À Venise, les statues-menhirs de Fenaille ont conquis la planète des arts

  • Ambiance mystérieuse dans la demi-pénombre du Palazzo Fortuny à Venise où les stars de Fenaille se sont livrées aux regards durant six mois.
    Ambiance mystérieuse dans la demi-pénombre du Palazzo Fortuny à Venise où les stars de Fenaille se sont livrées aux regards durant six mois.
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Elles reprennent leur place dans la grande histoire de l’art, et elles le méritent », s’enthousiasmait Aurélien Pierre, directeur du musée Fenaille avant de quitter Venise, mercredi, pour Rodez. Car à l’heure de reprendre leur place dans leur écrin ruthénois, les deux plus beaux spécimens (la Dame de Saint-Sernin et la statue des Maurels) ont conquis durant six mois le cœur des milliers de visiteurs de la Biennale de Venise où elles étaient présentées, au Palazzo Fortuny, depuis mai dernier, dans le cadre de l’exposition « Intuition » qui retrace l’art à toutes les époques.

La manifestation est un carrefour « pour tous les gens influents, les critiques d’art, les journalistes internationaux et de nombreuses personnalités. J’ai su ainsi que Woody Allen les a appréciées ! ». Et Aurélien Pierre d’insister : « Les statues ont été très bien accueillies par le public et nos collègues du Palazzo Fortuny ont été très heureux de les consacrer comme pièces majeures de l’exposition ». Il faut dire que la directrice des lieux les avait vues à Rodez et les voulait absolument dans son établissement, une des plaques tournantes depuis dix ans de la Biennale de Venise, qui a déjà reçu par le passé le prix de la plus belle exposition au monde avec « Proportio ».

« Et elle a été ravie de cette exclusivité », confirme Aurélien Pierre, en rappelant que nouer ainsi des liens entre le musée Fenaille et le Palazzo Fortuny peut être riche en projets d’avenir : « On fait désormais partie d’un réseau », assure le directeur ruthénois. Au-delà de ces liens, la reconnaissance est d’autant plus un événement qu’elles ne sortent guère de Fenaille.

« À la fin des années 90 elles ont tourné à l’étranger dans le cadre de l’expo “l’Europe au temps d’Ulysse” et c’est à peu près tout. Il faut dire que les déplacer engendre un coût important. La statue des Maurels par exemple, pèse une tonne. Son transport à Venise a dû se faire, pour accéder au palazzo au bord d’un canal, en barge munie d’une grue, une de celles qui sert à approvisionner la ville en fruits et légumes ! Et puis il faut obtenir une autorisation de sortie du territoire car elles appartiennent au patrimoine national. Mais on n’allait pas rater une si belle occasion de les montrer...».

Mais l’escapade dans la Cité des Doges est terminée. Retour au bercail. Les deux statues-menhir, mais aussi le brou de noix de Pierre Soulages qui leur tenait compagnie dans cette aventure, sont parties en camion mardi de Venise. Elles ont dormi dans un lieu sécurisé et tenu secret pour revenir à Fenaille où elles seront remises à leur place au cours de la journée de demain.

L’ambiance de Venise « dans l’un des plus beaux palais de la ville toujours dans son jus avec ses salles intimes plongées dans une demi-pénombre qui crée un environnement un peu mystérieux », donne-t-elle des idées à Aurélien Pierre pour modifier la muséographie de Fenaille ? « Non a priori, même si on enrichit son regard... Mais cela nous inspire, et avec l’équipe, on réfléchit à faire évoluer Fenaille et lancer dès l’an prochain des nouveautés. On n’en dira pas plus pour l’instant...»

Centre Presse / Christophe Cathala
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