Musique : Hugo Taurines joue le blues en solo, la guitare sur les genoux

  • Pas encore à genoux, guitare ?
    Pas encore à genoux, guitare ?
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S’il y en a qui jouent du piano debout, alors pourquoi pas se taper un bon vieux blues avec la gratte sur les genoux ?

Encore que « bon vieux », avec Hugo Taurines, ça ne le fait pas trop. Pensez donc : le bonhomme a 24 ans, mais au lieu de se fader la musique de son époque, c’est plutôt la musique du bayou qui l’intéresse, venue de contrées temporelles que la majorité des moins de 30 ans ignorent superbement.

La faute peut-être au grand-père d’Hugo. « Il écoutait beaucoup de jazz et de blues, raconte Hugo, c’est ce que j’entendais en rentrant. »

Et vu que le reste de la famille n’entrait pas en conflit avec les goûts musicaux de pépé, c’est donc le blues qui a bercé l’enfance d’Hugo. Qui lui non plus n’avait pas de prime abord la fibre musicale. Mais bon, quand on lui a offert une guitare à l’âge de 15 ans, il s’est mis à jouer dessus, circonspect d’abord, puis curieux, puis prenant l’instrument et en jouant à sa sauce. La six cordes sur les genoux. Façon « lap steel », comme disent les spécialistes. « J’ai appris tout seul, dit-il, la façon classique, ça m’amusait très peu. La guitare sur les genoux, on n’a pas l’habitude de voir ça. »

Mais comme ça, ça lui plaît. Les airs de pépé aussi, lui sont restés dans la tête. Et sans trop s’emballer à jouer, il va s’y mettre. D’abord en jouant régulièrement avec les copains dans un pub irlandais de Toulouse, la Classroom.

Mais comme avec Hugo, le blues, c’est fun, c’est à la sauce perso qu’il joue, en composant peu à peu ses morceaux, ou en reprenant des chansons pop de son adolescence, Justin Bieber, Britney Spears ou Blur, juste pour le plaisir de triturer les textes sur une musique vintage qui n’a souvent plus grand-chose à voir avec les mélodies originelles. « C’est très intuitif, je ne prends pas de plaisir à bosser les morceaux par cœur. j’écris des textes ou j’en reprends, j’ai des mélodies en tête, je ne cherche pas un schéma récurrent ou une sensation couplet-refrain, ça vient tout seul. »

Mais là, Hugo s’amuse. Et ça plaît : « À Noël 2016, j’ai eu envie d’enregistrer une maquette, enfermé dans ma piaule. Au départ, c’était pour distribuer à ma famille. Puis j’ai mis les morceaux sur ma chaîne YouTube, j’ai tourné des vidéos chez moi ou avec des copains, des copains ruthénois ont partagé les trucs, m’ont demandé le CD... Et voilà, quoi. »

Car Hugo est Ruthénois depuis 3 ans, il est technicien du spectacle chez ATS, et la proximité de la scène dans son boulot de tous les jours lui titille le cervelas. « Le boulot est en phase avec le plaisir de faire de la musique, Mais je n’avais pas envie d’être le technicien frustré de ne pas monter sur scène. »

Et hop : via les copains ruthénois, Hugo se retrouve à faire la première partie de Broken Back à la Baleine. C’était en novembre. « J’étais sûr de l’envie d’y aller, mais pas sûr de mes capacités. Mais ça s’est bien passé. Et depuis, le bouche à oreille continue. Je ne suis pas encore hyper à l’aise, mais je prends beaucoup de plaisir. Ce que j’aime à voir sur scène, quoi, un mec qui est vraiment dedans. »

À peine trois mois de scène, mais l’affaire suit son cours, et l’assurance vient : on le voit par ci par là, au Krill de la Baleine ou hier encore, en première partie de Manu Lanvin au Club de Rodez, avant d’ouvrir fin mars le festival Lax’n’Blues en première partie de Gaëlle Busswell. Guitare sur les rotules, entouré de pédales loop, Hugo allie l’électronique au bon vieux son blues. Pas si ringard que ça, au demeurant : « Je suis assez surpris des tranches d’âge dans le public. De manière générale, il y a un gros retour du côté vintage », commente-t-il.

Hugo Taurines est lancé, même assis et les genoux garnis. Peu à peu, il devient le « mec dedans ». Dans sa tête tournent les projets, les envies : « Lancer les premières esquisses d’un vrai album, en 2019 me consacrer plus à la scène, et je travaille avec d’autres sur un projet de musique irlandaise. » Enfin, bref, comme il dit : « Je m’éclate ».

Centre Presse / Philippe Routhe
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