Quand Nicola Sirkis, leader d’Indochine, puise son inspiration sur l’Aubrac

  • Le leader d’Indochine lors du festival des Vieilles Charrues, en 2014.                 Reproduction CP
    Le leader d’Indochine lors du festival des Vieilles Charrues, en 2014. Reproduction CP
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Centre Presse

Propice à l’évasion, à la décompression, à la réflexion aussi, à la relaxation, voire à la méditation, la terre d’Aubrac, à la fois nourricière et spirituelle, l’est aussi à la création. Nicola Sirkis n’affirmera pas le contraire. En octobre 2016, l’emblématique chanteur et leader du groupe culte de rock français Indochine, s’est retiré pendant une dizaine de jours, à l’Annexe d’Aubrac, l’établissement créé par Catherine Painvin, repris et réaménagé depuis 2013 par Virginie Salazard, un ancien mannequin à l’esprit bohème qui est tombée amoureuse de cette maison d’hôtes à nulle autre pareille.

Durant sa retraite aubracienne, dans cette ambiance cosy, un brin surréaliste et profondément baroque de l’Annexe (quel lieu incroyable !), l’éternel ado du rock français a composé deux des titres, Black Skies et La Vie est belle, du nouvel album 13, du groupe qui est sorti dans les bacs, le 8 septembre.

Cet album, tout simplement le treizième, 35 ans après l’énormissime succès de L’Aventurier, a représenté deux ans de travail.

Les premières sessions de 13 se tiennent dans le studio parisien KMS, entre décembre 2015 et 2016. Après une sélection drastique, peu de titres seront conservés. Nicola Serkis décide alors de s’isoler entre le plateau d’Aubrac et la Californie où il rencontre Mick Guzauski (il a travaillé pour de nombreux artistes de Clapton à Daft Punk, en passant par Prince, Madonna ou Michaël Jackson), auquel il confie le mixage de l’album, enregistré au studio ICP de Bruxelles.

A plusieurs reprises, lors de la promotion de 13, celui qui se dit ouvert à toute sorte de musique mais se réclame volontiers de David Bowie, Patti Smith et les Clash (y a quand même pire), a évoqué son séjour aubracien. « C’est peut-être le chiffre, mais j’avais beaucoup d’appréhension pour ce disque. Sa confection fut longue et chaotique, on s’est séparés de deux membres en cours de route, expliquait-il dans un récent interview, paru dans la Tribune de Genève. J’ai repoussé trois fois l’entrée en studio. Finalement je me suis exilé dix jours dans le Massif Central, en Aubrac, pour écrire à la manière des années 80, c’est-à-dire sans portable, ni internet. » Et lorsque notre confrère suisse lui demande si cette retraite, loin de tout, c’est efficace, l’auteur de Trois nuits par semaine et de Troisième sexe, lâche, en rigolant : « Oui, mais putain c’est déprimant ! »

Dans un autre, interview, accordé à 20 Minutes, l’âme d’Indochine raconte : « Je me suis retrouvé dans une zone blanche, c’est-à-dire où il n’y a pas de relais mobile et où Internet fonctionne mal. Un endroit incroyable, en haut d’un plateau venteux. C’est space, mais pas si mal de couper tous les moyens de communications. Un peu la steppe. Mais l’Aubrac, on y est en trois heures. On prend l’avion jusqu’à Rodez et après on a une heure de route. C’est sûr que je n’y serai pas allé à cheval. Mais c’est marrant, c’est sur le chemin de Compostelle. On voit passer des pèlerins et ça m’intéresse pas mal, ces gens qui se donnent un challenge de marcher trente kilomètres par jour. C’est un truc à faire, je pense. »

Dès sa sortie, l’album a cartonné et plus de 100 000 billets de la future tournée, qui débutera en février 2018, ont déjà été vendus. Une belle récompense pour le chanteur de 58 ans (il conserve la grande forme en courant plusieurs fois par semaine) qui avoue en avoir pris à un moment « plein la gueule ». Les aficionados (même si le groupe a dû affronter une longue traversée du désert, avant de rebondir, on n’oublie pas les nombreuses soirées durant lesquelles on s’est trémoussé en écoutant Indochine) et tous les autres pourront ainsi se dire que Nicola Sirkis a puisé une partie de son inspiration sur cet Aubrac, cette steppe aveyronnaise, à laquelle il est très difficile de résister. Il se murmure même, quelque part sur le plateau, qu’Indochine pourrait bien revenir en Aubrac pour y présenter son album. Mais ça, c’est encore une autre histoire...

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