Rodez : comment l’orgue de la chapelle Saint-Joseph a échappé aux nazis

  • L’orgue Cavaillé-Coll trône dans la nouvelle salle de spectacles de la chapelle Saint-Joseph, récemment inaugurée.
    L’orgue Cavaillé-Coll trône dans la nouvelle salle de spectacles de la chapelle Saint-Joseph, récemment inaugurée.
Publié le , mis à jour

C’est une histoire méconnue à Rodez. Pour en prendre connaissance, il faut s’arrêter à la chapelle Saint-Joseph, dans la rue Sarrus. Cette halte mérite le détour à plus d’un titre, car la chapelle, désormais transformée en salle de spectacles, abrite un orgue rare et à l’histoire insolite. Fabriqué entre 1912 et 1913, l’orgue a failli être fondu par les nazis, avant d’atterrir rue Sarrus, au sein de cette chapelle, aujourd’hui dédiée aux arts. « C’est un orgue unique car c’est l’un des derniers chefs-d’œuvre de Gabriel Cavaillé-Coll. La marque est très célèbre et était très appréciée à l’époque », explique Jean-Michel Cosson, qui connaît bien l’existence de cet orgue pour avoir été scolarisé dans cet établissement.

À l’origine, c’est un riche musicien, en villégiature à Nice qui en a fait la commande pour son plaisir. Or, devant le devis qui a dépassé de 20 000 francs-or, le musicien a refusé de signer. Durant la première Guerre mondiale, l’orgue est resté en plan. Proposé à diverses églises et établissements religieux, l’orgue n’a pas trouvé preneur à cause de son prix très élevé. Pourtant, sa manufacture et son mécanisme électro-pneumatique « le plus parfait », explique la littérature spécialisée, en fait un instrument exceptionnel. À la sortie de la Guerre, c’est finalement le Casino de Nice qui a accepté de l’acquérir... pour sonoriser les films muets à l’époque. « Le cinéma est devenu sonore par la suite et l’orgue a été mis dans un coin. Son entretien et le coût des organistes étaient importants, dissuadant beaucoup de monde », confie Pierre-Marie Puech, directeur de l’ensemble scolaire.

Du coup, le directeur de la « Société Fermière des Casinos de Nice » a décidé de le vendre en 1937. Deux ans après, en 1939, la Seconde Guerre éclate. Le Hall du Casino de Nice devient alors un immense garde-meuble quand il a fallu évacuer toute la promenade des Anglais. Durant toute cette période, l’orgue est resté caché, protégé par les meubles. Une chance pour cet instrument alors que les nazis et les Italiens cherchaient de l’étain et du bronze pour fabriquer les armes qui ont fait tant de morts.

De 1939 à 1946, l’orgue a gardé le silence pour échapper aux Allemands. À la fin de la guerre, les Niçois ont repris leurs meubles, dévoilant ainsi l’orgue poussiéreux. La vente de l’orgue est redevenue officielle le 1er mai 1946. « C’est à ce moment-là que les prêtres de Saint-Joseph ont appris la nouvelle et ont décidé d’en faire l’acquisition », explique Pierre-Marie Puech qui aurait aimé le remettre en marche, avant son départ à la retraite.

Le 9 août 1946, l’orgue Cavaillé-Coll de 42 jeux arrive à Rodez. Il a fallu de longs mois de montage et plusieurs organistes pour remettre le magnifique instrument sur pied. En octobre, de cette même année, l’orgue fut présenté au public. « Ce qui est extraordinaire, c’est que cet instrument donne l’impression d’avoir été conçu pour cet emplacement dans la chapelle », souligne Jean-Michel Cosson. S’il fallait aujourd’hui refaire chanter cet instrument rare, il faudrait compter 300 000 €. Une somme trop importante pour le seul établissement Saint-Joseph.

Centre Presse / Salima Ouirni
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