Daniel Grandin : « Les quilles le montrent, le temps est à la solidarité »

  • Daniel Grandin est le président de la FFBSQ depuis 2008 (trois mandats).  Jean-Louis Bories
    Daniel Grandin est le président de la FFBSQ depuis 2008 (trois mandats).  Jean-Louis Bories
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Venir en Aveyron est-il un signe fort que vous envoyez aux quilles de huit, qui sont le deuxième sport (voir en chiffres) de la FFBSQ ?

Cela donne aussi un élan à la discipline. Les élus sont présents, comme la presse, c’est important. Puis, je suis très fidèle aux traditions et à celle qui veut que tous les 7 ans, les quilles de huit organisent cette AG. On voudrait parfois nous réduire au seul bowling. Mais qui a créé cette fédération ? Les quilles de neuf ! Le bowling n’est arrivé qu’en 1995.

Quel est le principal enjeu, sujet de cette AG ?

Le développement, la communication et les axes stratégiques de la Fédération sur l’olympiade 2016-2020. Aujourd’hui, le bowling et les quilles ont une réelle dimension de sports de loisir. C’est un créneau formidable mais il faut le travailler. Nous ne sommes plus uniquement dans la compétition. Et comme le montrent les quilles, le temps est à la solidarité, à la convivialité, à des clubs lieux de vie. Enfin, l’autre aspect à développer, ce sont les réseaux sociaux. Nous devons donner un aspect « jeune » à notre communication.

Les quilles de huit sont aujourd’hui très implantées en Aveyron (2e sport du département derrière le foot) et également en région parisienne. Mais comment développer au-delà de ces régions ? Grâce à ces réseaux sociaux ?

Par rapport au bowling, qui s’étend sur tout le territoire national, il est vrai que les quilles de huit sont davantage limitées à ces deux secteurs. Mais il y a un essaimage. Il faut donc donner les moyens de progresser encore, notamment avec la communication sur les réseaux sociaux, oui. L’environnement bouge, nous devons bouger avec lui. C’est dur car nous ne sommes pas tous nés avec un Iphone dans les mains (rire).

Mais chaque président des quilles a apporté sa pierre à l’édifice. Henri Recoules était un visionnaire, comme Jacques Regourd. Même s’il n’a effectué qu’un seul mandat, Laurent Burguière a amorcé ce virage de la communication. Et aujourd’hui, Jérôme (Sola) le « booste ». Il a très bien compris que pour toucher les jeunes, il n’y a pas d’autres moyens.

En 6 ou 7 mois, il a totalement informatisé la discipline et a assumé la formation des dirigeants. C’est important de s’appuyer sur des gens comme ça.

Vous ne croyez donc pas en un plafond de verre des quilles de huit, qui pourraient difficilement s’exporter ?

Je ne pense pas car, je le répète, les quilles essaiment dans plusieurs territoires. Il y a de la publicité, des communes qui aident grâce à l’association intercommunale. Les élus l’ont compris. Et puis, derrière tout ça, il y a la rigueur et la solidarité des quilles. Ça, c’est incroyable. On l’a vu récemment avec la perte d’un procès face à un employé du comité national de bowling. Tout de suite, les quilles de huit ont été les premières à se montrer solidaires.

Estimez-vous que l’argent devra faire un jour son apparition dans les quilles de huit, comme c’est le cas au bowling par exemple, afin de les rendre encore plus attractives ?

C’est un avis personnel mais l’argent n’est pas une fin en soi dans le sport. Et surtout, ce n’est pas l’état d’esprit des quilles.

On vient pour se mesurer, pour gagner mais pas pour l’argent. Je crois que les quilles ne seront jamais touchées. C’est d’abord la convivialité.

Le bowling n’a semble-t-il jamais été aussi populaire. Est-ce que cela se traduit sportivement ?

Aujourd’hui, les gens n’ont plus envie d’être « encartés ». On doit s’adapter, avec nos compétitions, nos licences, à cette pratique loisir. Cinq millions de personnes viennent dans un bowling chaque année. Sauf que ce sont des structures privées. Donc l’exploitant ne vit pas pour le sport mais pour remplir ses pistes. Mais il y a un réel vivier. À nous de le développer comme a su le faire le squash, par exemple, confronté à la même problématique.

Une présence aux JO serait-elle le meilleur levier possible ?

Pour les quilles, ce sera difficile. Mais le bowling était sport de démonstration aux Jeux de Barcelone, en 1992. Malheureusement, cela n’a pas été suivi par notre fédération internationale. Mais aujourd’hui, un lobbying est fait pour être à nouveau aux JO de Tokyo, en 2020. Ce n’est pas perdu. Et j’espère que si Paris obtient l’organisation 2024, nous y serons.

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