Elections à la Fédération de rugby : l'Aveyron vote le changement

  • Elections à la Fédération de rugby : l'Aveyron vote le changement
    Elections à la Fédération de rugby : l'Aveyron vote le changement
  • A la majorité des les 14 clubs aveyronnais, Bernard Laporte est en tête en Aveyron.
    A la majorité des les 14 clubs aveyronnais, Bernard Laporte est en tête en Aveyron. Jean-Louis Bories
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Publié le , mis à jour

Le 3 décembre, 1900 clubs de rugby sont appelés aux urnes pour élire leur futur président de la Fédération. En Aveyron, on a sondé les 14 clubs sur leur choix, leurs attentes de cette élection. La majorité votera pour le changement, avec Bernard Laporte comme leader. Ils expliquent pourquoi.

Ni Pierre Camou, ni Bernard Laporte, ni Alain Doucet n’est venu battre le pavé en Aveyron. Pourtant, il y avait de quoi débattre. Car si en haut lieu, le rugby n’est pas au mieux, le nôtre aussi va mal. Celui du dimanche après-midi derrière la main courante à Viviez, Laissac, Sévérac, Camarès ou encore à Espalion ne cesse de crier ses souffrances.

Certains vont même jusqu’à se poser la question de leur survie, faute d’effectif. Malgré cela, ils sont encore quatorze à porter l’étendard de l’Aveyron. Le 3 décembre prochain, ils sont tous invités à élire leur nouveau président à la Fédération française de rugby. Et ce futur patron, la plupart l’ont déjà choisi : il s’appellera Bernard Laporte. 

Pour le changement et en finir avec le « vieux loup », Pierre Camou, au pouvoir depuis deux mandats. Certes, « Bernie » et son parcours en politique ou encore son côté bling-bling ne sont pas franchement du goût de tous. Mais qu’importe. Sa campagne, axée sur ce rugby amateur en souffrance et ces clubs de série à la dérive, a fait des émules.

En Aveyron certes. Mais pas seulement car l’homme arrive en tête de tous les derniers sondages. « On est en train de mourir, alors autant changer puis on verra bien », nous ont soufflé un grand nombre de présidents aveyronnais. 

« Un grand coup dans la fourmilière »

Pour autant, peu se font d’illusions sur la suite. « C’est comme la politique, les programmes sont jolis, les promesses nombreuses puis... rien n’est respecté », a-t-on souvent entendu également. Ces élections, c’est surtout l’occasion de « mettre un grand coup dans la fourmilière ». Car les Aveyronnais paraissent bien éloignés du projet de Grand stade, cher à Pierre Camou, et sur lequel les candidats n’ont cessé de s’écharper durant des mois. Ils sont également bien loin des problématiques d’un XV de France sur le chemin de la relance ou encore des batailles internes avec la Ligue.

« Le seul problème pour nous, c’est de ne pas se retrouver à 16 ou 17 joueurs le dimanche ! », peste-t-on du côté de Laissac, Sévérac, Camarès et autres. À Viviez, club historique s’il en est puisque champion de France de 3e division en 1980, on se demande même si les 100 ans du club pourront être célébrés... en 2020. Et même s’il a choisi son candidat, en la personne de Pierre Camou, le président Patrick Sanhes ne s’en cache pas : « Pour tout vous dire, je m’en fiche un peu ». Ce message est souvent revenu. Il est significatif du mal-être dans le rugby aveyronnais.

Pourtant, cette campagne a passionné les foules. Voire même déchaîné les passions des fois entre chaque camp. Les quatre clubs fédéraux du département, premiers concernés par cette élection, ont suivi de près ces accrochages et ces batailles d’idées. Et la plupart s’inscrivent aujourd’hui à contre-courant de leurs voisins de série. Car si ce n’est Decazeville, toutes devraient voter pour... Pierre Camou. à Millau, 14 des membres du comité directeur contre un seul, en faveur de Laporte, ont même entériné ce choix. En revanche, pas de pro-Doucet déclaré dans nos contrés. Si ce n’est Jean Fabre. Lui, c’était présenté à la présidence de la FFR en 1991 et déjà les clubs souffraient. Et râlaient. Jusqu’au changement, incarné à l’époque par Bernard Lapasset. En sera-t-il de même ce samedi 3 décembre ?

