La cabrette mène le bal (musette) à Cantoin !

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Maison de la cabrette et des traditions de l’Aubrac. Telle est la dénomination complète de l’espace ouvert au hameau de Vines sur la commune de Cantoin. Ici, l’histoire locale, celle aussi des Auvergnats de Paris, se raconte en musique. Tout est lié. La cabrette fut l’objet - et l’est encore grâce aux Viadénaïres - de la fête. Objet identitaire à l’époque du « bal à la musette » et de la saga parisienne au siècle dernier avec le Balajo, Le Petit Charleston, Passez la monnaie... « Les joueurs de cabrette étaient les seigneurs de la nuit à Paris », résume Jean-Louis Claveyrolles, l’un des derniers facteurs d’orgue et animateur de la Maison de la cabrette.

Les circonstances de la création de la Maison de la cabrette qui a déjà reçu plus de 20 000 visiteurs sont, comme à l’accoutumée, fruit de rencontres. « Un alignement des planètes », dit en ce sens André Raynal, maire de Cantoin qui a mené à bien ce projet après avoir eu vent et rencontré Jean-Dominique Lajoux, cinéaste et chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) venu filmer l’Aubrac dans les années 60, André Ricros, ancien directeur des musiques du territoire d’Auvergne (Atma) pour la collection unique de cabrettes et Alain Petitrenaud, architecte et scénographe, diplômé de l’école Boule, frère de Jean-Luc connu pour ses escapades gourmandes médiatiques. Ainsi, la Maison de la Cabrette narre l’histoire d’un instrument dont les origines remontent à... l’âge d’or de l’Égypte sous l’antiquité. Il n’est pas étonnant, donc, de voir des cabrettes anciennes et surprenantes.

Victime de son succès, la Maison de la cabrette reçoit de plus en plus de cabrettes et d’outils de fabrication en lien avec l’instrument. Une collection de cabrettes d’Europe est en cours de réalisation. Il est d’ailleurs prévu une extension de la Maison de la cabrette pour l’été 2018 avec ateliers de fabrication, salle de cinéma et espace pour enfants. « Il s’agit d’une maison pas d’un musée. Il y a des expositions temporaires, la cabrette est vivante », disent en chœur l’édile de Cantoin et le facteur d’orgue. D’ailleurs, un récent stage de cabretaïres a réuni plus de 50 personnes à Saint-Flour. Et avec 30 heures de films réalisés par Jean-Dominique Lajoux, c’est tout un pan de l’histoire locale qui revit : battage au fléau, foires à Lacalm et Laguiole, artisans, forgerons, traites des vaches, etc. « Le but est de préserver le patrimoine et d’accueillir les nouveaux arrivants », conclut André Raynal, conscient que le patrimoine représente la trace d’humanité faisant office de lien touristique et plus largement de lien social pour maintenir la vie en milieu rural. Pour les anciens et connaisseurs, la Maison de la cabrette est un voyage rempli d’émotions ; pour les curieux, une découverte étonnante sur cet instrument aux multiples facettes et la vie de nos ancêtres.

« Cette histoire c’est le retour à la source », résume André Raynal.

En revenant aux racines de la cabrette comme d’autres vont

aux racines du blues, le maire de Cantoin donne à revisiter l’histoire locale et même au-delà. En effet, des Japonaises (!) initiées à la cabrette ont fait le voyage de Sapporo pour découvrir la Maison de la cabrette de Cantoin. Face

à l’afflux d’instruments donnés

et amenés par le commissaire-priseur de Vichy, une extension

est prévue l’été prochain avec une salle de cinéma portant le nom de Jean-Dominique Lajoux, qui a filmé l’Aubrac dans les années 60.

Ouvert vendredi et samedi de 13 h 30 à 17 h 30 ou sur réservation en dehors des jours ouvrés pour les groupes au 06 43 32 48 88.
Entrée : 5 € ; 3,50 € pour groupe
de plus de 12 personnes ; gratuit pour les moins de 16 ans.

Centre Presse / Olivier Courtil
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