Onet-le-Château : à mi-mandat, le maire Jean-Philippe Keroslian dresse un premier bilan

  • Jean-Philippe Keroslian est maire d’Onet-le-Château depuis 2014.
    Jean-Philippe Keroslian est maire d’Onet-le-Château depuis 2014.
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Élu en mars 2014 pour la première fois, Jean-Philippe Keroslian, maire d’Onet-le-Château a pris la succession de Fabrice Geniez. Point à mi-mandat sur les réalisations et les perspectives. Interview.

Vous êtes à mi-mandat de votre engagement à la tête de la mairie d’Onet-le-Château. Qu’est ce que vous en retenez ?

Nous avons fait un travail intéressant pour les Castonétois. Nous arrivons à travailler avec des collectivités comme l’Agglo et non plus en solo comme le faisait mon prédécesseur. Nous avons un personnel qui s’implique et je suis vraiment fier de mon équipe municipale. Ensemble avec les salariés de la mairie, nous avons fait des efforts. Nous avons réussi à devenir un partenaire de l’Agglo, du département et de l’État. Nous sommes redevenus crédibles.

Comment vous sentez-vous par rapport au début du mandat ?

Je me sens serein. Quand vous avez des projets importants, vous doutez, vous ne savez pas si vous allez y arriver financièrement et techniquement. Aujourd’hui, les barrières qui pouvaient me bloquer sont toutes levées pour l’avenir.

Le 20 mars, le conseil municipal a validé un budget de 18 M€. Un budget en augmentation. Comment l’expliquez-vous ?

Entre 2014 et 2020, la Ville a perdu 6,5 M€ de dotation (5,1 M€ de perte de recettes et 1,4 M€ de charges nouvelles). 6,5  M€, c’est plus d’une année d’investissement en six ans. C’est particulièrement significatif. Et je ne compte pas là-dedans, les augmentations que l’État nous a imposées en matière de cotisations et de charges sociales. Cela nous a contraints à une rigueur budgétaire et cela nous a obligés à travailler intelligemment avec des partenaires comme l’Agglo, Rodez ou encore le Département.

Qu’est ce qui fait l’attractivité d’une ville comme Onet ?

L’emploi, l’économie, l’associatif et l’urbanisme. Je m’explique. On s’implique au quotidien pour les Castonétois. Par exemple sur les produits phytosanitaires, on approche l’utilisation zéro. Nous avons aussi acheté un véhicule qui fonctionne à l’électrique et qui fonctionnera bientôt à l’hydrogène. Nous sommes dans la rénovation énergétiques des bâtiments et nous rénovons l’éclairage public. Nous avons créé un parc paysager aux Costes-Rouges. Ce sont les salariés qui ont conçu ce parc, en régie directe pour une meilleure gestion budgétaire.

De même, nous avons supprimé la taxe sur les enseignes qui nous coûtait cher en recouvrement. Concernant l’emploi, nous avons bâti un plan pour embaucher six personnes en contrat avenir. Cette année, nous en avons embauché cinq. Des entreprises sur la commune se sont engagées à les prendre. Onet, c’est aussi une ville solidaire. Comme, nous nous sommes engagés, nous versons une prime post-bac de 300 € par an aux étudiants qui louent un studio, à une distance raisonnable de Rodez. Solidarité aussi avec des adultes relais, un pour les seniors et un autre pour la parentalité. Avec Bulle d’air, un espace dédié aux parents et à leurs enfants, la Ville offre un lieu où la seule condition pour y accéder et d’être ensemble. En un mois, nous avons déjà reçu 100 enfants. Nous travaillons aussi pour les seniors à travers des ateliers de mémoire avec des tablettes.

C’est une ville attractive mais on vous fait des reproches sur votre une politique dite « sécuritaire »...

Nous avons augmenté l’effectif de la police municipale qui est très présente autour des bâtiments scolaires, dans les rues et les commerces... C’est de la vraie police de proximité.

À l’origine, la police municipale devait être armée ?

Elle l’est. Il y a pour l’instant un effectif de six policiers municipaux et deux adjoints de sécurité sur la voie publique. Quatre sur les six policiers municipaux sont armés.

Vous êtes revenus au bulletin municipal en lieu et place du journal de communication. Pourquoi ?

Quand on est arrivé, mon prédécesseur avait mis en place un journal de propagande qui coûtait 100 000 € à la commune (distribué tous les 15 jours par un organe privé) et où l’opposition n’avait pas droit de citer. Modeste, on est revenu à un simple bulletin municipal et où l’opposition a le même niveau d’expression. C’est ça la démocratie. Il y a des gens qui en parlent et qui ne le font pas. Nous, on ne l’a pas dit, mais on le fait. On est aussi très présent sur Facebook et Twitter.

La Baleine est un sujet permanent pour Onet, notamment quant à sa programmation et à son déficit ?

Le déficit de la Baleine était abyssal quand nous sommes arrivés. Les mesures que nous avons prises ont permis de le réduire de 40 %. C’est spectaculaire. Et puisqu’il y a des mauvais esprits qui ont dit que nous avions réduit de manière éhontée la programmation, on a fait faire une étude.

