Ecoles : feu vert pour les communes qui souhaitent revenir à la semaine de 4 jours

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    Ecoles : feu vert pour les communes qui souhaitent revenir à la semaine de 4 jours
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Les communes qui le souhaitent pourront rétablir dès la rentrée de septembre la semaine de quatre jours dans les écoles primaires et maternelles : le décret a été publié mercredi, revenant sur une réforme qui divise toujours enseignants et parents. C’est l’un des chantiers engagés dès son arrivée par le nouveau ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, qui se veut « pragmatique » mais est accusé par ses détracteurs d’inaugurer le quinquennat d’Emmanuel Macron en « détricotant » les réformes adoptées sous François Hollande.

Pour les communes qui le mettront en œuvre, il s’agira du troisième changement de rythmes pour les écoliers en neuf ans, après la semaine de quatre jours instituée sous Nicolas Sarkozy en 2008, puis celle de neuf demi-journées en 2013 ou 2014. La plupart des écoles avaient alors opté pour travailler le mercredi matin. Le texte paru au Journal officiel permet « d’autoriser des adaptations à l’organisation de la semaine scolaire ayant pour effet de répartir les heures d’enseignement hebdomadaires sur huit demi-journées réparties sur quatre jours », sans modifier le temps scolaire sur l’année ou sur la semaine.

Cette modification se fera sur proposition de la commune et du conseil d’école et doit être approuvée par le représentant départemental du ministère de l’Éducation.

En 2013, la réforme instaurant les 4,5 jours de classe était recommandée par les chronobiologistes et autres spécialistes, qui soulignaient la longueur des journées de classe en France peu propice aux enseignements, notamment pour les plus fragiles. Elle n’en a pas moins été très controversée : elle a mis une partie des enseignants dans la rue et mécontenté les maires, appelés à financer partiellement les activités périscolaires mises en place conjointement.

Une étude de la direction des statistiques du ministère de l’Éducation, publiée elle aussi mercredi, tente une évaluation de ces changements de rythmes.

Pour mesurer son impact sur les apprentissages, elle ne peut que comparer entre eux les différents types d’organisation de la semaine de 4,5 jours. Elle ne peut en effet pas opposer la semaine de 4 jours à celle de 4,5 jours puisqu’aucun enfant n’a conservé la semaine de 4 jours.

Des parents critiques

La Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Depp) indique ne pas avoir relevé de gros écarts selon l’organisation retenue (matinée travaillée le mercredi ou le samedi, durée de la pause de midi, vendredi après-midi libéré, etc.). Les effets sont « d’une ampleur très limitée » sur les apprentissages, et « largement inférieure » aux facteurs sociaux et culturels.

Une évaluation comparée de la semaine de 4 jours et celle de 4,5 jours pourrait toutefois se dérouler à partir de la prochaine année scolaire, puisque des communes, dont Nice, ont déjà annoncé qu’elles adopteront les 4 jours. Marseille le prévoit pour la rentrée 2018. Les chercheurs de la Depp ont également interrogé des parents de 11 000 élèves de CM2 et un millier d’enseignants de CP. L’étude « ne permet pas non plus de dégager un impact important sur » la façon d’enseigner, ajoute-t-elle, notant toutefois que « l’appropriation de nouvelles organisations » de travail nécessite du temps. Les enseignants déclarent apprécier la continuité des apprentissages, sans interruption en milieu de semaine, mais jugent difficile de « créer du lien entre les temps scolaires et les temps périscolaires ».

« La demi-journée supplémentaire », sauf lorsqu’elle a lieu le samedi matin, « semble avoir profité à un renforcement des apprentissages fondamentaux plutôt qu’une réorganisation des enseignements sur la semaine », note la Depp. Enfin, les parents de CM2 interrogés « sont partagés, souvent critiques », estimant que leurs enfants sont plus fatigués avec la semaine des 4,5 jours. Moins de la moitié « la juge profitable à leur enfant » et estime les activités périscolaires « intéressantes ». Mais le jugement des familles dépend surtout du diplôme des parents et du niveau social : ainsi, les 4,5 jours de classe sont perçus plus favorablement par les familles d’inactifs et d’ouvriers non qualifiés. Les familles immigrées sont elles aussi plus positives.

Centre Presse / AFP
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