A Rodez, Bernard Laporte bat la campagne

  • Bernard Laporte a rencontré les acteurs du rugby amateur aveyronnais, hier soir à la maison du rugby à Rodez (photo Jean-Louis Bories)
    Bernard Laporte a rencontré les acteurs du rugby amateur aveyronnais, hier soir à la maison du rugby à Rodez (photo Jean-Louis Bories)
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« Il n’y aura pas un mot sur l’équipe de France ». Fidèle à lui-même, Bernard Laporte, le président de la FFR, n’y est pas allé par quatre chemins hier en début de soirée au moment de débuter la conférence de presse organisée à la maison du rugby, siège du SRA, à Rodez.

Malgré une tournée d’automne du XV de France désastreuse terminée par un nul désolant face au Japon (23-23), le boss du rugby français a refusé en bloc les questions au sujet notamment de l’avenir du sélectionneur Guy Novès, alors même qu’il avait, depuis la déconvenue nippone, indiqué qu’il se laissait « quinze jours pour trancher ». « On parle de la réforme territoriale et de ma venue à Rodez pour accompagner Alain Doucet (candidat à la présidence de la Ligue Occitanie, NDLR) que je soutiens, a-t-il distillé sans sourciller. Pour parler des ballons que l’on vous a livrés, des réformes que l’on veut mettre en place avec grand plaisir, le reste ce n’est pas d’actualité. »

Le rugby amateur et sa profonde mutation étaient déjà, il y a un an, au cœur de sa campagne pour accéder au poste de président. Hier, le natif de Rodez, qui n’y était pas retourné depuis « au moins 25 ans » mais qui s’est souvenu, sourire aux lèvres, des 3es mi-temps (avec les jeunes de Gaillac ou les seniors de Bègles) passées « au Divan » ou encore « des frères Proietti, des sacrés joueurs de rugby », est ainsi revenu aux fondamentaux.

Le chantier de la formation

Et notamment à la formation. Qui pose question. « On a laissé tomber notre formation, a-t-il indiqué. Je le savais, mais je ne pensais pas à ce point. Le nombre de licenciés baisse. J’étais la semaine dernière à Bidart. Le mec me dit, “j’avais l’an dernier 132 licenciés chez les jeunes, aujourd’hui j’en ai 67”. On était aussi avec Alain en Bourgogne, on nous a dit qu’il y avait 12 000 licenciés l’an dernier et 1 000 de moins cette année. » Avant d’insister : « Tout cela montre bien que la mise en place des réformes est très importante. On a (par exemple) embauché une dizaine de cadres techniques de club dans les Pays de Loire et ça va aller crescendo, car il y en a vraiment besoin. Si on pense qu’on ouvre la boutique et que les jeunes vont venir, on se trompe. Les autres fédérations sont agressives, elles vont dans les écoles, elles envoient des gens, elles initient, elles se font connaître, elles recrutent, il faut faire la même chose. » « Si on ne fait pas ça, on meurt ! », a-t-il encore envoyé avant d’évoquer, pêle-mêle, le Mondial-2023, Neymar ou encore la Coupe Davis.

« L’effet Neymar est terrible »

« 2023, c’est une aubaine pour nous. On le voit chez les gamins, ils commencent déjà à en parler. » Et les mauvais résultats du XV de France alors ? « L’équipe de France doit gagner, c’est le premier miroir. Les jeunes ne s’identifient pas aux gens qui perdent. » Avouant aussi que « l’effet Neymar est terrible pour nous. Et je dis ça en tant que supporter du PSG et alors que j’adore le football. » « Quand je vois Yannick Noah qui gagne, je suis le premier heureux. Mais ça veut dire qu’il faut qu’on fasse pareil. C’est normal, c’est le jeu ! » Les débats ont aussi beaucoup tourné autour des enjeux électoraux à l’échelle régionale, notamment avec les présidents de club.

Le décès d’un proche change le programme

À noter qu’initialement l’ancien sélectionneur des Bleus devait passer la nuit à Rodez avant de se rendre aujourd’hui à Castelsarrasin, toujours en compagnie d’Alain Doucet, pour un rendez-vous du même genre. Mais le décès d’un proche l’a contraint à quitter la préfecture en fin de soirée, alors qu’il doit aujourd’hui se rendre en Corse.

Centre Presse / Aurélien Parayre
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