Politique « Dans le Nord-Aveyron, l’enjeu, c’est la démographie »

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    Politique « Dans le Nord-Aveyron, l’enjeu, c’est la démographie »
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Centre Presse / Olivier Courtil

Qu’est-ce qui vous a fait repartir en 2014 ?

Il paraissait logique de se présenter puisque les projets structurants de Laguiole étaient loin d’être terminés et je ne voulais pas laisser à mi-chemin le combat du nom Laguiole. Je me sens une responsabilité d’aller au bout, de ne pas laisser cela à mon successeur.

Quel bilan tirez-vous à mi-mandat ?

Déjà trois ans ! Ce furent des élections un peu particulières car, pour la première fois, nous sommes passés avec une liste entière. Il y a d’abord le combat Laguiole puisque nous avons eu le résultat de l’appel le 4 avril, soit juste après la mise en place du conseil municipal. On a commencé donc le mandat difficilement puisqu’il fallait décider de décider d’aller en cassation ou pas ? Cela a été le gros dossier. Le conseil municipal a suivi et nous avons gagné en cassation.

Où en est actuellement ce combat pour le nom Laguiole ?

On prépare le renvoi d’appel en espérant le jugement d’ici fin 2019. Le renvoi d’appel est normalement définitif et cette affaire devrait être classée. C’était le but de clore ce dossier avant la fin du mandat. Cela permettra alors de développer l’activité économique autour du nom Laguiole. Je sais qu’il y a des privés qui réfléchissent à des projets. Dans ce dossier-là, grâce à la loi Hamon, la commune peut s’opposer aux dépôts de marque qui avaient été établis par M. Szajner. Nous avons gagné en appel et l’INPI (Institut national de la propriété industrielle, NDLR) a jugé favorablement pour la commune de Laguiole, ce qui est un point positif qui va aider pour le renvoi d’appel, sachant qu’il y a aussi des entreprises qui sont en jugement avec M.Szajner, comme Bras et La Forge qui ont gagné. On a des signaux qui nous permettent d’espérer lever le droit des marques grâce à la loi Hamon. C’est un enjeu capital.

Combien coûtent ces frais de justice ?

J’ai eu la chance d’être reçu à l’Elysée par le président Hollande qui a couvert tous les frais s’élevant à plus de 400 000 €. Le fait d’avoir gagné en cassation, on récupère 100 000 € pour nous permettre de payer largement le renvoi d’appel.

Revenons sur les projets structurants. Où en êtes-vous ?

On a réalisé le dossier de l’eau avec les travaux d’assainissement à la station du Bouyssou et la mise aux normes de tous nos captages avec une DUP (Déclaration d’utilité publique, NDLR). Nous sommes en régie directe et on est fier de ça. Nous avons revu aussi la désinfection de l’eau, on fonctionne sans javel. Nous avons eu le projet d’éco-lotissement du Frêne où il ne reste plus qu’un lot. Pour l’anecdote, nous avons été reçus à Paris le 19 décembre pour recevoir le prix de la troisième étape de procédure sur quatre étapes. Nous avons été retenus parmi quatorze collectivités dont des grandes villes comme Grenoble, Paris, Mulhouse. On a été précurseur dans cette démarche de développement durable. C’est une satisfaction. Malgré la mise en place de lotissements, on a maintenu à peine la population. On est revenu au seuil de 2001, on est 1 263 habitants au recensement de 2013 et on était à 1 300 il y a cinq ans. L’enjeu, c’est la démographie comme partout sur le Nord-Aveyron. On a l’emploi, 970 en comptant les saisonniers mais, en contrepartie, on a du mal à maintenir la population. On est conscient qu’il y a nécessité d’accueil locatif pour retenir ces gens qui viennent travailler chez nous. Le problème pour la collectivité, aujourd’hui, c’est qu’avec tous les projets structurants auquel il faut répondre comme l’aménagement du bourg au foirail, la commune n’a pas les moyens financiers pour faire des opérations d’habitat. Donc on espère que le privé prendra le relais. On a vendu en ce sens l’ancienne gendarmerie pour en faire des logements. Tout cela est lié avec le projet bourg-centre.

