Plus haut tripou du monde : les coulisses d’une expédition hors du commun

  • Betrand Vayssettes, à 7126 mètres, à deux pas de l’Everest.
    Betrand Vayssettes, à 7126 mètres, à deux pas de l’Everest.
Publié le , mis à jour

Après avoir été dégusté à l’altitude record de 7126 mètres, sur le Himlung Himal, le tripou le plus haut du monde bat désormais des records de popularité sur les réseaux sociaux. Tout cela fait bien rire Bertrand Vayssettes, celui qui a porté cette boîte sur ce sommet himalayen. Et l’histoire n’est peut-être pas terminée ! Mais avant d’en dévoiler plus, retour sur cette épopée du tripou de Naucelle, née un peu par hasard sur l’autel de la bonne humeur de ce Ruthénois amateur de montagne, membre du club d’escalade de la MJC et président du club alpin de Rodez.

Quand en début d’année, Bertrand Vayssettes a décidé de repartir pour la troisième fois au Népal, il s’est rendu compte que cela coïncidait avec les dates de son anniversaire. Ni une, ni deux, ce bon vivant s’est dit qu’il le fêterait avec un peu d’aligot, de la charcuterie aveyronnaise et des tripoux. Il a mis les victuailles dans son sac et direction Katmandou.

Il raconte. « Pour cette ascension du Himlung Himal, nous avons rencontré notre guide ». Le guide, c’est Paulo Grobel, un des spécialistes français de la montagne himalayenne. « Et très vite, on a sympathisé. Puis l’on s’est mis à parler de tripoux. Il n’a pas arrêté de me brancher sur le sujet. Alors j’ai décidé que l’on ferait l’ascension avec, quitte à ce que cela alourdisse un peu le sac ». C’est comme cela que le 8 mai, ça ne s’invente pas, a été dégusté un tripou à 7126 mètres d’altitude. Mais un autre fait d’armes fait bien rigoler Bertrand Vayssettes : un aligot à 6800 mètres d’altitude. « C’était de l’aligot lyophilisé, de Marie de Livinhac, impossible de le faire filer avec le froid à cette altitude. Ce fut quand même un vrai régal ! »

De là à imaginer une voie himalayenne nommée aligot- tripoux, il n’y a qu’un pas que Bertrand et son guide n’ont pu franchir en raison du manque de temps. Mais ce n’est peut-être que partie remise. Et pas uniquement pour les deux montagnards. « Paulo est un proche du gouvernement népalais pour tout ce qui concerne les décisions d’ouverture de nouvelles voies. Il participe également à la dénomination des cols. Beaucoup n’ont pas de noms...» raconte le plus sérieusement du monde Bertrand Vassyettes. Et le guide a dans sa poche deux nouvelles propositions de nom : Tripou Himal et Aligot Peak !

Mais pour garder à sa juste mesure ce qui n’est au fond qu’un sympathique clin d’œil à la gastronomie de son département, Bertrand Vayssettes raconte une autre de ses fiertés lors de cette expédition : « Avec d’autres, j’ai participé à une expédition destinée à permettre à de nouveaux guides de se faire une petite réputation. Pour cela, nous avons ouvert une voie, qui allait aux limites de la frontière avec la Chine ».

Mais comme rien n’est jamais tout à fait « normal » avec lui, ce périple avait une particularité : le camp de base se situait à environ 7050 mètres et le col, lui, est plus bas, vers 6900 mètres. « Si bien que je ne sais pas si beaucoup de monde ira là-bas. Mais nous, nous y avons été ! » rigole celui que beaucoup surnomme Bébert.

Autant dire que ce troisième rendez-vous en terre népalaise restera l’un des plus beaux pour lui. Il ne manque plus que sur la prochaine carte du gouvernement népalais des cols portent les noms de Aligot Peak et Tripou Himal. Et ce sera l’Everest !

Centre Presse / Philippe Routhe
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