Comment le Raf échappe aux blessures ? Réponse avec le préparateur physique, Thomas Frette

  • Depuis deux ans, Laurent Peyrelade (au centre)et son staff intègrentde nombreux détails à leur réflexion dans le butde maximiser les chancesde réussite de l’équipe. Archive CP
    Depuis deux ans, Laurent Peyrelade (au centre)et son staff intègrentde nombreux détails à leur réflexion dans le butde maximiser les chancesde réussite de l’équipe. Archive CP
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Centre Presse / Romain Gruffaz

En décidant de ne retoucher que très légèrement son effectif lors des deux dernières intersaisons, Laurent Peyrelade, l’entraîneur ruthénois, a fait le choix d’une stabilité dont les effets se mesurent à l’aune du jeu, en évitant une trop longue attente avant que joueurs déjà en place et recrues parviennent à trouver les repères pour évoluer ensemble, mais aussi en amont de la compétition, lors de la préparation estivale.

« On connaît bien le groupe, vu qu’il n’a pas été beaucoup renouvelé. Par conséquent, on sait quel joueur peut faire quoi, et, surtout, on a su trouver la charge de travail adéquate pour une préparation de six semaines, indique Thomas Frette, le préparateur physique. On avait décidé de la placer à un niveau assez élevé dès l’an dernier, en CFA, pour que les joueurs s’y habituent, ce qui fait qu’il n’y a pas eu de changement cet été. »

De nombreux aspects doivent être pris en considération pour expliquer une blessure, parmi lesquels la génétique et... la chance, comme l’a reconnu, sans ambages, Thomas Frette. Contraint d’intégrer cette variable à son équation, l’encadrement de l’équipe s’est efforcé, pour en limiter l’influence, d’accroître celle qu’il pouvait avoir dans d’autres domaines.

« Depuis deux-trois ans, on travaille avec un dentiste qui réalise des bilans réguliers et suit les joueurs qui en ont besoin, dévoile le préparateur physique, rappelant ainsi le lien qui existe entre santé bucco-dentaire et santé globale. On s’appuie également sur deux kinésithérapeutes, qui ne sont pas au club mais qui peuvent intervenir à tout moment, et sur un laboratoire aveyronnais qui nous fournit des compléments alimentaires. »

En comparaison avec l’an dernier, l’exigence vis-à-vis des joueurs, notamment en matière de « préparation invisible », a également été accrue, comme l’avait révélé Laurent Peyrelade avant le début du championnat : « On répète aux gars que les fêtes de Bruéjouls, c’est bien joli, mais qu’il faut savoir ce que l’on souhaite, car à ce niveau, il n’y a pas de place pour l’à-peu-près ».

Un changement indispensable, donc, qui a nécessité un travail de sensibilisation auprès du groupe. « On agit sur tout ce sur quoi on peut agir mais on fait aussi comprendre aux joueurs pourquoi ils font ça, dans quel objectif, assure Thomas Frette. On leur a rabâché qu’il fallait faire attention au sommeil, à l’hydratation, à l’alcool, et on continue à faire quelques rappels. Pour reprendre les mots employés par certains, c’est “relou” et “chiant”, mais ils savent quelle est l’utilité. »

En changeant de division, les joueurs du Raf ont également dû changer leurs habitudes et accorder une plus grande attention à la récupération, qui a été rendue plus aisée par la programmation des journées de championnat le vendredi. « L’an dernier, le fait de jouer le samedi nous obligeait à laisser les joueurs au repos le dimanche, rappelle Thomas Frette. Cette année, on peut effectuer une séance de décrassage le lendemain des matches, à base d’étirements, de footing et de cryothérapie, ce qui permet de mieux récupérer. »

Dans le souci de faciliter l’évacuation de la fatigue, le club a également privilégié l’avion au minibus pour les déplacements lointains, tandis que les joueurs se sont équipés de chaussettes de récupération et autres appareils d’électro-stimulation pour mettre un maximum d’atouts de leur côté. « Si la récupération est bonne, on peut travailler fort dès le lundi matin, éclaire le préparateur physique. On peut mettre plus d’intensité à l’entraînement et plus on en met, plus les matches sont faciles, et moins on constate de blessures. »

Outre la préparation estivale, plus poussée depuis deux ans, l’adaptation du travail réalisé au quotidien pendant la saison est une autre raison à l’absence de blessés. « Chaque semaine, on détermine une charge de travail que l’on mesure en unités, détaille Thomas Frette. Par exemple, pour la semaine n°12, on définit 2 000 unités. On se base sur l’intensité des séances, en fixant une note allant de 1, pour une intensité très légère, à 10, qui correspond au moment où les joueurs ne peuvent plus continuer, en sachant que la valeur est de 7 pour le match. Derrière, on la multiplie par la durée en minutes de chaque séance, et on obtient un total qui nous permet d’atteindre notre objectif. En parallèle, chaque jour, je passe voir les joueurs pour qu’ils me donnent leur ressenti, en utilisant le même système de note. Comme il y a des différences entre eux, par rapport à l’âge ou au profil, cela permet de détecter ceux qui sont fatigués et d’ajuster leur charge d’entraînement jusqu’au dernier moment, à deux jours du match, en les utilisant plutôt comme joker ou en appui lors de certains exercices, car on sait que le corps humain a du mal si les cycles sont toujours les mêmes. »

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