Rugby en Aveyron : « Les effectifs sont à la baisse »

  • Gérard Fourquet, président du comité aveyronnais de rugby.
    Gérard Fourquet, président du comité aveyronnais de rugby.
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Le président du comité départemental de rugby, Gérard Fourquet, déplore la perte des rugbymen en Aveyron, comme en France. Selon lui, l’image renvoyée par le monde professionnel dessert les clubs amateurs. Entretien.

Vous présidiez récemment l’assemblée générale du comité départemental de rugby. Comment s’est passé ce rendez-vous et, plus généralement, comment se porte la discipline en Aveyron ?

L’AG s’est très bien passée puisque les clubs étaient là. Et au niveau de la santé du rugby aveyronnais, elle est comme celle du rugby en général. Au niveau du nombre des clubs, si en 2016, ça a été, il y a un danger pour la saison à venir puisqu’il y a une menace sur deux clubs. C’est plutôt lié à des problèmes internes aux clubs. Ces deux clubs en difficulté sont Flagnac et Naucelle et cette situation tient à des soucis de dirigeants ou d’entente interne.

Justement, ces deux clubs que vous citez n’ont pas repris en championnat des Pyrénées...

Même si les clubs existent toujours, ils ont effectivement décidé de ne pas repartir en championnat. Flagnac a créé un club de rugby loisir tout en gardant ses licenciés de l’école du rugby dans le cadre du RBOA (entente sur le bassin, NDLR). Pour Naucelle, il y aura toujours des licenciés, ils tentent de repartir mais ils ont du mal. Je ne peux pas juger ce qu’il s’y passe, mais quand les gens ne se supportent pas, c’est compliqué de recoller les morceaux... Dans les deux cas, c’est dommage. C’est du gâchis et le rugby n’a pas besoin de ça.

Y aura-t-il un impact sur le nombre de licenciés en Aveyron ?

Non, ou ce sera très léger. Car il n’y a pas beaucoup de licenciés en seniors dans ces clubs-là. Mais plus globalement, les effectifs sont à la baisse. Ils sont à la baisse partout en France. On est monté en 2015, en 2016 aussi, mais en 2017, il y a une chute vertigineuse. Au niveau fédéral, on était l’an dernier à plus de 340 000 licenciés, et là on est tombé à 323 000.

Et au niveau départemental ?

Les chiffres suivent cette tendance en Aveyron. C’est-à-dire que l’on est passé d’un peu plus de 3 000 à 2 880.

Ces baisses interviennent-elles majoritairement chez les seniors, les jeunes ou les féminines ?

Un peu partout. On a le même diagramme dans toutes les catégories. Et le schéma est également le même à l’échelle régionale.

Alors la chute, à quoi est-elle liée ?

Il y a plusieurs raisons. On peut évoquer une coupe du monde lors de laquelle la Fédération a très mal communiqué, lors de laquelle les résultats n’étaient pas bons. Ou l’équipe de France qui ne gagne plus beaucoup... Sans oublier l’image qu’a le rugby actuellement. Donnée par exemple par le Top 14 où l’on parle de plus en plus de commotions, de blessures graves.

Donc, il y a des mamans qui font peut-être l’amalgame entre le rugby de haut niveau et le rugby des petits. Ce n’est pas le même rugby, nous, on le sait, mais l’image reste là. Ça veut dire qu’aujourd’hui, l’image renvoyée par le rugby professionnel nuit au rugby amateur ?

Ça donne en tout cas une image fausse de ce qu’est le rugby amateur. Même si les règles sont les mêmes, ou à peu près, on ne pratique pas le même rugby en Top 14 et en série.

L’affaire Laporte/Altrad ne doit pas aider non plus à rehausser l’image de la discipline auprès du grand public. Qu’en pensez-vous ?

Ce n’est pas une bonne image donnée. Maintenant, c’est une histoire de gros sous et de monde professionnel. Je n’en sais pas plus, je fais comme tout le monde je lis la presse. C’est évident que ce n’est pas bon pour le rugby. Maintenant, qui a raison, qui à tort ? Une enquête est en cours, ce sera à elle de le déterminer.

Malgré tout, l’arrivée de Bernard Laporte à la présidence de la Fédération avait ouvert certaines perspectives pour le rugby. Avec cette affaire, ne jugez-vous pas que ce soit préjudiciable pour la discipline et son développement ?

Laporte a amené des réformes dans le rugby amateur, dont il avait besoin. Certaines étaient déjà en route puisque lancées par la gouvernance précédente, d’autres qu’il a impulsées. Pour savoir si ce sera positif ou pas, il faudra attendre encore quelques années. Il y a eu des effets d’annonce, mais il y a aussi des choses faites et d’autres en route comme le dossier de la régionalisation qui arrive.

Pour finir, une question plus personnelle qui joue aussi sur votre fibre decazevilloise. Au SCD (Fédérale 2), un nouveau cycle débute. Et on l’a vu dimanche dernier face à Lannemezan (8-21), ça a été compliqué sur le terrain. Êtes-vous inquiet pour le club ?

Non, je ne suis pas inquiet pour plusieurs raisons. D’abord car le club est à son niveau en Fédérale 2. Même si c’est vrai, il attend la qualification depuis plusieurs saisons et que ça, c’est compliqué. Et ça le sera visiblement encore. Car on repart chaque fois avec des jeunes. On n’a pas encore la maturité et on l’a vu contre un Lannemezan beaucoup plus mature, donc ça a été compliqué. Il y avait aussi beaucoup de pression. Moi, je ne vais pas leur jeter la pierre. C’est compliqué d’avoir une équipe performante qu’avec des jeunes. Il va peut-être falloir trouver un leader. Être battu par plus fort, ça arrive, on va attendre quelques journées pour voir où on se situe. Mais je ne suis pas inquiet car le club a aussi changé de staff, de méthodes. Et si je me souviens bien, la dernière fois qu’Éric Fernandez a entraîné Decazeville, il a perdu les trois ou quatre premiers matches avant de se qualifier à la fin. Donc on va espérer un cycle similaire.

Centre Presse / Aurélien Parayre
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