De fait, si on reste sur le spectacle vivant, on s’aperçoit qu’ils ont été diminués de 4 %, pour une diminution de déficit de 40 % par rapport à 2013. Je vous laisse juger.

Les critiques ne portent pas seulement sur la suppression des spectacles projetés mais sur le fait que la programmation comprend des festivals comme Rire au nez ou celui du festival de théâtre amateur, qui n’étaient pas compris dans ce programme, avant votre arrivée ?

On fait comme faisaient nos prédécesseurs. Il y a la saison de la Baleine et une séquence dédiée à ces festivals qui passaient déjà dans ce lieu quand nous sommes arrivés.

Est-ce que la Baleine continuera à avoir une programmation autonome ?

Tant qu’on arrive à maîtriser aussi bien les charges que les recettes, oui. L’an dernier, sur les six mois en 2016, on a fait salle comble à tous les spectacles. Cela ne veut pas dire que ce sera toujours comme ça. Peut-être qu’on aura des trous, mais pour l’instant cela signifie que notre programmation plaît. Et nous sommes proactifs dans la vente des spectacles. Nous n’attendons pas que les gens viennent. On va les chercher.

Où en est-on de la scène conventionnée ?

Dans les discussions, nous sommes associés de manière marginale. Ce n’est pas satisfaisant. Aujourd’hui, que ce soit Rodez ou nous, nous n’avons plus de nouvelles de ce dossier. Disons que ça avance de manière très lente. Nous sommes bien sûr intéressés et en attente du dossier.

Quelle est la démarche philosophique pour la rénovation des Quatre-Saisons ?

Pour ce dossier qui s’inscrit dans le contrat de ville, on n’est pas tout seul. On a des partenaires et il faut travailler avec eux. Il faut les convaincre de travailler avec nous, avec nos idées. On a travaillé avec des architectes et des urbanistes qui se sont imprégnés du biotope. On n’avait pas de dogme. On a là un site important à restructurer. Les urbanistes sont partis d’un certain nombre de constats et on s’est rejoint sur un certain nombre de conclusions. En particulier, le fait que les habitants avaient besoin d’espace. Au départ, nous avions pensé conserver la grande salle des fêtes qui a 45 ans et la remettre à niveau. Les architectes nous ont dissuadés, que ce soit pour des raisons techniques ou financières. À partir de là, nous avions le choix de la détruire et de reconstruire, ce qui suppose que pendant 4 ans, les Castonétois n’auront pas de salle.

Ce qui est impossible au vu de l’activité des associations. On a donc travaillé sur d’autres solutions. Les architectes nous ont proposé plusieurs scénarios qui répondaient à une logique d’aménagement du territoire. À partir de là, on s’est mis d’accord avec nos partenaires sur la nature des équipements qui allaient se substituer à la salle des fêtes. On a donc fait le choix d’une structure bicéphale. Une pour la salle des fêtes, une autre pour les activités de combats, à côté d’un espace pour la pétanque. On a donc décidé de construire cet ensemble, sur une partie du stade. Ce qui nous permet de libérer un grand espace vert au cœur des Quatre-Saisons, soit 1,5 hA et deux fois le parc de l’avenue Victor-Hugo, à Rodez.

Pour autant, le déplacement du stade Georges-Vignes ne fait pas l’unanimité ?

Il faut savoir que nous ne pouvions pas avoir des cofinancements, et notamment le contrat de ville, si l’on ne convainquait pas nos partenaires. Toutes les études ont conclu au déplacement du stade. Ce n’est pas la lubie ou la seule volonté du maire. De plus, l’équipement est à bout de souffle. Il faudrait 1,5 M€ pour le remettre à niveau. Dès qu’on aura les autorisations, on construira un nouveau stade au lycée La Roque. Il reste des terrains à acheter qui appartiennent à une banque. Le terrain synthétique sera complètement refait.

Quelles sont les perspectives aujourd’hui pour la ville d’Onet ?

Nous avons l’école de la Deuxième Chance qui ouvrira à la rentrée prochaine. Nous avons réussi à trouver une solution pour loger cette école aux Quatre-Saisons et diviser le budget par deux. Nous allons bientôt construire la maison pluridisciplinaire de santé qui sera ouverte dans un an. Nous allons aussi créer une Maison des associations et un City Stade.

Vous avez énormément critiqué l’ancienne majorité sur la friche Balard. Avez-vous avancé sur ce dossier ?

La mairie s’en occupe, mais nous ne souhaitons pas en parler pour l’instant. Mais soyez sûrs qu’on y travaille. C’est un dossier un peu compliqué.

Pensez-vous vous représenter pour un deuxième mandat ?

Je suis quelqu’un de parole. La première fois que j’ai pris la parole en public, en 2013, j’avais dit que si j’étais élu, je ferai un deuxième mandat pour aller au bout de la démarche. Mais en tout état de cause, je ne ferai que deux mandats. La vie est courte. J’aspire à faire autre chose. Je n’ai pas changé ma position, depuis.

Centre Presse / Salima Ouirni
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