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TROIS CANDIDATS :

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Elections à la Fédération de rugby : l'Aveyron vote le changement

  • Pierre Camou Le Grand stade, à tout prix

Le vendredi 2 septembre lorsqu’il a lancé sa campagne pour briguer un troisième mandat à la tête de la FFR, il y avait quatre ans et demi que Pierre Camou n’avait pas convoqué la presse, depuis février 2012 et un France-Irlande annulé en raison du gel de la pelouse du Stade de France ! Mais cette fois, le temps pressait.

Car sans opposant à un nouveau mandat de quatre ans en 2012, élection pour laquelle il n’avait donc pas publiquement fait campagne, le président à la parole rare, a cette fois du faire face aux candidatures de l’ancien secrétaire général de la Fédé Alain Doucet, et surtout de Bernard Laporte. Tous deux opposés au thème principal de cette campagne: le Grand stade que Pierre Camou souhaite construire pour 581 millions d’euros à l’horizon 2021 à Ris-Orangis (Essonne), afin d’augmenter les ressources financières de la Fédération.

«Pas mon style de créer le buzz toutes les cinq minutes»

Sur ces 581 millions d’euros, 180 à 220 M€ seraient apportés par la FFR et des investisseurs intéressés par le projet, le reste étant couvert par un recours à l’emprunt garanti par le Conseil régional de l’Essonne. «C’est un projet de demain fait pour les générations qui arrivent, en aucun cas pour moi. Je sais qu’il y a des questions. Mais j’ai toujours dit qu’in fine ce seront les clubs qui décideront (en assemblée générale, NDRL) si on y va ou pas», a déclaré Pierre Camou, qui a lancé quelques piques à son principal adversaire.

«Ce n’est pas mon style de mettre une pièce dans la machine toutes les cinq minutes pour créer le buzz», a-t-il ainsi notamment déclaré. Pierre Camou, dont le programme comporte 34 propositions, est cependant conscient qu’il devra convaincre les clubs de la nécessité et à la faisabilité de ce projet, présenté par ses opposants comme étant une pure folie financière qui mettra en péril la FFR.

Attaqué sur son projet de Grand Stade, Pierre Camou n’en fait cependant pas toujours son principal thème de campagne. Il a ainsi plutôt insisté sur son bilan et mis en avant «le club», «un endroit où les hommes et les femmes se réunissent quelles que soient leurs couleurs, où ils apprennent le respect de soi et des autres».

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  • Bernard Laporte La révolution en marche

L’ancien sélectionneur des Bleus, manager de Toulon et secrétaire d’État aux Sports bat le pavé depuis plus d’un an. En martelant le même discours : « La Fédération, c’est vous. Or aujourd’hui, ce n’est pas vous. Mon programme, c’est vous la rendre cette Fédération et ne pas la laisser à trois ou quatre personnes à Marcoussis qui décident de tout ou de rien »

Limitation des mandats, instauration de contrats fédéraux, pub sur le maillot des Bleus, opposition au Grand stade : Bernard Laporte a présenté un programme avec 44 engagements, rassemblés sous le slogan « 1885 clubs, un seul rugby ».

La « clé numéro 1 » pour l’ancien sélectionneur des Bleus (1999-2007), c’est la création de contrats fédéraux. Tout comme l’arrivée d’un sponsor sur le maillot de la sélection, confié « à un beau fleuron français ». Cela permettrait d’encaisser entre « 5 et 10 millions d’euros », mis à la disposition des clubs pour la formation des jeunes.

Retour aux poules de 12, voire 14 en Fédérale 1

Car il a aussi fait de la formation l’un de ses axes de bataille. « Avec le nombre important de joueurs étrangers dans les clubs, la formation n’avance pas, se tarit. En 2009, ils ont supprimé les 70 cadres techniques. On les a balayés d’un revers de main et on s’étonne aujourd’hui qu’il n’y a plus de joueurs formés », constate l’ancien secrétaire d’État aux sports. En cas de succès, il souhaite enfin limiter à deux le nombre de mandats de quatre ans d’un président de fédération, alors que l’actuel patron de la FFR Pierre Camou brigue un 3e mandat.

