Macron ou Le Pen ? La France élit son nouveau président

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    Macron ou Le Pen ? La France élit son nouveau président
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Emmanuel Macron ou Marine Le Pen ? Au terme d’une campagne inédite et électrique, les Français choisissent dimanche le huitième président de la Ve République, entre un novice en politique à l’ascension inattendue et une candidate d’extrême droite. À la mi-journée, la participation atteignait 28,23%, quasi-stable par rapport au premier tour, mais en légère baisse par rapport au second tour de 2012.

La participation est un des enjeux de cette élection, nichée au cœur d’un week-end de trois jours et dont sont absents les deux grands partis traditionnels, de gauche et de droite, éliminés au premier tour. Les départements qui avaient le plus voté à la mi-journée sont le Gers (37,56%) et la Haute-Marne (35,93%). La participation était la plus faible en Seine-Saint-Denis (19,54%) et dans le Val-de-Marne(19,84%). À Paris, elle s’élevait à 21,79%.

Les 66.546 bureaux de vote fermeront à 19H00, voire 20H00 dans les grandes villes. Emmanuel Macron a voté en milieu de matinée, en compagnie de son épouse Brigitte, au Touquet, après s’être livré à un petit bain de foule devant sa maison. Il devait dans la foulée rejoindre son quartier général à Paris. S’il l’emporte, la fête se tiendra dans la cour du Louvre, au cœur de Paris.

Cette esplanade a été évacuée en début d’après-midi en raison d’une alerte de sécurité. Marine Le Pen a voté dans son fief d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), où des Femen ont déployé sur l’église une banderole «Marine au pouvoir, Marianne au désespoir». Peu avant, François Hollande avait voté à Tulle (Corrèze), avant de regagner Paris pour y suivre à l’Élysée, avec les membres de son gouvernement, la soirée électorale.

«C’est toujours un acte important, significatif, lourd de conséquences, voilà pourquoi il faut voter», a-t-il déclaré, avant de mettre son bulletin dans l’urne. Le vote, en période d’état d’urgence, est entouré d’une sécurité renforcée, avec plus de 50.000 policiers et gendarmes engagés aux côtés des militaires de l’opération Sentinelle et des polices municipales.

«Aujourd’hui, c’est la France qui est en jeu», explique Bernadette, une retraitée marseillaise de 73 ans, qui a «hâte d’en finir avec toutes les tensions» liées à la campagne. À Rennes, Annick Leray, 64 ans, retraitée, «pense qu’il y aura beaucoup, beaucoup de votants. (...) Les gens auront pris leurs précautions cette fois-ci, car ils sont certainement très sensibles à ce qui peut arriver à la France». Mais pour Lénaïg, une fonctionnaire de 28 ans, «c’est une élection bien particulière, on n’a pas beaucoup le choix».

«Je suis venue voter pour quelqu’un dont je ne soutiens absolument pas le programme. C’est fondamental de voter, c’est exercer un droit», affirme-t-elle. Élodie, une étudiante en arts, a choisi le vote blanc: «S’abstenir, ça peut montrer qu’on n’est pas intéressé par ce qui se passe dans le pays, alors que pour moi, voter blanc ça permet de faire passer un message plus fort». Toutes les dernières enquêtes donnaient le candidat d’En Marche! largement vainqueur devant la dirigeante du Front national.

Pour la deuxième fois en quinze ans, le représentant du parti d’extrême droite s’est qualifié au second tour, mais sans provoquer les mêmes rassemblements populaires de protestation. Marine Le Pen, 48 ans, que les sondages annonçaient au second tour depuis 2013, a réuni 21,30% des suffrages le 23 avril. Face à elle, beaucoup plus inattendu, Emmanuel Macron, ancien ministre de l’Economie de François Hollande après l’avoir conseillé à l’Elysée, pourrait devenir, à 39 ans, le plus jeune président français.

Quasi inconnu il y a trois ans, il a en quelques mois développé une stratégie payante de «ni droite ni gauche» et obtenu 24,01% des voix, aidé par de multiples ralliements à gauche comme à droite.

De surprise en surprise, cette campagne n’a ressemblé à aucune autre. À commencer par l’absence du sortant, François Hollande. Mais aussi de l’ancien président Nicolas Sarkozy ou des deux anciens Premiers ministres Alain Juppé et Manuel Valls, à qui respectivement François Fillon et Benoît Hamon ont été préférés, avant d’être balayés au premier tour.

Particulièrement tendue, la campagne de l’entre-deux tours a connu son apothéose dans un débat télévisé virulent et confus, mercredi, entre les deux candidats. Derniers soubresauts, à quelques instants de la clôture de la campagne officielle, plusieurs gigabits de documents internes (mails, documents comptables...) de l’équipe d’Emmanuel Macron ont été piratés et publiés sur les réseaux sociaux vendredi soir, fuite abondamment relayée par l’extrême droite sur Twitter.

Le vainqueur a déjà été invité par M. Hollande à participer lundi à son côté aux cérémonies du 8 mai, commémorant la capitulation allemande en 1945. Suivra une semaine de tractations pour désigner un Premier ministre et former un gouvernement, annoncé après l’investiture du nouvel élu, celle-ci pouvant avoir lieu dimanche 14 mai.

Centre Presse
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