A Rodez, les urgences face au malaise

  • Les Dr Careyl et Carrez admettent qu’il manque un médecin et souhaitent améliorer les bonnes pratiques, à l’hôpital.
    Les Dr Careyl et Carrez admettent qu’il manque un médecin et souhaitent améliorer les bonnes pratiques, à l’hôpital. José A. Torres
Publié le , mis à jour

Les urgences de Rodez sont souvent pointés du doigt. Rencontre avec les Dr Pierre Cayrel et Elise Carrez.

De plus en plus de patients se plaignent du fonctionnement des urgences et surtout des délais d’attente. Notre rédaction a reçu des témoignages dans ce sens. Ces doléances sont-elles fondées ? Y a t-il une corrélation avec les problématiques rencontrées par les infirmiers et les aides-soignants qui manifestent depuis une semaine ? « Non », répond tout de go le Docteur Pierre Cayrel, chef de service des urgences à l’hôpital de Rodez (et syndiqué, par ailleurs). « Les urgences ont bien sûr une spécificité car c’est un service qui reçoit tout le monde. Mais on ne peut pas laisser dire qu’il y a une baisse de la qualité des soins apportés aux malades ».

Courbes et chiffres à l’appui, le professionnel se plie à démontrer que les délais d’attente ne se rallongent pas. « Le temps moyen d’attente se situe entre trois heures et trois heures et demie. La prise en charge par le médecin, c’est-à-dire le temps entre le moment où le patient fait ses papiers et sa prise en charge, est d’une heure vingt », ajoute le médecin qui pointe du doigt la difficulté d’anticiper le flux. « Il y a des jours où c’est calme, d’autres non. Il y a des journées où le médecin devra aller opérer au bloc et d’autres fois moins », complète élise Carrez, présidente de la commission médicale d’établissement (CME). Pour autant, cela ne signifie pas que tout est rose aux urgences. Loin s’en faut. 

L’hôpital reste malade

Des points noirs et des dispositifs à améliorer, il en existe. « Quand l’hôpital a été construit, on était à 25 000 passages par an, aujourd’hui, nous sommes à 30 000. Il faudrait donc un médecin supplémentaire, des infirmiers et des aides-soignants », ajoute le médecin. Pour répondre au flux en augmentation, sans rallonger les délais d’attente dans le hall, le corps médical encaisse des heures supplémentaires. Et si le poste du médecin manquant est validé par la direction, mais reste introuvable par manque de candidature, pour le reste du personnel, c’est toute autre chose.

« La politique financière de l’hôpital ne donne pas priorité aux effectifs qui restent insuffisants », souligne le chef de service. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est tout à fait solidaire du mouvement de grève chez cette catégorie de personnel, indispensable à tous les services. Les préconisations de l’ARS visant à compresser toujours plus les budgets, à ne plus remplacer les départs, ni les congés maternités, les arrêts maladies, « l’instabilité des plannings des paramédicaux » est un vrai problème selon le chef de service et la présidente de la CME. Ce volet n’est malheureusement pas propre aux urgences et touche tous les services de l’hôpital qui doit aussi faire avec une dette, qu’il a du mal à résorber. Si le pronostic vital des urgences n’est pas engagé donc, en revanche, c’est tout l’hôpital qui reste malade. 

Salima Ouirni
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