Tribunal : un ouvrier et son employeur jugés pour homicide involontaire

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    Tribunal : un ouvrier et son employeur jugés pour homicide involontaire
Publié le , mis à jour

Le 24 mars 2015, sur un chantier situé sur la commune du Fel, un dramatique accident du travail a coûté la vie à un ouvrier.

Pour la construction d’un garage, un coffrage a été posé dans lequel doit être coulé du béton. Deux ouvriers, positionnés sur l’échafaudage sont chargés de guider le conducteur de la mini-pelle. Le godet rempli de béton s’élève à hauteur des deux ouvriers lorsque la pelle mécanique bascule, écrasant l’un d’eux dans sa chute.

Les secours sont alertés immédiatement. L’ouvrier gravement blessé au thorax est héliporté au centre hospitalier Jacques-Puel de Rodez. Trois jours plus tard, il décède des suites de ses blessures.

Présents hier devant le tribunal correctionnel de Rodez, le conducteur de la pelle mécanique et le gérant de l’entreprise étaient face aux juges pour répondre de cet homicide involontaire.

Employé au sein de l’entreprise depuis plus de 15 ans, l’ouvrier mis en cause est appelé sur ce chantier pour prêter main-forte. « J’ai demandé aux deux ouvriers sur l’échafaudage si je pouvais attaquer le levage, explique-t-il devant la présidente de l’audience, Sylvie Rouanne. Je n’avais pas de visibilité sur eux, je pensais qu’ils s’étaient écartés de la pelle. Lorsque j’ai entendu crier, j’ai tout arrêté. »

La présidente de l’audience interroge : « Connaissiez-vous la charge maximale d’un godet malaxeur ? Aviez-vous eu des instructions spécifiques quand à son utilisation ? ».

L’ouvrier répond par la négative. Par ailleurs, le tribunal reproche au gérant de l’entreprise de ne pas avoir fourni d’instruction quant au maniement de cette pelle équipée de ce godet spécifique.

Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public, Frédéric Cousin, estime que « les infractions sont caractérisées ». « C’est une succession de manquements qui ont causé cet incident et entraîné la mort d’un homme, poursuit-il. C’est une affaire tragique et je comprends votre désarroi. Mais je veux également mettre la focale sur la victime et sur une famille meurtrie. »

Par ailleurs, le procureur dénonce « l’absence de notice d’instruction pour l’utilisation de ce type de godet ». « De plus, l’échafaudage était placé trop bas pour que les ouvriers puissent être vus, il s’agit d’une faute professionnelle », conclut-il.

Le magistrat requiert deux mois de prison avec sursis pour l’ouvrier incriminé et 500 € d’amende. 5 000 € d’amende sont demandés à l’encontre du gérant de l’entreprise.

« Je ne trouve pas choquant, au vu des manquements, de consacrer le résultat net de l’entreprise, en 2015, à une peine d’amende forte, soit la somme de 100 000  », assène Frédéric Cousin. Le jugement sera rendu mercredi 20 décembre.

Centre Presse / Philippe Henry
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