Linky : les opposants court-circuitent les projets d’Enedis en Aveyron

  • Les installateurs à pied d’œuvre à Rodez où le chantier est terminé.
    Les installateurs à pied d’œuvre à Rodez où le chantier est terminé.
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Et de dix. Avec Saint-Christophe, Salles-la-Source et tout récemment (mardi soir) Millau, dix communes aveyronnaises (Ambeyrac, Monteils, Saint-Victor, Villeneuve, Saujac, etc.) ont, désormais, officiellement interpellé le géant national de l’électricité Enedis, à propos du déploiement du compteur communiquant sur leur territoire. Certaines d’entre elles, à l’image de Salles-la-Source, ou Millau, ont préféré adopter une motion visant à demander à Enedis « de respecter la décision des usagers opposés au remplacement de leur compteur ». Un souhait qui « sera respecté », comme s’y est engagée, mardi soir, à Millau, Gladys Larose, la responsable nationale du projet Linky chez Enedis. D’autres communes, comme Saint-Christophe-Vallon, ont préféré prendre des arrêtés municipaux afin de « surseoir au déploiement du compteur en attendant une expertise neutre à son sujet ».

Une dizaine de communes sur les moins de 300 du département cela peut paraître peu, mais c’est sans compter les centaines d’usagers - un chiffre toujours en hausse - qui s’interrogent. Il n’y a qu’à voir l’affluence lors des réunions publiques organisées ici et là par les collectifs anti-Linky. « Plus de 120 personnes se sont déplacées mercredi soir à Bozouls », avance Loïc Santiago, du collectif anti-Linky de Marcillac-Vallon-Bassin. Un collectif qui doit désormais faire suivre ses communiqués aux 600 contacts et plus, de sa boîte mail. « On sent qu’il se passe quelque chose. Les journaux télévisés de France 2 et TF1 en parlent aussi, de même que France Inter. Et Enedis est également en train de s’en rendre compte », remarque-t-il.

« Car, alors que nos nombreuses demandes d’entrevues avec leurs responsables étaient toujours restées lettres mortes, cette semaine, à Millau, c’est la responsable nationale du projet Enedis, en personne, qui est venue répondre aux questions des usagers. Hervé Simonnot, le directeur territorial du groupe était également présent. C’est la première fois », insiste le militant. Cela dénote d’un changement de stratégie de la part d’Enedis qui semble enfin prendre la mesure de la grogne », souligne Loïc Santiago. Il espère désormais la présence d’Hervé Simonnot, le 10 janvier, dans les studios de Radio Larzac, afin de débattre, face à lui, autour du compteur communiquant Linky. Le collectif Marcillac-Vallon met également en avant la lettre envoyée dernièrement par le député Arnaud Viala, au président du Sieda (Syndicat intercommunal d’énergie du département de l’Aveyron) Jean-François Albespy. « Il lui demande de faciliter l’instauration d’un dialogue avec nous », détaille Loïc Santiago.

« Cela fait 8 mois que l’on demande en vain de le rencontrer, précise-t-il en espérant que l’initiative du député facilite cette rencontre.

Car, du côté des anti-Linky, comme de celui des pros, le temps presse.

Pour mémoire, lancé fin 2015, en Aveyron, le chantier de remplacement des compteurs électriques doit s’achever en 2020, selon le calendrier d’Enedis. « Un tiers des compteurs ont déjà été remplacés en Aveyron (8 millions en France) », croit savoir Loïc Santiago. Par conséquent, pour de nombreux usagers aveyronnais c’est déjà trop tard. Les équipes des deux entreprises aveyronnaises sous-traitantes (Chavinier et 5com) mettent les bouchées doubles pour tenir la cadence et respecter le calendrier établi par Enedis. Seulement, si pour les usagers qui ont déjà reçu la visite des installateurs « c’est trop tard pour agir », les autres vont certainement mettre à profit les dernières mises au point pour demander davantage d’explications.

« C’est bien, on commence à y voir plus clair. Malheureusement, pour moi, ça arrive trop tard, constate une retraitée qui a vu les installateurs frapper à sa porte et procéder au remplacement de son vieux compteur à roulette. Ils m’ont dit que c’était pour faire des économies d’énergie pour la planète. Que je n’aurai rien à payer, mais que si je ne le faisais pas, ça aller me coûter très cher par la suite », ajoute-t-elle. Je ne sais plus trop qui croire. « On entend tout et son contraire au sujet de ce compteur. EDF s’y est mal pris. On n’y comprend rien, c’est le flou total. Personne ne dit la même chose et du coup, les gens n’ont plus confiance », se défend-elle.

« De nombreuses personnes viennent nous voir pour nous raconter comment cela s’est passé pour eux. On constate que l’argumentaire mis en avant par certains des installateurs est totalement fallacieux, indique-t-il. Aussi, après avoir longtemps soutenu qu’en cas de refus, l’usager s’exposait à des frais, Enedis, déclare désormais du bout des lèvres que rien n’est obligatoire. »

« Dans le même temps on nous a reportés qu’Enedis souhaite accélérer le rythme du déploiement. Des sous-traitants supplémentaires devraient venir grossir les effectifs en 2018. », conclut Loïc Santiago en annonçant une série de réunions d’information pour début janvier (Lanuéjouls le 12 et Saint-Cyprien le 13 janvier).

Le collectif demande aussi à Enedis de proposer aux usagers qui le souhaitent et disposant d’un compteur Linky la mise en place, aux frais d’Enedis, d’un filtre anti CPL (courant porteur en ligne). L’Anses le recommande aussi.
Pour en savoir davantage : collectifvallon@gmail.com

Centre Presse / Rachid Benarab
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