Espalion : il mitraille une maison parce qu’il est « énervé » !

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    Espalion : il mitraille une maison parce qu’il est « énervé » !
Publié le , mis à jour

À l’issue de l’audience correctionnelle de ce mercredi à Rodez, difficile de comprendre le geste de ce jeune homme de 22 ans qui l’a conduit à la barre du tribunal. Au moins à trois reprises, celui-ci va mitrailler avec une arme à air comprimé le domicile d’un couple vivant sur les hauteurs d’Espalion. Les faits se sont déroulés du 1er janvier au 9 décembre 2016.

Après une « mauvaise » journée de travail, en revenant de Laguiole, le prévenu, énervé, stoppe ainsi son véhicule devant la maison, baisse la vitre de sa voiture et vide son chargeur de sa mitraillette à billes. « On ne comprend pas bien pourquoi vous avez agi ainsi, déplore la présidente de l’audience, Sylvie Rouanne. Pourquoi ne pas s’être arrêté en plein champ pour vous défouler ? ». « Cette maison était isolée », se contente de bredouiller le prévenu qui possède une dizaine d’armes à air comprimé.

Sauf que le couple était à l’intérieur de la maison au moment des faits. Leur voiture garée devant va être endommagée par les billes de plastique, une vitre va même être cassée. « Les bras m’en tombent, glisse la victime, on a vraiment du mal à comprendre. Mais, au moment des faits, nous avions un enfant de dix ans qui a été choqué parce qu’il s’était passé. Et puis, nous avons eu des moments difficiles, à se demander si quelqu’un nous en voulait... »

Le procureur, Frédéric Cousin hésite « entre la stupidité crasse, le geste idiot ou l’inconscience » pour qualifier cet acte. « C’est totalement idiot, mais ce geste reste une infraction passible de 10 ans de prison, poursuit-il. Au-delà des dégâts, il y a le traumatisme psychologique » des victimes. Et le procureur de requérir huit mois de prison avec sursis, ainsi qu’une interdiction de port d’armes durant cinq ans. « Je n’ose imaginer si vous aviez eu une arme en votre possession », lâche le procureur.

Pour l’avocat du prévenu, Me Frédéric Salvy, l’explication de ce geste est à chercher du côté de « sa personnalité » qualifiée de névrotique et d’anxieuse. « Mais il n’a pas prémédité son geste », conclut l’avocat.

Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le jeune homme à six mois de prison avec sursis, à 1 500 € de dommages et intérêts et à une interdiction de port d’armes durant cinq ans.

Centre Presse / Philippe Henry
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