaines qui viennent. En attendant, ce drame sème la consternation dans la population et soulève bien des interrogations quant à l’avenir du service. Alors beaucoup espèrent que les doutes se dissiperont vite pour tourner la page.

Philippe Boscus
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