L’avenir de l’usine Bosch Rodez suspendu à l’évolution du marché du diesel

  • Des salariés forcément inquiets.       José A. Torres
    Des salariés forcément inquiets. José A. Torres
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Ainsi que nous l’annoncions, la direction de l’usine Bosch a tenu à informer et, quelque part, à rassurer l’ensemble du personnel de l’unité de production de la zone de Cantaranne sur l’avenir du site. Postes par postes, les 1 600 salariés aveyronnais de l’équipementier allemand ont été invités, en ce début de semaine, à prendre connaissance des orientations du plan de production pour les trois années à venir. Ce plan prévoit, on le sait, un important ralentissement de la production d’injecteurs common rail, avec la perte d’un million de pièces (soit environ un tiers du volume global) d’ici 2020. S’ils ne souhaitent pas intervenir, tant qu’ils n’obtiendront pas de nouveaux éléments plus précis, les représentants syndicaux ne cachent pas leurs inquiétudes. L’avenir de l’usine est, en effet, grandement suspendu à l’évolution du marché du diesel. Une évolution négative qui ne va pas, pour l’instant, dans le bon sens. Tout du moins celui que souhaiteraient les constructeurs et équipementiers automobiles concernés.

Comment va continuer à évoluer ce marché ? Quelle sera la nouvelle politique gouvernementale au regard du diesel ? De nouvelles fabrications peuvent-elles être rapatriées par le groupe Bosch sur l’unité de Rodez ? Le fait que le nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, connaît fort bien le contexte ruthénois et l’usine qu’il a visitée, quand il était encore ministre, pourra-t-il peser dans la balance ? Autant de questions que se posent les représentants du personnel, sans pouvoir apporter de réponse. « Pour l’instant, c’est l’inconnue la plus complète », observe l’un d’entre eux. Une inconnue d’autant plus grande que l’investissement de 17 M€ programmé pour 2019 sur l’une des deux chaînes de fabrication d’injecteurs common rail n’est toujours pas contracté. « Tout cela sera fonction du marché », précise un délégué du personnel.

Si une seule des deux lignes de fabrication de l’usine est conservée (elles emploient actuellement 600 personnes), cela impliquera forcément de nouvelles réductions d’effectifs. « La direction nous fait comprendre qu’elle ne peut pas anticiper une évolution de marché », rapporte un autre syndicaliste, évoquant un sentiment très partagé. En attendant, pour faire face aux baisses de production d’injecteurs, quatre journées (sur dix) ont été prélevées, ces dernières semaines, sur le compteur temps géré par la direction. Un cinquième jour d’arrêt sera prélevé le 26 mai et touchera l’ensemble de l’usine.

Contactée, la direction de l’usine n’a pas souhaité communiquer sur cette journée d’information du personnel.

Centre Presse / Joel Born
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