Pierre-Olivier Murat : « Il ne faut pas avoir peur »

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    Pierre-Olivier Murat : « Il ne faut pas avoir peur »
Publié le , mis à jour

Quelle est la première chose à laquelle vous pensez avec cette accession au National 1 ?

Très honnêtement, on ne s’y attendait pas. Surtout, ça prouve qu’on ne s’est pas trompé de chemin avec le projet du club depuis cinq ou six ans, en choisissant de structurer plutôt que de tout mettre dans la masse salariale. On monte avec des armes et déjà organisé en dehors du terrain.

Regrettez-vous qu’il n’y ait pas eu de d’épopée en Coupe ?

Non, et je l’avais dit dès l’élimination. Après Istres (1-0), je n’ai même pas crié, j’étais neutre. Les joueurs étaient étonnés, ils pensaient prendre une douille (sic). Ce jour-là, ça a été beaucoup de points dans la montée. On l’a vu avec Fréjus (arrivé en quarts, NDLR). Mais il faut être honnête, on a joué avec 14-15 joueurs, quasiment sans blessure, sans carton rouge. C’est la saison parfaite, avec de la réussite, un peu de chance parce que, parfois, un joueur se pète la cheville en promenant son chien, comme Gourcuff (rires).

Cela fait dix ans que vous êtes à la tête du Raf. Mais cette saison qui s’achève est-elle définitivement votre plus belle ?

Oui parce que c’est l’aboutissement d’une stratégie. On a eu des problèmes. On s’est dit qu’on allait structurer, avec de vrais pros, au management, au commerce, aux finances, à l’administratif, au sportif. Bien sûr, on a été énormément critiqué puisque les résultats sportifs n’ont pas été géniaux, surtout la saison dernière. Mais je m’en foutais, on savait où on allait, que c’était la vérité à long terme. Même avec la descente, la saison dernière, cela n’aurait pas été la « cata ». Nous allons garder ce fonctionnement. Par exemple, en conservant notre journée de détection. Regardez aussi la formation. Combien de clubs ont aujourd’hui autant de joueurs formés au club et jouant dans l’équipe première ?

Il y a donc eu la relégation la saison passée. On vous a senti touché personnellement au point qu’on vous a prêté l’intention de lâcher...

Ce n’était pas le cas. Les gens qui me connaissent savent que je prends plus de plaisir quand c’est dur que quand c’est simple. Je n’y ai jamais pensé la saison dernière. Mais avant cette campagne, ce que je voyais sur le terrain de cette poule sud-est, je commençais à en avoir marre. Ce n’est pas l’image que j’ai du foot et du jeu. Peyrelade m’a réconcilié avec ça.

Même le Laurent Peyrelade de l’an dernier ?

Bien sûr. Il y a eu beaucoup de choses de dites, d’écrites dans la presse. Dans mon comité directeur, parfois, ils me prennent pour un fou mais moi, je voulais qu’il reste. Parce qu’il avait des convictions. Il avait 2-3 réglages à faire mais on le voit cette saison, certes avec un effectif plus mature, il a une grosse compétence.

Vous avez voulu vous en séparer ?

Pas moi non. Bien sûr, quand vous prenez un entraîneur jeune, que vous descendez et qu’on est à Rodez, dans une ville de foot, le fusil sort facilement. Mais je n’avais pas de doute.

Outre les résultats, il y a aussi le recrutement qui, cet été, s’est avéré exceptionnel. On le doit à Laurent Peyrelade mais aussi à Gregory Ursule, le manager général.

Est-ce que la priorité c’est de conserver cet attelage ?

C’est évident. Dans ma tête, c’est calé. Bien sûr, si Laurent a une proposition en L1 et qu’on propose le PSG à Greg, on ne va pas leur mettre une chaîne (rires).

Que doit viser le Raf en National 1 ?

Sans s’enflammer, mais sans être prétentieux non plus, il ne faut pas se dire qu’on joue le maintien, et se caler tout de suite dans les huit (premiers). Beaucoup de clubs sont montés cette année et sont en course pour l’accession en L2 (Quevilly, Concarneau, Lyon-Duchère, NDLR). Il ne faut pas avoir peur, il faut y aller ! On a eu cette maturité toute cette saison que les Ras, Da Silva ont amené à nos jeunes. Avec des joueurs comme ça, plus quelques renforts, on ne va pas jouer la dernière place ! Je n’ai pas envie que les spectateurs s’endorment à Paul-Lignon. Donc je veux voir la même générosité.

Est-ce que le fait de ne pas évoquer la Ligue 2 est une manière de ne pas refaire l’erreur de la dernière aventure en National (2007-2011), lors de laquelle vous aviez traîné le boulet du « projet L2 » ?

(Il hésite) On avait la carrosserie, mais pas le moteur, voilà. Aujourd’hui, le club, qu’il soit en CFA ou National, est hyper structuré. Notre organisation, avec 27 salariés, ce n’est pas le club du coin. Il faut que les gens le comprennent, médias, collectivités, supporters. Aujourd’hui, le Raf est une entreprise. Dans l’organisation, on a plusieurs temps d’avance sur la dernière montée.

