Primaire: Sarkozy lance un avertissement à Bayrou et Lagarde

  • Nicolas Sarkozy à Paris le 18 octobre 2016
    Nicolas Sarkozy à Paris le 18 octobre 2016 AFP/Archives - JOEL SAGET
  • François Bayrou le 25 septembre 2016 à Guidel
    François Bayrou le 25 septembre 2016 à Guidel AFP - LOIC VENANCE
  • Primaire de la droite et du centre : le calendrier
    Primaire de la droite et du centre : le calendrier AFP - Simon MALFATTO, Kun TIAN
  • Nicolas Sarkozy et François Bayrou le 15 mars 1995 à Périgueux, lors d'un meeting de soutien à Edouard Balladur dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle
    Nicolas Sarkozy et François Bayrou le 15 mars 1995 à Périgueux, lors d'un meeting de soutien à Edouard Balladur dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle AFP - DERRICK CEYRAC
  • Chantal Jouanno, Jean-Christophe Lagarde et Arnaud Richard le 25 juin 2016 sur le perron de l'Elysée à Paris
    Chantal Jouanno, Jean-Christophe Lagarde et Arnaud Richard le 25 juin 2016 sur le perron de l'Elysée à Paris AFP/Archives - GEOFFROY VAN DER HASSELT
  • Emmanuel Macron lors d'une visite à l'usine Auriplast le 8 septembre 2016 à Aurillac
    Emmanuel Macron lors d'une visite à l'usine Auriplast le 8 septembre 2016 à Aurillac AFP/Archives - Thierry Zoccolan
  • Nicolas Sarkozy serre la main de supporteurs à Ajaccio le 20 octobre 2016
    Nicolas Sarkozy serre la main de supporteurs à Ajaccio le 20 octobre 2016 AFP - PASCAL POCHARD-CASABIANCA
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La tension est montée d'un cran jeudi dans la primaire de la droite, avec l'avertissement de Nicolas Sarkozy aux alliés centristes d'Alain Juppé, François Bayrou et Jean-Christophe Lagarde, sommés de soutenir le vainqueur, même en cas de défaite du maire de Bordeaux.

Depuis la Corse, où il était en campagne, Nicolas Sarkozy n'a pas mâché ses mots. "Je n'aime pas les gens qui participent à une compétition et qui en contestent les règles", a-t-il lancé jeudi matin sur Europe 1, à un mois, jour pour jour, du premier tour.

"Je dis simplement à M. Bayrou et à M. Lagarde que si on soutient un candidat à la primaire, on s'engage à respecter la règle de la primaire. Et si jamais ce n'était pas le candidat qu'ils soutenaient qui gagnait, eh bien ils devraient respecter la règle de la primaire. C'est ça, la loyauté", a assené l'ancien président.

L'avertissement est sans équivoque. Dans le collimateur, d'abord François Bayrou, le président du MoDem, auquel Nicolas Sarkozy n'a jamais pardonné son soutien à François Hollande en 2012. "La règle, c'est surtout de ne pas se servir, pour sortir du socialisme, de celui qui nous y a fait rentrer", a-t-il affirmé.

Le Béarnais compte parmi les plus conspués dans les meetings sarkozystes. "Il y avait Taubira, il y a eu Najat Vallaud-Belkacem et maintenant, c'est Bayrou", affirme François Baroin, cité par L'Express.

Retiré dans sa mairie de Pau, conquise en 2014, M. Bayrou a de longue date annoncé son soutien à Alain Juppé. Mais pas question pour lui de voter à ce scrutin, ni de se sentir lié par le résultat de la primaire, cette procédure qui "favorise les extrêmes de chaque camp", à l'image de Donald Trump chez les Républicains américains.

Il est donc prêt à tenter une quatrième fois sa chance à la présidentielle si l'issue de la primaire ne lui convient pas.

Conscient de son rôle d'épouvantail à droite, M. Bayrou a lui-même expliqué mercredi que son rôle n'était "pas de participer aux meetings" de M. Juppé car une partie de l'électorat a été "en désaccord avec lui".

- Bayrou: "pas me dicter ce que je dois faire" -

Jeudi, il a répliqué à Nicolas Sarkozy en estimant qu'il n'avait pas à lui "dicter ce qu'(il) doit faire". "Cette mise en demeure est donc déplacée, comme si souvent les déclarations de son auteur", a ajouté M. Bayrou, qui se "détermine uniquement en fonction de (sa) conscience et de l'idée qu'il (se) fait de l'avenir du pays".

L'UDI a décidé de ne pas participer à la primaire ouverte de LR, exercice inédit pour la droite. Mais près de 600 élus dont 46 parlementaires, M. Lagarde en tête, sans oublier le Parti radical, ont officialisé leur soutien à Alain Juppé, favori des sondages.

Pour M. Lagarde, interrogé par l'AFP, l'avertissement de Nicolas Sarkozy est le signe d'une "campagne en perdition".

Frédéric Lefebvre, ancien porte-flingue de M. Sarkozy et désormais pro-Juppé, a lui aussi dénoncé cet avertissement: "Pour rassembler, il ne faut ni exclure le centre ni lui dicter sa conduite mais la respecter", a-t-il dit sur Twitter.

En toile de fond, des discussions agitent les états-majors autour des législatives. Alain Juppé a récemment prévenu qu'il "rediscuterait des investitures" s'il gagnait la primaire, pour accorder une plus grande place aux centristes.

Ce qui a fait bondir les sarkozystes, qui oublient pourtant que LR avait fait alliance non seulement avec l'UDI, mais souvent aussi avec le MoDem aux régionales.

Difficile de mesurer à l'avance le poids réel des centristes, voire de la gauche, dans cette consultation électorale unique. "Le centre ne s'est jamais mobilisé", dit-on dans le camp Sarkozy. Quant à la mobilisation d'électeurs de gauche en faveur de M. Juppé, on n'y croit "pas une seconde". Mais "ça sert pour mobiliser la droite".

Source : AFP

Centre Presse Aveyron
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