Peyrelade : le Raf «n’a rien volé !»

  • Laurent Peyrelade : "Pour l’instant, on n’a rien fait."
    Laurent Peyrelade : "Pour l’instant, on n’a rien fait." Jean-Louis Bories
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Leader au quart du championnat, en attendant les résultats des matches reportés de Fréjus et Toulon, le Raf victorieux de Hyères samedi (1-0) n’a déjà plus rien à voir avec son prédécesseur. Entretien.

Leader au quart du championnat, en attendant les résultats des matches reportés de Fréjus et Toulon, le Raf victorieux de Hyères samedi (1-0) n’a déjà plus rien à voir avec son prédécesseur. Quelques minutes après avoir remplacé l’entraîneur de la réserve Florent Rech, retenu hier à Clairefontaine, le coach Laurent Peyrelade s’est confié. Tout en rappelant que rien n’était joué. Entretien.

Avez-vous récupéré du match de samedi, qui ne s’est dénoué qu’à la 90e minute (but de Pierre Bardy) ?

Toute la rencontre, ça a été intense. Un tel scénario, ça fatigue car il y a beaucoup de frustration, que ça se joue sur rien. Mais finalement, ces rencontres, mieux vaut mal les jouer (rires). Il faut être efficace, très bon défensivement, ce que nous avons fait. Évidemment, un 3-3, c’est mieux. Mais tu prends aussi trois buts...

Finalement, Rodez fait l’exact inverse de la saison dernière : il n’est pas beau à voir mais il gagne...

À part ce match qui, effectivement, était une purge, je ne suis pas d’accord. Il faut aussi savoir faire ça, gagner sans bien jouer. Et puis, on ne peut pas résumer notre début de saison à cela. Nous avons livré des matches intéressants, à Sète (victoire 1-0), face aux réserves pros ou même à Martigues (défaite 3-2). Face à Hyères, c’était le moins abouti mais il valait cher. Le contenu ne m’a pas surpris car cette équipe est très difficile à jouer et qu’il a été très compliqué de sortir de sa filière.

Leader au quart du championnat, toujours en course en Coupe de France (6e tour samedi à Figeac, 20 h) et battu seulement une fois toutes compétitions confondues. Ce bilan dépasse-t-il vos espérances ?

Je suis au-delà oui. Tout le mérite en revient aux joueurs. Mais on n’a rien volé ! Ce n’est pas que de la chance ou de la réussite. ça bosse bien, dans un super état d’esprit. On a su s’adapter au championnat.

Faire oublier la saison dernière n’était-il pas le plus dur ?

Pour nous tous, c’était un challenge. D’une part, il fallait arriver à susciter à nouveau un engouement autour de cette équipe. C’est l’avantage du foot, tu redémarres à zéro, comme toutes les autres équipes. Il ne fallait pas rater cette opportunité. On a su en profiter. Mais on a su le faire en utilisant ce qui n’avait pas bien marché, c’est l’autre partie du challenge. Mais attention, nous n’en sommes qu’à la 8e journée. Vous avez fait le pari d’un bloc bas et de gros efforts défensifs de la part de tous vos joueurs.

Pensez-vous que cette philosophie puisse tenir toute la saison ?

(Il souffle) Je ne sais pas. Je pense que oui. Cette philosophie, c’est un socle qui doit être infaillible sur la durée. C’est ce qui permet le maintien et une bonne saison. Pour une très bonne saison, c’est différent. Ce doit être notre identité. Maintenant, le plus dur, c’est de le faire évoluer sans le dénaturer. C’est le défi des huit prochains matches ou de la seconde moitié de saison. La confiance doit nous permettre cette évolution. Je suis persuadé que ça va venir. Ce groupe en a la qualité technique. C’est mon challenge. Mais c’est dur quand on sort d’une saison où tout le monde a souffert. 

Paradoxalement, le traumatisme vécu la saison dernière ne vous protège-t-il pas de tout excès de confiance ?

L’avantage, c’est que je peux faire des piqûres de rappel (rires). « Souvenez-vous », je peux dire. Tout de suite, ça calme.

Et ça évite que ce statut de leader devienne un danger ?

Je ne crois pas que ce soit un danger. Pour ma part, ça ne me fait pas tourner la tête. Je suis content mais je n’ai jamais vu une équipe monter ou se maintenir avec 15 points. Cette place n’est pas une garantie. Je préfère voir que plusieurs joueurs ont marqué. C’est super important. Ce n’est plus une « Da Silva dépendance ». C’est une force car tu peux marquer n’importe quand. Et l’autre chose, c’est que lorsqu’on veut défendre fort, on le peut.

Plusieurs entraîneurs adverses ont fait remarquer qu’une force se dégage de ce groupe ruthénois. Qu’en pensez-vous ?

Tant qu’on arrivera à garder nos états d’âme personnels derrière l’objectif collectif, on sera performant. Tant qu’on sera dans l’analyse de nos prestations et pas dans la comparaison, même chose. Le plus dur, c’est de faire comprendre qu’on ne fait pas une saison à 11 mais à 16 ou bien plus. Si ce groupe l’admet, on sera dans le don de soi, le sacrifice. Et si Rodez veut monter... enfin jouer le haut de tableau, c’est obligatoire. Les états d’âme, j’ai prévenu, c’est la porte. Des « trucs » de frustration peuvent perturber. J’ai déjà dû remettre deux fois le curseur.

Vous avez dit « si Rodez veut monter »...

(Rires) Je savais que j’avais dit un truc qu’il ne fallait pas ! C’est beaucoup trop tôt. Pour l’instant, on n’a rien fait. Continuons d’avancer, de prendre tous les points possibles. Et si, en avril, nous sommes dans les 5 ou 6 équipes de tête, on parlera de montée. Pour le moment, l’objectif, c’est de faire durer la bonne vague. On ne doit pas penser à la place ou au reste.

On vous sent heureux. L’êtes-vous encore plus car vous montrez que vous valez bien mieux que les résultats de la saison dernière ? 

Je suis toujours l’entraîneur de la saison dernière. Enfin, je ne suis pas le même mais je suis toujours là. Bien sûr qu’il y a de la frustration de l’an dernier et que j’ai envie de bonheur, de moments forts. Mais je serai con si j’étais reparti dans la même optique. Maintenant, je dis ça, c’est facile, on est premier. Moi, je le sais, je ne suis pas Dupraz ou Hantz. Je n’ai pas ce vécu. Je suis en formation accélérée (rires).

Maxime Raynaud
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