Arrivée de migrants en Aveyron. Le Bassin entre crispation et compassion

  • Au-delà de ces témoignages recueillis dans les rues de Decazeville, les réseaux sociaux n’ont pas manqué de s’emparer du sujet avec les débordements dont ils sont souvent coutumiers.
    Au-delà de ces témoignages recueillis dans les rues de Decazeville, les réseaux sociaux n’ont pas manqué de s’emparer du sujet avec les débordements dont ils sont souvent coutumiers. CP
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L’annonce de l’arrivée d’une vingtaine de migrants en provenance de Calais n’a pas manqué d’alimenter les conversations dans le Bassin. Morceaux choisis. 

On pouvait s’en douter, l’annonce de l’arrivée d’une vingtaine de migrants en provenance de Calais n’a pas manqué d’alimenter les conversations dans le Bassin. Sans pour autant devenir le sujet de discussion numéro un, beaucoup ont leur avis sur la question. Des avis diffus, diamétralement opposés, parfois extrémistes.

Morceaux choisis, sachant que les témoignages ont été tous assortis de réserves de la part de leurs auteurs, la majorité refusant la prise d’une photo, certains allant jusqu’à demander que l’on change leur prénom et jusqu’à la profession ; ceci démontrant, si besoin, la sensibilité du sujet.

Laurent, commerçant decazevillois : « C’est pour moi une très bonne chose. C’est en fait logique que le Bassin accueille ces gens au regard de son passé. Ici, c’est une terre d’immigrés. Cela a toujours été le cas. Quelque part, accueillir ces migrants, c’est perpétuer une tradition d’immigration dont on doit être fier. »

Ahlam, employé d’usine : « Je n’ai pas d’avis. Moi, je suis d’origine nord-africaine, alors j’aurai un peu de mal à critiquer ce qui se passe. Après, il suffit qu’il n’y ai pas de débordements, que tout se passe bien. On verra. Ma seule vraie crainte, c’est que le FN est déjà à 10 ou 12 % sur Decazeville et que ce genre d’événements risque de gonfler encore le nombre de ses électeurs. »

Raymond, retraité : « Vous savez quoi, j’avais fait un pari avec ma femme et je l’ai gagné. À Decazeville, on est juste bon à accueillir toute la misère du monde. Vous n’avez qu’à vous balader dans les rues pour vous rendre compte de ce que je vous dis, c’est la pure et stricte vérité. Entre les communautés d’Outre-mer et les cas sociaux qui n’arrêtent pas de débouler, ça devient invivable. Après, ces pauvres gens, il faut bien en faire quelque chose. Moi, je n’ai pas de solution, si ce n’est de régler les problèmes chez eux pour qu’ils puissent repartir vivre dans leur pays. »

Monique, agent administratif : « C’est une question de solidarité. Je n’y suis pas opposée. Mais il va falloir quand même que la gestion de ces gens soit vraiment encadrée. L’association Acces, dont j’ai entendu parler, connaît apparemment bien ce genre de situations. Faisons-lui donc confiance. Mais encore une fois, sur le fond, on ne peut pas laisser tomber ces malheureux et arrêtons de fantasmer en les imaginant tous comme des terroristes en puissance ou des violeurs d’enfants. »

Christophe, commercial : « La seule question que je me pose est de savoir quel type de personnes on va recueillir. En clair, si c’est du haut ou du bas du panier. Si ces gens vont faire l’effort de s’intégrer ou si, au contraire, ils vont mettre le bordel. Je ne sais pas. Et le sujet me dépasse. Je ne connais pas tout de la chose et j’ai du mal à comprendre comment on a pu en arriver là. Mais quand on voit les images de Calais à la télé, ça peut faire peur. Mais bon, là, ils ne seront que vingt et en plus ils seront éparpillés, alors… »

Carole, factrice : « On ne parle que de ça. Moi, je ne peux pas être contre. Ces pauvres gens fuient la guerre, la mort. On ne peut quand même pas les laisser sans aide. Et puis, normalement, ils ne devraient être là que pour six mois, car beaucoup veulent aller en Angleterre ou ailleurs je crois savoir. Donnons-leur une petite chance. »

Claude, sans emploi : « Qui nous dit comment ça va tourner cette histoire et si à ces vingt migrants on ne va en rajouter quelques dizaines très rapidement. Ça devient un peu pénible, car on cherche à nous faire culpabiliser. Est-ce que nos pays sont responsables de ce qui se passe chez eux ? Je ne suis pas assez au courant pour répondre à ça. »

Centre Presse Aveyron
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