Ce retour en National implique-t-il des changements d’organigramme : directeur sportif, entraîneur adjoint, etc. ?

Il n’y a pas grand-chose à amener. L’entraîneur adjoint, je ne suis pas pour. Il y a quelques jours, on a renforcé notre secteur commerce-marketing-communication avec l’arrivée de Guillaume Laurens, ce qui va libérer Greg (Ursule) de cette charge. Et ce temps-là, il l’aura pour être encore plus proche du coach. On ne va pas empiler pour empiler. La compétence, on l’a.

Vous avez évoqué précédemment le public. Espérez-vous un réel impact sur les spectateurs avec cette montée ?

Il y est déjà ! On doit être dans le top 5 du CFA. C’est juste un mouvement général, il y a moins de monde dans les stades. Le vendredi, je regarde souvent la L2. Eh bien je préfère voir mon stade Paul-Lignon ! J’espère qu’on aura plus de monde encore la saison prochaine. Mais les gens doivent prendre conscience qu’ils peuvent faire basculer des matches. On l’a vu contre Fréjus (4-0). Ça transcende les joueurs.

Les affluences, les résultats, l’image. Avez-vous le sentiment que le Raf a fait oublier les problèmes des années passées, l’opacité, le manque de communication, etc. ?

Depuis que je suis là, il n’y a pas beaucoup d’opacité. Mais dans l’image auprès des sponsors et des collectivités, cela fait 3-4 ans que notre image est positive.

Mais auprès du grand public ?

Ca prend un peu plus de temps car il y a une chose qu’on ne maîtrise pas : comment sont relayées certaines choses, et par exemple la confiance de nos partenaires.

Là, on n’a pas de faille. On n’a jamais tiré la sonnette d’alarme auprès des collectivités en disant « attention, on a fait un petit dérapage, il nous faut des sous ». Nos comptes, ils les ont et voient que c’est sérieux.

En parlant de dérapage financier, le Raf a eu très chaud, en 2012. Un personnage a été décisif, c’est Zinedine Zidane. La rumeur veut qu’il aurait sauvé le club ?

Il y a fortement contribué. Ne serait-ce que par les animations auxquelles il a participé avec tous ses amis, France 98, ZZ Raf party.

A-t-il injecté ou prêté de l’argent ?

Je ne souhaite pas répondre.

Aujourd’hui, il est toujours actionnaire ? La montée peut-elle impliquer quelque chose ? 

Oui il l’est toujours et s’intéresse. Il connaît le classement, regarde toujours. On a des relations via quelqu’un qui le représente, puis des textos à Greg (Ursule). Il suit de près. Ce n’est pas une question sportive, c’est le projet humain qu’il a apprécié. Celui qu’on lui a montré et qu’on a démontré. Il a eu raison de nous donner un petit, plutôt un gros coup de main.

Le Raf ne fera donc pas de folie, même avec un budget qui augmente pour passer selon vos prévisions de 1,2 à 1,7 ou 1,8 M€ ?

Tout à fait. J’ai vu le coach, il a son enveloppe. Il n’y aura pas un centime en plus. Mécaniquement, la masse salariale augmente de 30 %. Mais si on monte à 2,5 M€ avec des gens qui nous aident encore plus... Je pense que les collectivités vont comprendre le sérieux et aussi l’image que ça donne de la ville et du département. Tous les week-ends, ce sera télévisé..

Ca ressemble à un appel du pied aux collectivités ?

Non. Je sais que c’est très compliqué pour elles. Leurs budgets sont très serrés. Mais si elles veulent nous aider davantage, c’est parfait. Et on fera encore plus.

Quels seront les grands axes du recrutement ?

À certains postes, c’est arrêté, nous allons recruter. Depuis janvier, on regarde. Aujourd’hui, on devrait recruter 5-6 joueurs. Mais ça dépendra aussi des entretiens avec les éléments actuels.

Des départs sont-ils actés ?

Aucun départ n’est acté mais conserver intégralement le groupe, ça n’existe pas. En tous les cas, je ne l’ai jamais fait. Mais comme on a fait CFA2-National, on ne sait jamais... Ce qui est sûr c’est que, dans un championnat où 7 buts sur 10 sont marqués sur coups de pied arrêtés, il faudra des renforts très athlétiques.

Vous êtes un sanguin. Cela a parfois amené à des situations tendues lorsque vous vous asseyez sur le banc de touche...

J’y suis à tous les matches à domicile. Je n’ai pas pris une seule suspension donc les fils ne se sont pas encore touchés (rires).

En National, vous y serez toujours, à la manière d’un Loulou Nicollin ?

Vous savez, ça me prend énormément de temps, d’énergie, de stress, un peu de sous quand même, alors si vous permettez ce petit moment de plaisir... Et ça me permet de voir des choses qu’on ne voit pas de la tribune. Des joueurs qui trichent, par exemple. Cette année, je n’en ai pas vu.

Centre Presse / Maxime Raynaud
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