Quand commencent justement les travaux de cette opération ?

En 2001, on parlait que du bourg de couteaux avec l’allée de l’Amicale. Aujourd’hui, on parle de galerie marchande, il faut que, demain, Laguiole démontre que c’est un village typique du Nord-Aveyron, qu’il a une âme. C’est pour cela que l’on lance ces travaux qui débuteront à l’automne 2018 par les enfouissements des réseaux et les espaces publics au printemps 2019. On mène une réflexion sur l’îlot salle des fêtes, centre de loisirs, école pour garder le tissu associatif au centre-bourg. La question du stationnement va se poser tout comme la place des piétons pour répondre aux habitants, aux touristes et aux personnes en résidence secondaire. On n’a pas encore tranché. Nous tenons des réunions avec le comité de pilotage tous les quinze jours. Le coût n’est pas encore fixé.

Quels sont les autres travaux ?

Celui du nouveau foirail avec le pôle multiservice qui débutera à l’automne 2018. Après ce pôle, il y aura la réalisation d’une halle pour avoir un espace fermé qui accueillera diverses activités. Il y a la construction du centre de secours sur 2 600 m2 dans la zone d’activités de la Poujade, fin automne 2018.

2018 sera l’année du lancement des grands travaux. Quid du parc naturel régional de l’Aubrac qui doit voir aussi le jour cette année ?

Une délégation d’élus et techniciens du Conseil national de protection de la nature, qui est rattaché au ministère de l’Écologie, s’est rencontrée le 12 janvier. On a deux mois pour avoir la signature du ministère et enfin passer du syndicat de préfiguration à la mise en place du syndicat de gestion fin 2018. Grâce au PNR, on est sur le projet de pôle pleine nature qui intègre le devenir des stations de ski. On travaille aussi sur le zéro phyto.

Un mot sur le retrait d’Espalion ?

Espalion, qui est la porte d’entrée du Nord-Aveyron, a refusé d’entrer alors que des communes voisines ont fait le choix d’y être, c’est bien qu’elles aient compris l’intérêt. On le regrette, ce sont nos voisins. En 2001, on raisonnait en communes. En 2014, on raisonne en communautés de communes. Il faut avoir une vision globale. C’est lié à la cohérence territoriale avec les bassins de vie et d’activités. Le regroupement est inéluctable.

En parlant de regroupement, comment se passe la mise en réseaux des offices de tourisme ?

L’ambition des élus est de positionner le tourisme comme force économique. Les quatre offices de tourisme sont maintenus et sont passés en EPCI (Établissement public de coopération intercommunale, NDLR) pour développer d’autres activités, créer des produits, coordonner les prestataires. Mettre tout le monde autour de la table pour arriver à faire une fusion. Si on sait travailler ensemble, on a la complémentarité, le territoire correspond aux attentes des gens des villes avec les grands espaces, les produits locaux, le bien-être... Il faut établir l’organigramme qui sera aussi lié au PNR, avec le pôle pleine nature.

Et comment se déroule le regroupement communautaire avec, notamment, le feuilleton du nom Viadène ?

Je comprends leur position. Quant au projet de piscine en Viadène, le souhait de la présidente (Annie Cazard, NDLR) est de trancher. Il faut attendre le résultat de l’étude. L’idée est bonne, il faut voir le coût financier. Si cela ne coûte rien, il faut le faire.

Oui mais on sait qu’une piscine est un service, donc déficitaire...

J’attends de voir les chiffres présentés, le projet. Moi, je n’ai jamais rien vu.

Après seize ans à la tête de Laguiole, avez-vous des regrets ?

J’ai un regret. Mais, pour moi, il est trop tôt pour en parler. C’est un sujet qui n’est plus d’actualité. C’est un regret politique pour le bien de la collectivité, peut-être qu’un jour, il sera relancé. Je le dirai un jour. Je me dis, demain, avec ce que j’ai vécu, ces trois mandats, j’ai l’envie d’écrire un livre. Je suis devenu par accident maire de Laguiole et j’ai eu beaucoup de chance.

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