Vincent Lavenu (AG2R) : « Qu’il n’y ait plus ce type de conneries »

  • Vincent Lavenu, directeur général de l’équipe française, ici en juillet lors du Tour de France.  a.p.
    Vincent Lavenu, directeur général de l’équipe française, ici en juillet lors du Tour de France.  a.p.
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Dites-en nous plus sur l’exclusion de deux de vos coureurs, dont le Ruthénois Alexandre Geniez ?

Il y a une vidéo qui est apparue et qui a montré que deux de nos coureurs étaient accrochés à une voiture de directeur sportif (exclu lui par les commissaires de course, NDLR). Cette vidéo a fait le buzz un peu partout, à tous les niveaux, a été retweeté à l’UCI, dans les médias, aux commissaires, aux organisateurs... Moi, j’en ai pris connaissance assez tardivement, hier (lundi) en fin d’après-midi. Donc j’ai cherché à en savoir plus. Par téléphone, j’ai eu les directeurs sportifs, les coureurs aussi. Et derrière, ça m’a demandé de prendre une décision suite à cet événement négatif qui ne reflète en rien l’image que nous souhaitons donner à notre équipe. Au-delà de ça, de l’image aussi qui est véhiculée par notre équipe auprès de nos partenaires. Donc on a pris la décision d’anticiper certainement celle des commissaires en retirant nous-même nos coureurs. C’est une sanction qui est évidemment difficile pour les coureurs, mais qui est tout à fait en phase avec l’idée que l’on se fait du sport et des valeurs que l’on doit défendre dans notre sport.

Aujourd’hui, est-ce que vous en voulez à vos deux coureurs, et notamment à Alexandre Geniez ?

Ce n’est quand même pas un événement agréable. Diriger une équipe cycliste, la maintenir à bout de bras depuis des années, convaincre des partenaires de nous suivre dans cette belle aventure que représente le cyclisme professionnel, c’est quand même un combat de tous les jours. Et notamment en ce moment où je suis en pleine construction budgétaire pour l’année prochaine. Pour payer des gros salaires, notamment aux coureurs. Donc, je pense que la moindre des choses, c’est qu’ils fassent la part des choses et soient responsables de ce qu’il se passe. Le sport, c’est une chose. Et je comprends bien qu’à un moment donné, on a une fatigue, on ne se rend pas forcément compte de ce qu’il se passe. Néanmoins, nous sommes une entreprise avec 70 -80 personnes qui vivent derrière. Et c’est ce type d’événements négatifs qui sont susceptibles de remettre en cause un jour ou l’autre le partenariat. Donc évidemment, ce n’est pas une bonne nouvelle et je l’ai dit aux coureurs. Je souhaite simplement que derrière la sanction, ça remette un petit peu les idées en place à tout le monde et qu’il n’y ait plus ce type de conneries qui soient réalisées dans le futur.

Concernant le cas précis d’Alexandre Geniez : il a eu une saison pour le moins compliquée avec une longue méforme et un abandon au Giro, un Tour de France qu’il n’a pas été en mesure de disputer et cet incident sur la Vuelta. Il lui reste encore un an de contrat avec AG2R-La Mondiale, est-ce que cet incident peut changer quelque chose entre lui et l’équipe pour la suite ?

Il n’est pas en fin de contrat cette année. Là, cet épisode n’est pas un bon épisode. Mais il aura l’occasion de se montrer sous ses meilleurs jours puisque la saison n’est pas encore terminée ; puis il y aura une saison l’année prochaine. Donc on n’en est pas là, dans cette réflexion-là. En revanche, ce que je souhaite, c’est que nos coureurs défendent les valeurs de notre équipe et pas ce type de comportements.

Centre Presse / Aurélien Parayre
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