Estivada de Rodez : le festival a-t-il conservé son esprit ?

  • Le groupe Goulamas’k a mis du baume au cœur des occitanistes. José A. Torres
    Le groupe Goulamas’k a mis du baume au cœur des occitanistes. José A. Torres
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Centre Presse

Au premier jour du festival de l’Estivada, jeudi, Cali a transporté le public, venu très nombreux. Dans ce public une majorité de jeunes venus pour « la bonne musique » et non pas pour la culture occitane. C’est le cas de Lalia et Maïlys, 18 ans. « Il y a un bon esprit dans ce festival. On y vient tous les ans pour la musique et l’ambiance, pas pour l’Occitanie », disent-elles.

On peut alors s’interroger sur la mutation du public de l’Estivada et son impact ? Le festival est-il en train de perdre son âme ?

Beaucoup d’occitanistes engagés le pensent. « De toutes les façons, quand on voit que les chanteurs occitans font la première partie et les stars françaises sont en tête d’affiche, cela veut dire que les Occitans comptent pour du beurre », explique Marlène qui tient un stand sur l’esplanade.

D’autres regrettent « l’époque où il y avait beaucoup plus de stands autour desquels on pouvait échanger et réfléchir ». Certains sont même allés s’en plaindre aux élus. « On nous a dit qu’on allait mettre en place un comité de sages pour réfléchir à tout ça », a noté Liliane.

La programmation qui a attiré tout au long du festival un public très nombreux, et au-delà des occitanistes, ne satisfait pourtant pas tout le monde, non plus. « Moins, il y a de chanteurs occitans, moins, il y a du public occitan. Du coup, les libraires et les auteurs ne vendent pas », regrette Sandrine, qui n’a pas vu grand monde en plein après-midi dans les allées de la salle des fêtes.

Pour certains, le festival n’est plus ce qu’il était, loin de l’époque où il servait de tremplin aux jeunes chanteurs occitans inconnus. D’autres regrettent également l’absence de nos voisins espagnols et italiens. « Ces régions occitanes ne viennent plus. C’était intéressant d’échanger avec eux », confie avec une certaine nostalgie, Sylvie, « une vieille habituée de l’Estivada », comme elle aime se qualifier.

En attendant, le festival a fait le plein... Mais a-t-il perdu son âme ?

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