Dominique Fayel : « 2016 va laisser des traces »

  • Dominique Fayel espère que, en 2017, « le sort cessera de s’acharner ».
    Dominique Fayel espère que, en 2017, « le sort cessera de s’acharner ». Centre Presse Aveyron
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Dominique Fayel, président de la FDSEA, revient sur les chiffres dévoilés par l’Insee.

Que vous inspire ce chiffre de 26 % de baisse des revenus moyens agricoles en 2016 avancé par l’Insee ?

C’est une prévision, qui reste à affiner, mais la baisse de la valeur de production est énorme. C’est une année horrible pour l’agriculture dans son ensemble. Il y a le problème climatique auquel il faut y ajouter les problèmes sanitaires avec la fièvre catarrhale dans certains endroits la grippe aviaire dans d’autres... Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes.

On note également que les secteurs laitier et bovins sont touchés de plein fouet...

Et ce sont les piliers de l’économie. Ce sont nos deux jambes si je peux m’exprimer ainsi. Elles vacillent. On espère toutefois une légère reprise sur le lait, mais encore une fois, les industriels et les distributeurs semblent freiner. Quant à la viande bovine, la crise est plus structurelle, et elle est amplifiée par la crise laitière. Beaucoup de vaches se sont retrouvées sur le marché avec l’arrêt des quotas.

La FNSEA évoque le nombre de 8 000 agriculteurs en difficulté qui pourraient cesser leur métier. Cela se vérifie-t-il en Aveyron ?

On voit cette tendance. Que ce soit du côté de la MSA ou de différentes structures administratives, cela se ressent. Des procédures sont en cours. En Aveyron, un certain nombre de producteurs laitiers seront sur la tangente si les prix ne se rétablissent pas. Certains agriculteurs arrêtent totalement et d’autres partiellement leur activité. Ils abandonnent une partie de leur activité et cherchent des petits boulots pour compléter leurs revenus. On observe différents comportements.

Nous sommes à la fin de l’année, c’est l’heure des bilans mais aussi des perspectives. Quid de 2017 ?

On est volontariste. On veut voir le verre à moitié plein. On se dit que le sort va cesser de s’acharner. Mais nous n’avons pas d’indicateurs spectaculaires pour le moment. Pour le lait, on sait que le premier semestre peut être bon, mais il n’y a pas de visibilité pour la suite. Pour la viande, on subit toujours l’effet domino de la situation européenne. Le marché turc restant fermé, il faut en trouver d’autres.

Ce sera dur d’oublier l’année 2016 ?

2016 a laissé des traces. Dans les trésoreries mais aussi sur le moral des agriculteurs, qui doivent aussi faire face à des nouvelles tendances sociétales. Ca les touche. Il faut maintenant retrouver de la sérénité, de la confiance et de la visibilité.

Une baisse de 26 % du revenu moyen Ce n’est qu’une estimation, certes, mais l’annonce par l’Insee d’une baisse prévisible de 26 % du revenu moyens des agriculteurs en 2016 souligne l’année difficile qu’ils viennent de traverser. La tendance est en tout cas là, même si les chiffres ont à manier avec précaution, un tiers des exploitations étant exclues de cette enquête (celles avec un chiffre d’affaires inférieur à 25 000 euros). Parmi les secteurs qui ont énormément souffert, on retrouve la production laitière. Avec un plongeon des revenus de 28, 4 %. Et l’autre forte chute concerne l’élevage bovin, avec une chute des revenus de 13,9 %. Plus globalement, l’Insee estime que la production agricole française devrait atteindre 69 milliards en 2016, soit une chute de 6, 9 %.

Philippe Routhe
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