Sébastien Da Silva : « Penser (déjà) à la L2, ce serait n’importe quoi ! »

  • Le capitaine Sébastien Da Silva, ici au duel avec Aurélien Tertreau, vendredi au stade Michel Hidalgo.  Aude Alcover/LP
    Le capitaine Sébastien Da Silva, ici au duel avec Aurélien Tertreau, vendredi au stade Michel Hidalgo.  Aude Alcover/LP
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Le Rodez Aveyron football a frappé un nouveau grand coup vendredi soir à Saint-Gratien, s’imposant 3-1 et restant ainsi tout en haut au classement. Un début de saison idyllique pour des Aveyronnais qui épatent de journée en journée. Pour autant, le capitaine Sébastien Da Silva, qui a d’abord égalisé avant de délivrer la passe décisive au futur double buteur Ugo Bonnet, ne veut « pas s’enflammer ». S’il loue « le travail » effectué par les siens, il tient à rappeler que, pour le moment, le classement reste « anecdotique ». Un entretien réalisé dans un hôtel à l’aéroport d’Orly dans la nuit de vendredi à samedi, l’euphorie retombée et la visite en bus de la ville lumière terminée.

Commençons par votre analyse après ce succès 3-1 ?

Forcément, on a gagné à l’extérieur, on met encore trois buts, c’est donc super rassurant et c’est super intéressant pour l’équipe et pour les joueurs offensifs. L’autre point positif, c’est qu’une fois de plus, on arrive à revenir dans la partie. On est mené, mais on parvient à faire basculer le match. On ne l’a même pas fait autant de fois la saison dernière en CFA, je pense. C’est vraiment intéressant cette force de caractère. Ce soir (vendredi soir), on a affronté une équipe qui nous ressemble un peu, et au final, on se rend compte qu’on est meilleur qu’elle sur la solidarité. C’est rassurant.

À Béziers, c’est vous qui poussez Taillan au csc (1-1) et aux Herbiers vous marquez sur l’engagement du 0-1 (succès 3-2 au final). Là, c’est encore vous qui remettez les vôtres à égalité juste quelques minutes après l’ouverture adverse. Ça démontre votre force de caractère et le côté catalyseur du capitaine, non ?

J’ai de la réussite. Mais c’est une force de caractère collective. Moi, c’est mon travail de finir. Je retiens surtout qu’on est capable de réagir tous ensemble. De ne pas se morfondre. On arrive tout de suite à rejouer vers l’avant et on finit les actions. C’est vrai que ça fait trois fois, enfin deux et demi, que c’est moi qui marque. C’est plaisant et j’espère que ça va continuer. Mais c’est aussi vrai que c’est bien que tout le monde marque. D’ailleurs, le doublé d’Ugo (Bonnet), c’est top, ça fait vraiment plaisir !

Cette force, c’est quelque chose qui va avec la dynamique de la montée ou vous pensez pouvoir la conserver toute la saison ?

L’an passé, on a réussi à la conserver sur toute la saison, on marquait à tous les matches même si on n’en marquait qu’un. Cette saison, c’est différent. Le coach avait dit qu’on se créerait plus d’occasions en National qu’en CFA, et c’est le cas. Aujourd’hui, on est réaliste. Les points qui sont pris ne sont plus à prendre. C’est important d’en prendre un maximum pendant qu’on surfe sur cette dynamique de l’année dernière. J’espère qu’on va continuer ainsi, à être solidaire, à travailler... On prend véritablement beaucoup de plaisir à travailler ensemble.

En parlant de réalisme, si vous en avez fait preuve vendredi soir en seconde période, vous avez aussi beaucoup d’occasions non converties en première. Ca s’explique comment, selon vous ?

Nous sommes une équipe moins à l’aise techniquement que certaines. Mais en revanche, physiquement et athlétiquement, nous sommes prêts. Et surtout nous sommes courageux. Les équipes (que l’on rencontre) se cassent les dents sur notre bloc et s’usent plus facilement que nous. Nous, on est des chiens. Donc quand eux fatiguent, nous, c’est à ce moment-là qu’on fait mal et qu’on tape. Mais il ne faut pas oublier aussi ce qu’il s’est passé la semaine passée (0-0 contre Concarneau à domicile, NDLR). On ne peut pas faire la fine bouche car on aurait aussi pu perdre ce match-là sans un grand Enzo (Basilio). Il ne faut pas s’enflammer. On est premier, mais on joue le maintien. Il faut juste prendre des points.

Malgré tout, premier, 15 points en 7 matches, encore invaincu. Imaginiez-vous cela avant d’attaquer la saison ?

Non, bien sûr. Si on nous avait dit ça, on aurait tous signé de suite. Maintenant, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est du travail. On surfe sur la bonne dynamique. C’est aussi dû à une bonne gestion du groupe, aussi bien physique que psychologique, réalisée par le coach. Pour l’instant, ça tourne bien, personne ne triche. Les mecs comme Mat (Guerbert), qui ont moins joué, font de très bonnes prestations. Ugo l’a prouvé aujourd’hui, Martin (Douillard), quand il a joué, a fait un très bon match. Il (Laurent Peyrelade, NDLR) ne peut se plaindre de personne. Il n’a que des choix difficiles et tant mieux pour lui.

Vous disiez qu’il ne fallait pas s’enflammer, mais est-ce que ce début de saison ne donne pas envie de se prendre au jeu et d’aller chercher autre chose que le maintien ?

Franchement, le classement reste anecdotique pour l’instant. Bien sûr qu’il vaut mieux avoir 15 points aujourd’hui. Mais, on n’en est qu’à la 7e journée (8e, mais sept matches seulement disputés par le Raf, NDLR). La semaine dernière, on a eu un petit coup de mou physique, ça remet tout de suite les idées en place et c’est pas plus mal. Car si certains s’imaginaient jouer la montée en Ligue 2 et les barrages... Penser à la Ligue 2 tout de suite, ce serait n’importe quoi ! Il faut laisser ça à la presse (rires).

Centre Presse / Aurélien Parayre
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