Sam Technologies : le repreneur fait faux bond, les salariés s’exaspèrent

  • L’usine decazevillo-viviézoise toujours dans l’expectative.
    L’usine decazevillo-viviézoise toujours dans l’expectative.
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La reprise de l’usine Sam Technologies n’en finit plus de jouer avec les coups de théâtre. Alors que le numéro 2 du groupe canadien Linamar, Jim Jarrel, devait présenter lundi matin la nouvelle mouture du plan de reprise porté par l’opérateur industriel de l’Ontario, le rendez-vous avec les partenaires sociaux de Sam, initialement prévu à 8 heures sur le site decazevillo-viviézois, n’a pas été honoré. Apparemment, ce nouveau plan de reprise, qui devait être envoyé dimanche soir aux partenaires sociaux ne l’aurait pas été, alors même que cela avait été annoncé par des canaux officiels en fin de semaine.

Difficile d’en savoir vraiment plus sur les contours exacts de ce nouveau rebondissement. Les représentants syndicaux de Sam sont restés hier injoignables. Les élus locaux concernés n’ont pas souhaité s’exprimer. On a cependant eu connaissance de l’organisation d’une réunion « en urgence » qui s’est tenue hier, en milieu d’après-midi, en préfecture, en présence de tous les acteurs de ce processus de reprise pour le moins chaotique : dirigeants de Renault et Linamar, représentants de l’État et de la Région Occitanie, élus du personnel de Sam et élus locaux.

Cette réunion aurait été programmée dès les premières heures de la matinée à la demande de la CGT. L’initiative aurait été soutenue par le ministère de l’Économie. Un intérêt parisien qui pourrait rejoindre les propos tenus en fin de semaine dernière par David Gistau, secrétaire départemental de la CGT, qui a affirmé que le ministre Bruno Lemaitre suivrait en personne le dossier de près au regard des enjeux importants qui existent en lien avec Renault.

En effet, le constructeur français, qui ambitionne de terminer l’année 2017 au rang de premier constructeur mondial grâce à sa percée sur les marchés asiatiques, pourrait voir ses ambitions contrariées en cas d’un conflit dur qui aurait pour cadre Sam Technologies.

Car l’équipementier aveyronnais est tout simplement incontournable dans le process de fabrication des véhicules au losange, ainsi que ceux de sa filiale Dacia. Selon plusieurs sources officieuses concordantes, le « loupé » de lundi matin pourrait avoir comme origine des discussions de dernières minutes infructueuses entre Linamar et Renault concernant notamment, mais peut-être pas exclusivement, la durée dans le temps des contrats de production et de volume passés entre Sam et Renault.

Pour autant, dans ce jeu aux règles obscures pour le commun des mortels, les dés sont loin d’être définitivement jetés. Car les Canadiens ne seraient pas disposés à lâcher la partie et resteraient en coulisses pour, au terme d’une nouvelle période de négociations de quelques semaines, revenir sur le devant de la scène. Mais ces circonvolutions économiques et industrielles ont pour effet de maintenir un niveau d’incertitude élevé pour les salariés de l’usine du Bassin.

Une incertitude qui court maintenant depuis un an et l’ouverture d’un plan de sauvegarde du groupe Arche, auquel appartenait Sam Technologies. Une incertitude qui devient particulièrement pesante pour les salariés.

Comme l’ont souligné les représentants du personnel lors de la dernière réunion en date du collectif Tous Ensemble, « si le syndicat fait son travail, certains employés sont à bout et on ne peut pas tout maîtriser. Si les choses n’évoluent pas favorablement et rapidement, on ne répondra de rien... »

Autant dire que les heures et les jours qui viennent seront décisifs pour l’avenir de Sam Technologies mais aussi, indirectement, pour les ambitions de Renault. De quoi bien mesurer les enjeux de la situation.

Centre Presse / François Cayla
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