Justice

Du sursis pour avoir filmé ses collègues dans les toilettes du magasin

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    Du sursis pour avoir filmé ses collègues dans les toilettes du magasin
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Durant plus de six mois, cet employé d’une boutique à Espalion a filmé ses collègues dans les toilettes du magasin. Devant les gendarmes, celui-ci va reconnaître avoir dissimulé d’autres caméras dans une autre boutique du même groupe, à Rodez.

Jugé mercredi devant le tribunal correctionnel de Rodez l’homme âgé de 30 ans et originaire de l’Essonne a reconnu les faits, « sans toutefois présenter d’excuses aux victimes », a déploré l’un des avocats de la partie civile. Pourtant, jusqu’à la révélation de ces actes, ses collègues « ne se doutaient de rien ».

« Il était discret, mais plutôt sympathique », disaient-ils. D’après le prévenu, il semble que tout a commencé lors de sa rupture avec sa petite amie, partie en Thaïlande. Et puis, il reprochait à ses collègues « de prendre des rendez-vous avec des clients sans l’en avertir, de le charger de travail », a-t-il expliqué.

Les conclusions du psychiatre chargé d’examiner le prévenu sont sans équivoque : « Il a voulu se venger. Plus qu’une image sexuelle, il voulait humilier ses collègues. Il s’est senti humilié et rejeté par eux. »

Les caméras finiront par être découvertes par une employée du magasin. Pour le procureur, Frédéric Coulomb, « on doit se sentir en sécurité sur son lieu de travail. Le préjudice moral est clairement établi. Je ne citerai pas les propos salaces qui accompagnent les vidéos. Les toilettes sont un endroit que l’on ne partage pas. Il a violé cette intimité ».

Le procureur a réclamé 18 mois de prison, dont 15 assortis du sursis et une obligation de soins. « Ce sont des faits complètement atypiques, a déploré une des avocates de la partie civile. Il s’agit de perversions malsaines. Le préjudice moral est indéniable. Ses collègues ont été clairement visés par ces vidéos. Elles sont particulièrement dégradantes et humiliantes. »

Pour Anne-Sophie Monestier, avocate du prévenu, « il faut étudier le dossier dans son ensemble et tenir compte de la personnalité de mon client ». « Oui, il est malade, plaide son avocate. Mais juger c’est comprendre, et il faut comprendre pourquoi il en est arrivé là : une enfance difficile, sans repères qui ont forgé un caractère introverti et solitaire. »

Après en avoir délibéré, le tribunal l’a condamné à 18 mois de prison avec sursis, avec une obligation de soins. Des dommages et intérêts ont également été accordés aux victimes.

Centre Presse / Philippe Henry
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