Jean-Claude Luche

Jean-Claude Luche : «Je n’ai pas vu le temps passer»

  • Jean-Claude Luche redevient ce mardi matin simple conseiller départemental de Lot et Palanges.
    Jean-Claude Luche redevient ce mardi matin simple conseiller départemental de Lot et Palanges. José A.Torrès / José A.Torrès
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Le président vient de céder sa place à Jean-François Galliard. Pour Centre Presse il revient en cinq dates sur ses neuf années de mandat à la tête du Département.

Après neuf années passées à la tête du Conseil général puis du Conseil départemental, le président laisse sa place à Jean-François Galliard, élu le 24 janvier 2017. Pour Centre Presse, il  revient en cinq dates sur ses neuf années de mandat. 

LA PREMIÈRE ÉLECTION

« C’était le 20 mars 2008, et je me souviens d’une journée très difficile avec trois tours de scrutin. Le plus dur évidemment, c’était la primaire... Dès que l’élection est passée, je me suis attelé à rassembler. Les élus d’abord, les Aveyronnais ensuite. Il fallait montrer que j’avais la capacité de gérer le Département. C’était d’autant plus délicat qu’avec la crise, on était dans un contexte très difficile. Et puis il ne faut pas oublier que j’arrivais après Jean Puech qui avait marqué le conseil général. Mais j’ai essayé de rester moi-même, je n’ai pas tenté de faire pareil mais j’ai cultivé ma différence. Et puis j’ai beaucoup travaillé, je me suis beaucoup investi. »

LE DOSSIER DE LA RN88

« Dès que j’ai été élu, j’ai pris rendez-vous avec Jean-Louis Borloo, qui était alors ministre des Transports et de l’Environnement. Nous avons voulu montrer, avec les élus locaux ou les chambres consulaires, que nous étions rassemblés et avons envoyé un courrier cosigné. J’ai aussi fait savoir que le Département était prêt à apporter sa contribution : 49,5 M€ tout de même, entre la limite avec le Tarn et Rodez. C’était risqué pour moi. On me disait que c’était une route nationale, et que c’était à l’État de payer. J’ai assumé ce choix, je savais qu’on y arriverait. Oui ç’aurait pu être un piège, mais avec le recul je ne regrette pas. Si c’était à refaire, je le referai sans souci. Sinon, on attendrait encore. Je n’ai pas regardé combien ça coûtait, mais combien ça rapportait... »

LA RÉÉLECTION EN 2011

« Le contexte politique national est très difficile alors, et on annonce la bascule à gauche de nombreux départements. Les médias nationaux s’intéressaient à l’Aveyron, susceptible d’en faire partie. Moi je savais que je resterai. On est passé de 25 conseillers à 26. Pour moi, c’était un signe très fort. Il y a eu un avant et un après. De 2008 à 2011, il me fallait faire mes preuves. Là, les électeurs venaient de me donner le droit de continuer, me donner leur confiance. Mon action avait été reconnue, mon travail validé, et ça a été désormais plus simple pour moi. »

L’ÉLECTION AU POSTE DE SÉNATEUR

« C’était le 28 septembre 2014. Je sais d’où je viens, alors me retrouver sénateur... J’avais été très sollicité à un point que je n’avais pas imaginé par de nombreux élus, de droite comme de gauche. Des “Luchistes”... C’était ma bagarre contre le découpage cantonal, entre autres. Cette élection, c’est une étape importante pour moi, d’autant que je l’ai décrochée avec près de 65 % des suffrages au premier tour. J’ai toujours prôné l’intérêt général, j’y ai vu une récompense. »

LE PASSAGE

« Les derniers jours sont difficiles, c’est clair. Sous ma carapace d’élu, je suis un sensible. Mais bon, j’ai reçu tellement de messages de soutien, tellement d’hommages... Il me tarde que la journée soit terminée, et demain (aujourd’hui, NDLR) sera un peu particulier, forcément. J’aurai un gros pincement au cœur, mais c’est comme ça. Je vais reprendre ma place au sein de l’hémicycle, en tant que conseiller départemental du canton de Lot et Palanges, rester un élu de proximité. Mais dès que le vote sera terminé, je partirai sur Paris, pour changer d’air ! Est-ce que ça va être difficile de cohabiter avec le nouveau président ? Non, je veux rester à ma place, mais s’il a besoin de moi, je serai là. »

Pascal Laversenne
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