Enfin, concernant le Grand Stade, arlésienne de cette campagne fédérale, Laporte a indiqué qu’«au départ», il trouvait que «c’était une bonne idée», mais qu’il a changé d’avis compte tenu de l’évolution du dossier. «Si je gagne, c’est clair, il n’y aura pas de grand stade», a-t-il conclu.

Pour le rugby amateur, Laporte annonce une réforme de l’ensemble des compétitions amateurs pour la saison 2018-2019 avec le retour aux poules de 12 clubs en Fédérale 2 et 3 et des poules de 14 en Fédérale 1. Avec la dissociation des équipes réserves à l’équipe une. Tout en, sujet sensible s’il en est, supprimant les retransmissions des matches du Top 14 le dimanche après-midi pour remplir les stades amateurs. 

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  • Alain Doucet Le troisième homme

«Je suis le petit Doucet du truc, le petit Poucet face aux deux présumés gros », avait-il souri Doucet en présentant sa candidature, en septembre, au stade de Pouyastruc, village où il vit et dont il a dirigé le club de rugby pendant plusieurs années. Secrétaire général de la FFR pendant quinze ans (2001-2016) sous Bernard Lapasset puis Pierre Camou, Doucet a décidé de se lancer dans l’aventure en raison de son opposition au projet de Grand Stade de Camou, candidat à un troisième mandat.

Le Grand stade, que Camou souhaite construire pour 581 millions d’euros à l’horizon 2021 à Ris-Orangis (Essonne) afin d’augmenter les ressources financières de la Fédération, «est dangereux, est un grand péril pour le rugby français» alors que « les écoles de rugby et les petits clubs souffrent», estime Doucet.

Création d’une Pro D3 à 28 clubs

Conscient de n’avoir ni «la logistique de Camou », ni « les moyens de Laporte », Doucet veut toutefois croire en ses chances. « J’ai cassé ma tirelire et des copains et certains clubs ont mis quatre sous. Je vais me battre (...) l’opposition au Grand Stade se matérialise de plus en plus », veut croire Doucet, qui veut prendre un « troisième couloir » entre Camou, « l’homme en place » et Laporte, qui a « un comportement de vestiaire ».

Au-delà du dossier du Grand Stade, l’ancien secrétaire général de la FFR veut mettre l’accent sur la formation et le soutien au monde amateur, en levant un certain nombre de contraintes réglementaires pesant sur les petits clubs et en augmentant leurs ressources. Il a en outre pour projet une réorganisation profonde des compétitions.

En dessous du Top 14 et de la Pro D2, Doucet veut ainsi remplacer la Fédérale 1 par une promotion professionnelle de 28 clubs, cogérée par la FFR et la LNR. Cette promotion servirait « d’airbag » pour les clubs de Pro D2 qui font face à des difficultés lorsqu’ils sont relégués en Fédérale 1, qui relève de l’amateurisme. Elle permettrait en outre de faire la promotion du rugby dans le nord du pays, selon lui. Un championnat amateur de 120 clubs, composée de poules géographiques, serait lui aussi créé.

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UN SYSTEME DE VOTE QUI POURRAIT TOUT CHANGER

Le parallèle avec l’élection de Donald Trump aux États-Unis est tout trouvé... Car à la Fédération française de rugby également, ce n’est pas le plus grand nombre qui triomphe. Mais les « grands électeurs », comprenez les clubs ayant le plus de licenciés. Chaque structure possède un nombre défini de voix par rapport à son nombre d’adhérents. Ainsi, en Aveyron, Millau compte 12 voix, Rodez 11, Lévezou Ségala 10, quand Flagnac ou encore Viviez n’en auront que trois. Au final, tout cela pourrait bien sourire à Pierre Camou.

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Nombre de votes par clubs

Millau (12), Rodez (11), LSA (10), Decazeville (8), Saint-Affrique (8), Espalion (8), Villefranche (8), Sévérac (6), Laissac (4), Naucelle (4), Viviez (3), Capdenac (3), Flagnac (3), Camarès (2). 

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Mathieu Roualdés
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