Le pilote Loïc Minaudier revient sur son Dakar-2018

  • Âgé de 31 ans, le pilote aveyronnais a terminé deuxième de la catégorie « marathon » et troisième Français. DR
    Âgé de 31 ans, le pilote aveyronnais a terminé deuxième de la catégorie « marathon » et troisième Français. DR
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Comment s’est passé votre retour en France ?

Sans aucun problème. J’ai même eu droit à une petite surprise de mes sponsors, proches et amis, qui avaient fait le déplacement à Toulouse pour m’accueillir à l’arrivée de mon vol, lundi soir. On a fait une petite soirée ensemble et j’ai pu leur raconter les premières anecdotes de ce Dakar. Je ne m’attendais pas du tout à ça. Traditionnellement, j’organise un pot à Saint-Affrique, quelques jours après mon retour, pour parler de mon aventure et partager tout ce que je ne peux pas partager en direct, pendant la course, du fait du décalage horaire, de la difficulté à communiquer et du timing très serré imposé lors de chaque journée.

Qu’allez-vous retenir de votre troisième participation au Dakar, qui vous aura permis d’atteindre l’objectif que vous vous étiez fixé, à savoir terminer parmi les trente premiers ?

Tout simplement que c’est celui où j’ai le plus souffert, le plus donné de ma personne. Sur le plan du dépassement de soi, ç’a été le plus compliqué du fait de ma chute. Au Dakar, plus on se fixe d’objectifs, plus le pourcentage de chances de rallier l’arrivée se réduit car c’est une vraie course d’élimination. Personnellement, j’avais déjà atteint deux fois le but de tout pilote, qui est d’être à l’arrivée. Cette année, je voulais faire mieux et monter sur le podium de ma catégorie (marathon, NDLR), ce qui signifie qu’il fallait prendre plus de risques sur la piste.

Vous évoquez votre chute lors de la sixième étape. Avez-vous craint de devoir abandonner ?

Oui. Ç’a été ma première chute à grande vitesse, à plus de 100 km/h, et on sait que lorsqu’on dépasse ce cap, les chances de se relever et de repartir sont infimes. J’ai subi une petite perte de connaissance, j’ai eu le dos chiffonné et la moto a été abîmée. Ce jour-là, j’ai rejoint La Paz (Bolivie) en serrant les dents, mais je voulais absolument être à l’arrivée là-bas car à chaque fois, un million de personnes attendent les concurrents pour la traversée de la ville. C’est un des moments magiques du Dakar. J’ai eu de la chance que cette chute survienne la veille de la journée de repos. J’ai pu avoir le temps de faire les examens nécessaires et de rester toute une journée allongé, à vraiment me reposer. J’ai également reçu un soutien énorme de la part de beaucoup de personnes, ce qui m’a donné une force supplémentaire pour continuer, même si je ne savais pas dans quel état j’allais pouvoir reprendre la course, ni même si j’allais pouvoir la finir.

La suite de cette interview à lire dans notre édition demain, jeudi 25 janvier

Centre Presse / Romain Gruffaz
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