Pont-de-Salars

Les migrants ont quitté Pont-de-Salars

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Lundi, les derniers migrants qui avaient trouvé refuge au camping de l’Anse du lac, à Pont-de-Salars, ont quitté les lieux. Arrivés début novembre de Calais, vingt-cinq jeunes soudanais avaient élu domicile dans ces chalets gérés par la Ligue de l’enseignement. Certains d’entre eux ont rejoint l’Angleterre après examen des services administratifs britanniques, d’autres ont fait une demande d’asile en France. La poignée d’adolescents restant a été répartie dans des appartements entre Olemps et Saint-Affrique en attendant d’être pris en charge.

Fin janvier, les derniers migrants qui avaient trouvé refuge au camping de l’Anse du lac, à Pont-de-Salars, ont quitté les lieux. Arrivés début novembre de Calais, vingt-cinq jeunes Soudanais avaient élu domicile dans ces chalets gérés par la Ligue de l’enseignement.
Certains d’entre eux ont rejoint l’Angleterre après examen des services administratifs britanniques, d’autres ont fait une demande d’asile en France. La poignée d’adolescents restants a été répartie dans des appartements entre Olemps et Saint-Affrique en attendant d’être pris en charge.

« Tout s’est très bien passé, souffle Gérard Penel, secrétaire général de l’association. L’implication du personnel a été totale pour encadrer au mieux ces jeunes. »

Depuis plusieurs semaines donc, des associations sportives ou culturelles se sont succédé pour offrir à ces jeunes Soudanais « un espace de liberté où ils ont pu, le temps de ce séjour, oublier leur quotidien difficile ». Au plus proche des adolescents durant leur séjour, Philippe Estève se félicite du déroulement de ces quelques semaines. « Même si à leur arrivée nous avons pu relever des actes nauséabonds, et si quelques personnes se sont montrées méfiantes, déplore-t-il. En revanche, de nombreuses personnes et représentants d’associations se sont montrés prévenantes et ont tout de suite voulu nous aider.»

Pour les éducateurs, l’essentiel durant ce séjour a été d’offrir à ces jeunes « un moment de calme, un endroit où ils ont pu se ressourcer». Pour occuper leur temps libre, des cours de français et d’anglais leur ont été dispensés, des animations ont été organisées pour leur «offrir des temps éducatifs mais aussi ludiques».

En revanche, «certains ont été déçus de ne pas voir leur demande d’asile immédiatement acceptée. Ils avaient l’impression de vivre une injustice, confie Philippe Estève. Nous avons eu, parfois, des situations difficiles à gérer. Mais dans l’ensemble tout s’est bien passé.»

Les éducateurs qui ont assuré la gestion de ce séjour ont également beaucoup appris. « Cette expérience a été enrichissante pour tous, assure-t-il. Nous avons tous appris les uns des autres.»

« En ce moment, tout le monde fait des heures supplémentaires», plaisante Michel Fages, le président de l’association decazevilloise Accès Insertion Logement, qui s‘occupe de l’accueil et de l’accompagnement des migrants dans le Bassin. Tout cela pour dire que le travail ne manque pas. L’association a d’ailleurs embauché une sixième personne pour assurer l’accompagnement au quotidien des migrants. Pas de trop quand on sait qu’Accès gère également les douze places du foyer d’hébergement d’urgence, l’aire d’accueil des gens du voyage et le «bail glissant», un accompagnement social pour les personnes ou familles en difficultés qui parviennent à quitter le foyer logement et à trouver un autre moyen d’hébergement.

Depuis l’instauration du dispositif humanitaire national, début novembre, vingt jeunes hommes, de 20 à 35 ans, d’origine africaine, ont été reçus dans le bassin de Decazeville. Une majorité de Soudanais, quelques Somaliens et Ethiopiens. Dix-sept d’entre eux séjournent toujours dans l’ancien bassin minier. A Decazeville, Cransac et Firmi. Dans des appartements et des logements HLM. Trois migrants africains seulement sont repartis. L’un en Allemagne, l’autre dans la Région parisienne et le troisième on ne sait trop où ? Deux migrants russes ont également atterri à Decazeville. Mais ils n’ont fait pratiquement que passer...

«On est là pour les aider à établir une situation. Pour l’instant c’est comme s’ils n’existaient pas. Quand tu es migrant, c’est comme si tu n’existais pas ! Nous sommes là pour les aider à avoir une identité, dans l’attente d’une demande de statut de réfugié», commente Michel Fages, un ancien sidérurgiste, qui connaît la portée du mot solidarité.

Chaque migrant perçoit 5 euros par jour et par personne pour faire face à ses besoins : nourriture, hygiène... Auxilliaire socio-éducative, Mylène aide les migrants à faire leurs courses, afin qu’ils «gèrent leur budget au plus près.» «Ils

sont dix-sept, répartis en trois lieux différents. Ce n’est pas évident. Je suis toujours en mouvement», souligne la jeune femme.

«Le problème de la langue est important. La plupart parlent arabe mais ce sont des dialectes différents. Quelques-uns parlent un peu l’anglais. Nous leurs proposons quelques activités mais c’est assez compliqué à mettre en place», ajoute le président d’Accès, l’association se heurtant également à des problèmes de moyens. Les migrants, qui se déplacent en vélo ou en bus (avec le Tub), fréquentent assidument les cours proposés dans les différents lieux d’alphabétisation du Bassin. Ils apprennent aussi à cuisiner. Et Michel Fages d’insister sur la parfaite intégration des migrants africains, dans cet ancien bassin minier, où se sont croisés des travailleurs du monde entier. Histoire de faire taire les mauvais esprits chagrins, qui s’étaient empressé de répandre quelques idées malsaines. «ça se passe même mieux que prévu. Pour l’instant, il n’y a pas eu un seul problème.»

Centre Presse / Philippe Henry
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