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Des entrepreneurs aveyronnais à la Silicon Valley : « L’Aveyron n’a pas le droit de prendre du retard »

  • Un voyage enrichissant pour les entrepreneurs aveyronnais.
    Un voyage enrichissant pour les entrepreneurs aveyronnais.
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Fabuleux. Répondant à l’invitation de la chambre régionale de commerce et d’industrie d’Occitanie et du responsable de l’international et de l’export au sein de la CCI Aveyron, Christophe Pallous, dix entrepreneurs aveyronnais ont effectué un passionnant et enrichissant voyage d’études, du 20 au 26 mai, à San Francisco et au cœur de la Silicon Valley. Une « fabuleuse expérience » dans cette ruche économique, où sont concentrées plusieurs milliers d’entreprises de haute, parfois de très haute technologie. À l’image des géants Google, Apple ou Samsung.

Lors de cette « learning expedition », particulièrement instructive, les chefs d’entreprises aveyronnais ont multiplié les rencontres avec, entre autres, Luc Julia, « l’électron libre français » de Samsung et l’un des pères de Siri, ou bien encore, Yseulis Costes, la présidente et fondatrice, aux origines aveyronnaises, de « 1000mercis ». La délégation a également visité l’incubateur de l’université de Stanford, où sont hébergées 470 des quelque 26 000 start-up que compte la Silicon Valley. De quoi puiser quelques idées intéressantes.

Implantée à Luc-la-Primaube, l’entreprise SPI Software (18 salariés) conçoit des logiciels d’inspiration pour le secteur de l’ameublement. Son dirigeant, Jean-Marc Lacombe, est revenu enchanté. Notamment par la facilité et la qualité des échanges. Comme ce fut le cas avec Luc Julia. « Nous avons pu discuter en tête-à-tête et ça s’est reproduit dans toutes les entreprises. La transition numérique est une vraie révolution, c’est fondamental. Il ne faut pas que l’Aveyron reste sur la touche. Nous n’avons pas le droit de prendre du retard. » Un sentiment partagé par son associé Thierry Racinais. « Aujourd’hui, tous nos clients sont en recherche de nouvelles solutions. Ce voyage a renforcé nos convictions.»

Responsable d’une agence de communication millavoise, Underkult, spécialisée dans le développement des marques (elle a décroché un contrat avec le fabricant japonais de chaussures de running Mizuno), Cédric Taffein, avoue, lui aussi, « avoir appris énormément de choses en peu de temps. » « J’y suis allé pour chercher l’inspiration au niveau digital, j’en ai eu pour mon compte. »

On l’aura compris, les chefs d’entreprises aveyronnais n’ont pas été déçus du voyage.

Stéphane Rouquette est responsable d’une entreprise d’accompagnement à l’international. Il travaille déjà pour la Chine mais il ne s’était jamais tourné vers la Silicon Valley. « Je voulais, avant tout, comprendre comment ils en sont arrivés là. Ils ont de brillantes écoles, dans lesquelles ils forment de jeunes entrepreneurs qui investissent sur place. C’est un système vertueux, un triptyque qui fait la réussite », résume-t-il. Et de mettre l’accent sur la « dynamique positive », qui anime cette région du monde. « En gros, c’est je me plante, tant pis, je rebondirai. »

Dans tous les cas, les dirigeants aveyronnais sont prêts à renouveler une telle expérience. La CCI Aveyron et son président Dominique Costes envisagent d’ores et déjà de conduire une nouvelle mission, l’an prochain. Mais, peut-être, cette fois, dans l’est des États-Unis. En attendant, chacun en convient. Dans le domaine numérique, les déclarations d’intention, aussi belles soient-elles, ne suffisent pas. Dans un département, où subsistent encore de nombreuses zones blanches, l’on en sait quelque chose.

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L’État de Californie
est devenu la sixième puissance économique mondiale. Devant la France. C’est dire l’importance et la richesse de cet État dont la population est inférieure de 40 % à celle de la France.

Enfant, dans son Aveyron natal, du côté de Comps-la-Grand-Ville, Yseulis Costes voulait être vendeuse de laine. Elle est aujourd’hui une net-entrepreneuse reconnue. Élue femme internet de l’année, en 2001, elle n’a cessé, depuis, de progresser. À l’image de sa société « 1000mercis » qu’elle a créée février 2000. Bardée de diplômes, cette pionnière de la publicité et du marketing interactif a effectué une partie de sa formation universitaire aux États-Unis. Une superbe expérience. « Là-bas, ils n’ont pas peur d’entreprendre, l’échec n’est pas aussi grave qu’en France. Cela m’a apporté une autre vision de l’enseignement », témoignait-elle, dans l’un de ses interviews. En quelques années, la start-up de la quadragénaire aveyronnaise, qui s’est installée à San Francisco depuis trois ans, a bien grandi. Fin 2016, « 1000mercis » comptait quelque 600 collaborateurs dans ses différentes agences de Paris, Lyon, New York, Dubaï, Londres et San Francisco, pour un chiffre d’affaires de plus de 56 millions d’euros, fin 2016. Ce qui s’appelle une belle réussite entrepreneuriale à l’Aveyronnaise.

Centre Presse / Joel Born
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