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Puy-de-Dôme : disparition du petit Antoine: neuf ans après, la mère mise en examen

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    Puy-de-Dôme : disparition du petit Antoine: neuf ans après, la mère mise en examen
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La mère d’Antoine et son ex-compagnon, qui ont toujours parlé d’enlèvement, ont été mis en examen pour homicide involontaire.

Neuf ans après, l’énigme de la disparition du petit Antoine à Issoire (Puy-de-Dôme) en passe d’être résolue ? Sa mère et son ex-compagnon, qui ont toujours parlé d’enlèvement, ont été mis en examen pour homicide involontaire. Mardi, Alexandrine Brugerolle de Fraissinette, 32 ans, a été entendue quatre heures par les deux juges d’instruction en charge de l’affaire qui l’ont interrogée, pour la huitième fois, sur divers points du dossier, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. Entendu à son tour, son ex-compagnon Sébastien Ribière, 37 ans, a gardé le silence.

Tous deux ont été mis en examen pour homicide involontaire, recel de cadavre, modification de l’état des lieux d’un crime et dénonciation mensongère ayant entraîné de vaines recherches. La mère a été laissée libre sous contrôle judiciaire tandis que son ex-compagnon, actuellement incarcéré pour un trafic de cocaïne en récidive, a rejoint sa cellule. Cette mise en examen intervient deux mois après qu’un ancien codétenu de Sébastien Ribière a écrit à l’administration pénitentiaire.

Confidences

Il relatait de prétendues confidences faites en 2015 par Ribière sur la disparition du garçonnet, lorsque tous deux étaient incarcérés à Avignon-Le Pontet (Vaucluse).

Selon lui, Antoine aurait ingurgité par accident de l’héroïne qui traînait sur une table basse et serait mort d’une overdose. Son corps aurait ensuite été enterré dans les environs de la ville. «Ce sont ces confidences qu’il a maintenues dans toute leur étendue devant le magistrat instructeur qui semblent crédibles et (...) qui ont permis de considérer qu’il y avait des éléments nouveaux permettant de faire pencher la balance en faveur de la piste de la mort accidentelle», a déclaré le procureur de la République Eric Maillaud.

«Les confidences sont suffisamment étayées, totalement inédites et comportent des précisions qui, selon les enquêteurs, ne sont jamais sorties dans la presse et qui permettraient d’accréditer la véracité des propos qu’il rapporte», a-t-il ajouté, précisant néanmoins que de nouvelles «vérifications sur la crédibilité» et les «motivations» du codétenu seraient faites. «Il faut éviter les conclusions hâtives. C’est un témoignage indirect, une petite pierre qui s’ajoute à l’instruction», a-t-il souligné avec prudence.

Dans cette affaire, la mère a toujours affirmé que son fils avait disparu de l’appartement familial alors qu’elle et son compagnon étaient au restaurant, le 11 septembre 2008. «Je continue à penser que quelqu’un est entré chez moi en mon absence et est parti avec mon fils», déclarait-elle encore au quotidien La Montagne en octobre 2013.

«Opportuniste»

En 2008, Alexandrine Brugerolle de Fraissinette et Sébastien Ribière, couple à la vie chaotique, entre drogue et errance, avaient été placés en garde à vue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte alors pour «enlèvement et séquestration». La disparition de sacs poubelles de 100 litres achetés par la mère d’

Antoine intriguait les enquêteurs mais il n’y avait pas eu de mise en examen. Autre rebondissement, le couple avait comparu en 2016 pour l’homicide d’une amie dealeuse qui les avait hébergés à Marseille. La cour d’assises des Bouches-du-Rhône les avait acquittés. Selon le codétenu, Sébastien Ribière lui aurait aussi dit qu’il était le meurtrier. «Ce sont les propos d’un opportuniste qui vient raconter une conversation qu’il aurait eue il y a deux ans et qui n’a jamais existé. C’est un moyen d’obtenir un aménagement de peine dans un bref délai dans des conditions avantageuses. La justice n’aurait pas dû prêter attention à un tel témoignage», a dénoncé jeudi l’avocat de Sébastien Ribière, Me Jean-François Canis.

Le codétenu âgé de 27 ans, «un délinquant» ayant «un casier judiciaire important», est actuellement incarcéré à Nîmes pour des violences conjugales. «C’est un témoin assez providentiel pour les services d’enquête parce qu’il permet de sortir par le haut dans un dossier où tous s’étaient englués», a ironisé Me Anne-Laure Lebert, qui défend la mère d’Antoine.

Centre Presse / AFP
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