Sam Technologies

Reprise de Sam Technologies : le Canadien Linamar envisage de supprimer 130 emplois

  • Les représentants du personnel n’acceptent pas cette reprise.
    Les représentants du personnel n’acceptent pas cette reprise.
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Voilà des mois, depuis l’éclatement du groupe Arche, que les salariés de Sam Technologies, la principale entreprise industrielle du Bassin de Decazeville, avec ses 442 salariés et 170 intérimaires, naviguent à vue. Sans savoir de quoi sera fait l’avenir de cette fonderie sous pression, spécialisée dans la fabrication de pièces automobiles, principalement pour Renault.

Jeudi, les représentants CGT du personnel ont exprimé leur exaspération après que le groupe canadien Linamar ait formulé une première offre de reprise, auprès du tribunal de commerce de Paris.

Cette offre jugée « inacceptable » prévoit la suppression de 130 des 442 emplois actuels et n’offre aucune garantie pour les 170 postes d’intérimaires. Pas plus qu’elle ne donne des garanties chiffrées sur les investissements réclamés par le personnel (de 10 à 15 M€) depuis 2009, année depuis laquelle « il n’y a plus d’entretien sur les machines ».

Après une année de sauvegarde, Sam Technologies a donc été placée, lundi, en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Paris, lequel a nommé un administrateur en la personne de Maître Bauland. Et c’est dans ce nouveau cadre judiciaire - MM. Michaux, du groupe Arche, et Schaffnit, un ancien de Valéo, s’étant, entre-temps, retirés du jeu - que le puissant groupe industriel canadien Linamar a déposé une première offre de reprise dite conditionnelle pour Sam Technologies ainsi que deux autres usines du groupe Arche : FVM, une fonderie de métaux légers de Meurthe-et-Moselle de 250 salariés, en liquidation judiciaire avec autorisation de poursuivre l’activité, et Alfisa Technologies, une fonderie espagnole d’une centaine de salariés, dans la région de Barcelone.

S’ils sont satisfaits de l’intérêt manifesté par un vrai groupe industriel, et non pas un fonds de pension, ils jugent irrecevable l’offre en l’état. Irrecevable, en premier lieu, car elle frise, de toute évidence, l’indécence.

Tous les passifs du groupe Arche étant désormais abandonnés, dans le cadre de la nouvelle procédure de redressement, Linamar a formulé une première offre de 15 000 €, alors que la seule valeur des stocks de Sam Technologies est estimée à 8 M€. Ghislaine Gistau et Sébastien Lallier évoquent un profond sentiment d’injustice. Une forme de mépris pour la « société qui est à l’origine du groupe Arche, son navire amiral ».

Mais là où le bât blesse vraiment, c’est au niveau de l’emploi, avec cette première offre de reprise portant sur seulement 312 emplois, avec un abandon progressif du travail intérimaire. L’effectif actuel de l’usine pourrait ainsi être réduit presque de moitié. Une proposition que les salariés de Sam Technologies ont du mal à comprendre.

« Nous avons un carnet de commandes qui déborde. L’usine ne peut pas tourner dans ces conditions. Ce n’est pas possible », analysent les représentants syndicaux, ces derniers redoutant principalement que des productions actuelles de Sam Technologies soient transférées dans l’usine de FVM qui, elle, ne fonctionne pas à plein régime.

« On pense que ce groupe est en capacité de présenter une véritable stratégie industrielle. Pour l’instant, ce n’est pas le cas », insiste le secrétaire du CE, Sébastien Lallier, qui a du mal à masquer une certaine colère, espérant toutefois que le dossier évoluera dans le bon sens.

Dans le cadre du nouveau calendrier fixé par le tribunal de commerce de Paris, l’offre définitive de Linamar sera présentée le 2 octobre. D’ici là, d’autres repreneurs potentiels peuvent, évidemment, se manifester. L’administrateur judiciaire, qui a déjà fait savoir que cette première offre ne lui convenait pas, recevra les dirigeants de Linamar, dans les prochains jours.

Sans attendre, les représentants du personnel de Sam Technologies ont rencontré, hier matin, les représentants de l’État, préfet et sous-préfet, ainsi que le commissaire régional du redressement productif, puis, en suivant, les élus du Bassin.

« Tout le monde est parfaitement conscient de l’enjeu », soulignent les syndicalistes. Et de déplorer, au passage, les coûts exorbitants des procédures : 3 M€ pour les diverses expertises réalisées durant le premier semestre 2016, et 1,1 M€ supplémentaire pour le premier trimestre 2017. Des sommes considérables qu’il aurait certainement mieux valu consacrer à des investissements sur l’outil de production !

Centre Presse / Joel Born
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